A travers cette célèbre citation, L’Ecclésiaste veut nous dire que l’orgueil est indissociable de la nature humaine et que la compétition en est son instrument. Vue sous cet angle, la compétition a un aspect très négatif.
C’est l’argument que reprennent les signataires d’un appel à la suppression de la notation à l’école élémentaire. Pétition initiée par l’Association de la Fondation étudiante pour la Ville (AFEV) et signée par vingt grandes personnalités dont Boris Cyrulnik neuropsychiatre, Richard Descoings directeur de Sciences Po Paris, François Dubet sociologue, Alex Kahn généticien et président d’Université, Eric Maurin économiste, Michel Rocard ex premier ministre...
Daniel Pennac prix Renaudot en 2007 avec « Chagrin d’école » explique au Nouvel Observateur pourquoi il a signé cet appel : « je préfère infiniment l’entraide entre les enfants que l’écrasement des nuls par les forts » indique-t-il. Selon lui, les notes induisent une compétition pour avoir les meilleures et non le partage et d’expliquer que lorsqu’il a pu voir des « enfants s’entraider dans l’effort d’apprentissage, les plus habiles aidant les plus inhibés » il a pu constater « chez les premiers une joie du partage et chez les seconds des progrès spectaculaires » ce qui les « rendait tout heureux d’aller à l’école » et de conclure « la dynamique des bons élèves doit profiter absolument à ceux qui sont au départ, pour toutes sortes de raisons, inhibés par l’école ». Comme on s’en doutait, le ministre de l’éducation nationale Luc Chatel a réagi « il ne faut pas voir la note comme l’échec, comme le rejet, comme la sanction. C’est aussi l’évaluation d’un travail, cela peut être pour l’élève un objectif…un projet de progression …. La note, elle est utile pour avoir des repères, pour mesurer les résultats des élèves ».
Alors, comment concilier ces deux points de vue qui sont parfaitement logiques ? Tout simplement en dissociant la notation du classement (pas question de savoir si l’élève est premier, cinquième ou dernier), en établissant un classement par classe et non plus individuel (quel bel enjeu pour les élèves d’une classe à se mesurer à une autre classe ; quel beau message de coopération ce challenge leur apporterait…).
Cette nouvelle démarche n’est pas neutre : elle apporterait un changement radical dans le comportement de l’enfant devenu adulte qui passerait de l’envie de dominer et d’être le plus fort, de la culture de l’individualisme - tout le capitalisme repose sur ce concept d’être le meilleur et le plus fort – à une démarche de solidarité, d’entraide qui ne peut qu’être bénéfique pour la Société, pour l’Entreprise, pour la Famille …