mercredi 16 septembre 2009

Evasion fiscale : fraude ou bonne gestion ?


Le Ministère des finances est parti en chasse contre les fraudeurs du fisc. On estime à 3 milliards d'euros le montant des comptes déposés illicitement dans les banques étrangères. On ne peut qu'approuver cette initiative qui va dans le sens du souci de plus d'équité et du respect de la loi.
Mais quelle est la différence entre celui qui va déposer de l'argent en Suisse ou ailleurs pour échapper à l'impôt et l'entreprise qui, en toute légalité, ouvre une société offshore et par le biais d'opérations internes échappe au paiement d'impôt ? Nos grandes sociétés françaises ne se privent d’ailleurs pas de cet avantage… Aucune différence sinon que dans le premier cas on est dans l'illégalité la plus complète et dans le deuxième on est parfaitement en règle avec le droit français et international.
Bien que n'ayant pas de chiffres pour confirmer mes dires, je pense que la fraude fiscale ne doit représenter que 1% de la fraude légale ; un célèbre chanteur français a en toute légalité élu domicile en Suisse pour ne pas payer d'impôt en France. Manifestement, c'est contre ces pratiques douteuses qu'il faut lutter. Voilà un des sujets qu'on pourrait aborder au prochain G 2O sachant qu'à ce niveau, pour être efficace, une décision doit être appliquée par tous.
« Les Echos » du 28 août dernier rapportent une interview de Jérôme Monod (1) qui va dans ce sens «les évènements redonnent du sens à un vocable qui était autrefois l'apanage du parti communiste : la financiarisation des entreprises, l'attention portée à la qualité des métiers, au bien commun des clients disparaît au détriment de quelques ratios financiers. L'économie n'intègre plus d'autres valeurs que la spéculation, le gain, l'accaparement. C'est la porte ouverte à la violence, la corruption, la mafia.» Et lorsqu'on lui demande comment éviter ces abus voilà ce qu'il répond : «d'abord, il faut des institutions financières mais aussi économiques, sociales, morales pour édicter des règles claires et les faire respecter, sur un socle solide, fondé par le pouvoir politique sur les principes du bien commun – qui ne coïncide pas forcément avec ce que propose le Medef, trop soumis aux pressions de ses mandants, adeptes de la pratique du compromis...».
Voilà des pistes intéressantes pour refonder le capitalisme...

(1) Haut fonctionnaire devenu patron d'un grand groupe français (qui devenu la Lyonnaise des eaux) avant de tenir un rôle clef à l'Elysée

mercredi 9 septembre 2009

Les traders, boucs émissaires de la crise



Il nous fallait trouver des coupables pour expliquer cette crise financière. On les a trouvés : ce sont les traders et leurs bonus indécents.
La France s'apprête à prendre des sanctions : désormais les malus liés à leurs opérations déficitaires seront déduits de leurs bonus, et le solde de leurs bonus sera versé avec un différé de trois ans. Voilà une de ses propositions au prochain sommet du G2O qui se tiendra à Pittsburgh aux USA fin septembre ; mesure «phare» pour moraliser le capitalisme ; on croit rêver ! Soyons sérieux !
D'abord, les traders sont des salariés payés pour spéculer (1) et ils spéculent ; mais certains plus doués – ou plus chanceux - que d'autres font des gains plus importants et de ce fait ont des bonus plus importants ; je ne vois pas en quoi ils sont responsables de la crise ; ils en sont seulement les instruments !
La France va donc proposer d'instaurer des malus ; mais n'a-ton pas réinventé l'eau chaude ? Le système des malus existe déjà depuis longtemps ; dans toutes les entreprises, la plupart des salariés, surtout les commerciaux, sont réménurés sous deux formes : avec une partie fixe qu'on appelle le salaire de base et une partie variable qu'on appelle primes ou commissions ; tout naturellement, lorsque par exemple une commande prise par un commercial est annulée les commissions imputées à cette commande seront déduites de ses commissions ; il n' y a rien de plus normal.
Mais, là où les choses se «corsent» pour les traders, c'est dans l'énormité de leurs bonus, surtout lorsque l'Etat aide financièrement la banque pour laquelle ils travaillent ! Dans ce cas, la réponse paraît toute simple : au prochain sommet du G2O, convenons de réduire le pourcentage des bonus des traders et de les faire appliquer par tous les pays.
Par contre, là où il y a un véritable scandale - et dont on parle depuis longtemps - c'est la rémunération exhorbitante des patrons. Est-il normal que la moyenne des salaires des patrons du CAC 4O soit de plus de 2 OOO OOO d'euros sans parler des avantages annexes, stock options ... ? Certains patrons vous diront «mais on prend des risques et on ne gagne pas à tous les coups ! » ; il est vrai que quelques fois les résultats ne sont pas au rendez-vous et que les primes sautent ; mais compte tenu des salaires de base énormes qui eux ne sont pas touchés cela ne va pas trop nous faire pleurer...
Alors, pourquoi dans le cadre de la future réunion du G2O ne se mettrait-on pas d'accord sur un salaire de base annuel maximum (5OO OOO euros par exemple) assorti d'avantages liés aux résultats ? Le résultat sera peut-être le même mais la forme plus logique et plus décente.
Je terminerai ce billet en évoquant un autre scandale en terme de rémunération ; il est lié aux «jetons de présence». Pourquoi une personne peut-elle siéger dans plusieurs conseils d'administration et percevoir des «jetons de présence» conséquents et cela quels que soient les résultats de la société ? Dans le cadre de la refondation du capitalisme il y a certainemet un sérieux dépoussiérage à faire dans la législation des sociétés côtées en Bourse...
Toutes ces anomalies ne sont que les conséquences du dérapage d'un système dans lequel la finance est la finalité et l 'homme un moyen.

(1) spéculer : acheter des titres à leur cours le plus bas possible dans l'espoir de les revendre plus tard à leur cours le plus haut possible pour réaliser une plus value et vice versa

mercredi 2 septembre 2009

Relations avec les pays en voie de développement : intérêt, charité ou solidarité ?



Le rapport Brundtland du 31.12.1987 nous donne la définition du développement durable : «un développement qui répond aux besoins des générations présentes sans compromettre les capacités des générations futures de répondre aux leurs». A travers cette définition nous comprenons que la répartition équitable des richesses et des ressources de la planète est de loin par importance le premier enjeu du développement durable : un défi que les pays riches se doivent de relever. Enjeu beaucoup plus urgent à régler que le réchauffement climatique ou l'éradication des espèces, n'en déplaise aux écologistes «intégristes» ! Toutes les cinq secondes un enfant meurt de faim...
Alors, que faire pour une meilleure répartition des richesses et des ressources ?
Au premier sommet de la terre à Rio, en 1992, les pays riches s'étaient engagés à donner 0,7% de leur PIB pour aider les pays en voie de développement ; dix sept ans après, le constat est lamentable : nous ne dépassons pas les 0,4% ! Soit une tasse de café par personne et par semaine. La France, le pays des droits de l'homme, en est à 0,38% et encore en incluant les allègements de dettes consentis aux pays les plus pauvres !
On peut se demander le pourquoi de ce peu d'empressement à tenir cet engagement : tout simplement le manque de motivation.
Dans mon dernier billet, je demandais le pourcentage de la part d'intérêt personnel, de charité, de solidarité dans l'aide aux pays pauvres ; les faits confirment mon ressenti :
80 % de l'aide sont liés à des intérêts financiers en terme de retour sur investissement ; ce n'est pas par hasard si chinois, américains, européens... s'intéressent autant à l'Afrique qui, dans son sol, possède des richesses inestimables (pétrole, uranium, caoutchouc, phosphate, etc.). 10% de cette aide sont motivés par la charité au sens restrictif du terme, par souci de se donner bonne conscience à gaspiller et à justifier les écarts indécents entre les plus pauvres et les plus riches. Les 10% restant sont liés à la solidarité bien comprise au-delà des différences politiques, religieuses, ethniques …. C'est dans cette catégorie que nous retrouvons les grands humanistes, les ONG...
Si, à l'occasion d'une élection, un parti politique proposait dans son programme de doubler l'aide aux pays en voie de développement, je me demande si cette mesure aurait grand succès ! Il est vrai qu'on parle beaucoup de corruption en Afrique et ailleurs... et que c'est un alibi facile pour ne pas aider les pays pauvres ; mais qui dit corruption dit corrupteurs et corrompus ; les corrompus, on les connaît, ce sont la plupart des dirigeants africains et leur staff dont les caisses sont pleines dans les paradis fiscaux ; mais les corrupteurs, on en parle beaucoup moins … Ce sont les multinationales voire les Etats qui achètent des concessions à prix d'or (armement, aide militaire, sommes occultes...) pour exploiter les matières premières de ces pays qui vont jusqu'à l'expropriation sans contre partie des petits paysans ; sommes dont les habitants ne profitent d'ailleurs jamais !
Des solutions, il en existe, et encore une fois, c'est l'objet de ce blog que de donner des pistes pour refonder le capitalisme.
Payer les matières premières à leur juste prix en faisant un mixte entre l'économie de marché et l'esprit du commerce équitable en imaginant pour chaque matière première y compris le pétrole et les devises principales (dollars, euros) un prix plafond et un prix plancher qui permettrait à chaque pays d'avoir en retour de ses richesses un niveau de vie décent et, qui plus est, serait un frein à la spéculation.
Autre proposition : obliger chaque multinationale exploitant ces matières premières à en manufacturer sur place un pourcentage variant suivant les matières premières et les données économiques ; je ne vois pas ce qui empêcherait Michelin ou Firestone de fabriquer des pneus au Libéria dont le taux de chômage est de 80% ! ...
Tout ceci peut paraître bien compliqué mais aurait-on imaginé seulement vingt ans en arrière qu'on puisse fixer à chaque entreprise un quota d'émission de CO2 à ne pas dépasser ? Et pourtant, on le fait et on le contrôle ! Mais la motivation est au rendez-vous ! Ce qui est loin d'être le cas pour l'aide aux pays pauvres qui ne rentre pas dans la logique du capitalisme tel qu'il est vécu aujourd'hui !

jeudi 27 août 2009

Quand charité ne rime pas avec solidarité


Deux mots apparemment très proches voire indissociables et pourtant si différents tant dans l'esprit que sur le fond et la forme !
La solidarité est une aide ponctuelle ou permanente – morale, matérielle, financière, physique... - à une personne en difficulté : accident, problème de santé, problème financier … La solidarité suppose un intérêt ou une cause commune ; on a vu récemment des paysans français manifester à Bruxelles avec d'autres paysans de l'Europe. Il est beaucoup plus difficile d'être solidaire lorsque nous avons peu de points communs ou que l'autre nous est différent ; c'est alors que devrait intervenir la charité..
La charité est une aide purement gratuite ; les Restos du coeur, la Fondation de Mère Teresa ou celle de Soeur Emmanuelle sont exemplaires en matière de charité ; la Fondation de l'Abbé Pierre serait elle, beaucoup plus dans la solidarité puisqu'elle demande en contre partie que les personnes aidées participent à cette aide.
Dans la solidarité, la dignité de l'homme est préservée ; qui ne connaît pas la fameuse expression «il vaut mieux apprendre à un homme à pêcher plutôt que de lui donner un poisson» ? Dans la solidarité on travaille sur les causes réelles du problème en essayant d'y remédier ; dans la charité, on est dans l'urgence et, le le plus souvent, le moteur, c'est l'émotion ; la charité n'a pas pour vocation de changer les règles du jeu. Les américains fonctionnent essentiellement à la charité ; chez eux chaque entreprise importante a une Fondation ; ils ne se posent pas la question de savoir pourquoi 14% d'entre eux sont sous le seuil de la pauvreté ni pourquoi 46 millions d'entre eux n'ont pas accès à la santé ; cela fait parti de leur fonctionnement et la charité est là pour compenser ces dysfonctionnements. Barak Obama commence à comprendre l'anomalie de cette démarche et s'apprête à mettre en place un système de solidarité sociale : mais combien d'américains sont-ils prêts à le suivre ?
A l'occasion de la mort de Soeur Emmanuelle, Michel Drucker a rediffusé l'émission qu'il lui avait consacrée quelques années auparavant ; pendant plus de deux heures on a vu des témoignages élogieux de personnes de tous bords sur l'action de Soeur Emmanuelle ; mais à aucun moment on s'est demandé pourquoi tant de misère en Egypte, aux Philippines, au Soudan ? Comme si cela était aussi naturel qu'un tremblement de terre !
Et si notre ambition était d'associer la solidarité à la charité ?
Dans un reportage récent de l'émission «Envoyé Spécial» diffusé par France 2 sur le commerce équitable, le journaliste demande au Père Francisco Van der Hoff son fondateur si le commerce équitable n'était pas de la charité ; le Père s'est mis en colère et a répondu que le commerce équitable n'était pas un commerce de charité mais un commerce juste – il aurait pu ajouter solidaire - dans lequel les agriculteurs sont payés de manière à vivre décemment de leur travail. Le commerce équitable est l'exemple parfait d'une action qui intègre charité bien comprise et solidarité, respecte la dignité de l'homme et apporte des réponses sur le plan économique pour plus d'équité dans les relations commerciales.
Chez nous beaucoup pensent que quantité de personnes sont trop assistées ; et c'est vrai en partie : allocations par ci, allocations par là... Et si ce que nous versons indirectement sous forme d'aide nous le versions directement sous forme de salaire, ne croyez-vous pas que les personnes aidées gagneraient en dignité ? Ce qui n'empêcherait pas de conserver le système de solidarité déjà mis en place pour les personnes ayant perdu leur emploi, pour les familles nombreuses...
La charité est souvent un alibi qui nous donne bonne conscience ; on a donné un euro à un mendiant, on a participé au téléthon : on est tranquille !
La solidarité nous fait nous demander pourquoi il y a tant d'exclus et remet en question nos privilèges et le fonctionnement de la société.
La charité est un acte gratuit pour porter aide aux plus démunis mais qui ne se pose pas toujours la question des sources du problème. Ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit : la charité est efficace, respectable mais un peu comme des lunettes de soleil qui modifient la perception des choses. Avant l'abolition de l'esclavage, les maîtres – souvent bons chrétiens – pouvaient être très charitables avec leurs esclaves mais ne remettaient pas forcément en question l'esclavage en lui-même.
En matière d'entreprise la charité est le fondement du paternalisme.
Beaucoup trop de patrons pensent qu'un bon salaire suffit à répondre aux besoins des salariés. Et si, au-delà de ses besoins matériels, l'homme avait soif de dignité, de reconnaissance ? Ne s'agirait-il pas là d'un des fondements d'un bon management ?
La charité est de l'ordre de la morale, la solidarité est de l'ordre de l'éthique. C'est en associant les deux que nous trouverons les réponses.
Et pour terminer ma réflexion d'aujourd'hui, je voudrais vous poser cette question qui fera l'objet de mon prochain billet de blog : dans l'aide que les pays riches apportent aux pays en voie de développement, quelle est en pourcentage la part d'intérêt personnel, de charité et de solidarité ?



mercredi 19 août 2009

La Taxe Carbone


Instaurer une taxe carbone paraît a priori tout à fait justifié.

Augmenter le prix du gaz et du carburant pour inciter les citoyens à diminuer les émissions de CO2 semble tout à fait cohérent. Protéger la couche d'ozone et par là-même éviter le réchauffement de la Planète devient une urgence !

A la différence près que 45% des émissions de CO2 sont liés à l'activité industrielle et que les entreprises ne produisent pas pour le plaisir de produire mais pour répondre à une demande et que ces mesures devraient être accompagnées d'une incitation à moins consommer ; dans une société de consommation, mission impossible !

A la différence près que le réchauffement de la Terre est un enjeu certes important mais qui n'est qu'une partie de l'enjeu du développement durable et ne doit donc pas faire oublier les autres problèmes : à quand un grenelle sur la pauvreté ?

Le réchauffement de la Terre n'est pas un problème régional, ni national, ni continental mais mondial ! Quelles que soient les mesures prises elles ne peuvent être efficaces que si elles sont validées et appliquées par tous les Etats. Le G8 s'est dernièrement tenu en Italie : on en retiendra la visite de l'Aquila et qu'aucune décision importante n'a été prise ; rendons cependant à César ce qui est à César : il a été décidé de créer un fond de 20 milliards de dollars pour combattre le fléau de la faim ; c'est bien peu en regard des 18 mille milliards de dollars accordés aux banques... Ce G8 était pourtant un moment privilégi éé pour harmoniser les mesures à prendre contre le réchauffement climatique ! Il est vrai qu'il y a eu le protocole de Kyoto et bientôt celui de Copenhague; mais ces grands sommets fixent des objectifs et au nom du libéralisme laissent les Etats trouver les moyens de les atteindre ; c'est la porte ouverte au dumping ; faute d'harmoniser les moyens, la compétition économique va reprendre le dessus ; les entreprises auront beau jeu de dire qu'elles sont pénalisées en regard des entreprises étrangères qui n'auront pas les mêmes exigences – peut-on imaginer l'organisation des jeux olympiques sans règles communes à chaque sport ?

Et si nous profitions du formidable challenge qu'est le développement durable pour que les Etats harmonisent leur politique énergétique et se réfèrent à une monnaie unique et stable ? Si nous profitions des enjeux du développement durable pour instaurer une véritable autorité économique mondiale autre que l'OMC, le FMI, la Banque Mondiale fagocités par les pays riches ? Ne serait-ce pas la véritable mondialisation au profit de tous les peuples ?

mercredi 12 août 2009

Les vacances : un temps privilégié pour la gratuité



Gratuité, mot incongru dans l'entreprise où tout étant compté et calculé en retour sur investissement, il n'a surtout pas sa place. Pourtant, quel mot magnifique que celui de gratuité lié à notre capacité à faire le bien sans rien attendre en retour sinon le plaisir d'avoir posé un acte généreux pour l'homme, la société, l'environnement !

La gratuité, c'est l'huile qui permet aux rouages de la société et de l'entreprise de mieux fonctionner que ce soit à titre collectif (les Restos du coeur, Emmaüs, les ONG...) ou à titre individuel (en ces temps de sècheresse, je pense aux pompiers volontaires, mais en ce temps de vacances je pense aussi à tous ces animateurs de clubs qui s'investissent pour mieux nous divertir, nous faire découvrir la nature, les richesses culturelles de leur région... Si le Puy du Fou existe c'est grâce à plus de mille bénévoles...)

Et si nous profitions de nos vacances pour exercer notre gratuité ?

Bien sûr, les vacances c'est avant tout un moyen nécessaire de reprendre des forces, de se déconnecter du travail quotidien, une bouffée d'oxygène indispensable même pour les plus forts !

Mais les vacances sont aussi un moment propice à la réflexion, à la méditation, aux questions existentielles : pourquoi la vie ? Qu'est-ce que le bonheur ? Etc.

Les vacances, c'est également un moment de gratuité parce que un temps disponible pour apporter à sa famille, à ses amis, un témoignage d'affection, de solidarité, que le tourbillon du quotidien ne nous laisse pas toujours le temps de donner et qui nous apporte bonheur, épanouissement...

Les entreprises commencent à comprendre l'importance de la gratuité. Elles favorisent de plus en plus l'engagement de leurs salariés dans des actions de solidarité ; initiative plutôt bien vue en interne et qui améliore autant le climat social que les compétences des individus.

L'Oréal, IBM et bien d'autres pratiquent le congé solidaire en invitant leurs salariés à prendre des congés dans des pays pauvres pour s'investir par exemple dans la construction d'un puits, d'une école... (www.planète-urgence.com)

Ce devoir de gratuité est commun à tous : patrons, professions libérales, artisans, commerçants, salariés...

N'oublions pas qu'à la fin de notre vie, l'important ne sera pas ce que nous aurons gagné mais ce que nous aurons donné.

Et si la gratuité était un élément de réponse essentiel pour un monde plus juste, pour refonder le capitalisme ?



mercredi 5 août 2009

La Lune, Mars : tour de Babel des temps modernes



Qui ne saluerait pas la prouesse des ingénieurs et autres techniciens qui ont fait que le 20 juillet 1969 à 22h56 Neil Amstrong a été le premier homme à marcher sur le Lune et qu’on envisage pour bientôt un voyage sur Mars ? Mais on est en droit de se demander si l’homme ne s’égare pas dans ses priorités.
Le programme Apollo a coûté 150 milliards de dollars actuels et les nouveaux programmes sur la Lune et Mars ont atteint des chiffres astronomiques (c’est le cas de le dire !).
Pendant ce temps, toutes les quatre secondes un enfant meurt de faim, un milliard de personnes sont sous-alimentées, deux milliards de personnes n’ont pas accès à l’eau potable, etc.
On nous dit que ces technologies de l’espace font avancer la science ; certainement ; mais a-t-on besoin d’aller sur la Lune ou sur Mars pour faire avancer la science ? Les challenges civils ne sont-ils pas suffisamment importants dans la Santé, le Communication, le Bâtiment, etc. ?
On nous dit aussi que c’est un objet de fierté pour la jeunesse d’un pays ; c’est certainement vrai ; et si la véritable fierté d’une nation était d’éradiquer la pauvreté, la famine, la maladie, le challenge n’en serait-il pas plus noble ?
Ce billet a-t-il vraiment sa place dans un blog qui traite de la refondation du capitalisme ? A bien y réfléchir, oui ! Au sens où le dérapage est le même en économie qu’en politique ; les valeurs références sont la compétition, la conquête, la domination, le monopole valeurs mises en exergue et source de tous maux. Ne sommes-nous pas en train de refaire la tour de Babel ? Mais pour rester sur une note optimiste et d’actualité, je citerai Trinh Xuan Thuan, astrophysicien américain, dans son livre « Origines : la nostalgie des commencements » aux éditions Fayard : « la science n’engendre pas la sagesse ; elle ne nous aide pas non plus à prendre des décisions morales et éthiques, mais elle peut être source d’inspiration. La grande fresque cosmique des origines devrait nous aider à développer le sentiment de notre interdépendance avec tous les êtres, de notre compassion avec les autres et de notre responsabilité universelle envers notre planète »

mercredi 29 juillet 2009

L'encyclique sur l'économie : une vérité qui dérange




Il y a quelques mois, lors de sa visite en Afrique, dans un dialogue improvisé avec les journalistes, le Pape Benoît XVI a déclaré que le préservatif participe au développement du sida et que le meilleur moyen de le combattre était l'abstinence et la fidélité. Cette phrase extraite de son contexte a fait le tour du monde et soulevé un tollé général.
Le 29 juin le Pape a présenté sa dernière encyclique qui porte sur l’économie, le capitalisme et l’Ethique (fr.wikipedia.org/wiki/caritas_in_Veritate). On peut y lire :
La complexité et la gravité de la situation économique (…) la crise nous oblige à reconsidérer notre itinéraire et à nous donner de nouvelles règles et de nouvelles formes d’engagement (n°21)
La richesse mondiale croît en terme absolu mais les inégalités augmentent (n°22)
Il existe des formes excessives de protection des connaissances de la part des pays riches à travers l’utilisation trop stricte du droit à la propriété intellectuelle particulièrement dans le domaine de la santé(n°22)
Le marché n’est pas de soi, et ne doit donc pas devenir, le lieu de la domination du fort sur le faible (n°36)
En effet, l’économie et la finance, en tant qu’instruments, peuvent être mal utilisées quand celui qui les gère n’a comme point de référence que des intérêts égoïstes (...)
C’est pourquoi ce n’est pas l’instrument qui doit être mis en cause mais l’homme, sa conscience morale et sa responsabilité personnelle et sociale (n°36)
La gestion de l’entreprise ne peut pas tenir compte des intérêts de ses seuls propriétaires, mais aussi de ceux de toutes les autres catégories de sujets qui contribuent à la vie de l'entreprise : le travailleur, les clients, les fournisseurs, les divers éléments de la production, les communautés humaines qui en dépendent. Ces dernières années on a vu la croissance d’une classe cosmopolite de managers qui, souvent, ne répondent qu’aux indications d’actionnaires de référence (n°40)
Il faut donc éviter que le motif de l’emploi des ressources financières soit spéculatif et cède à la tentation de rechercher seulement un profit à court terme (n°40)
Les processus de mondialisation, convenablement conçus et gérés, offrent la possibilité d’une grande redistribution de la richesse au niveau planétaire comme cela ne s’était jamais présenté auparavant ; s’ils sont mal gérés, ils peuvent au contraire faire croître la pauvreté et les inégalités et contaminer le monde entier par une crise. Il faut en corriger les dysfonctionnements (n°42)
Tandis que, d’un côté, sont revendiqués de soi disant droits, de nature arbitraire et «voluptuaire», avec la prétention de les voir reconnus et promus par les structures publiques, d’un autre côté, des droits élémentaires et fondamentaux d’une grande partie de l’humanité sont ignorés et violés (n°43)
Pour fonctionner correctement l’économie a besoin de l’éthique (…) car on note un certain abus de l’adjectif éthique qui employé de manière générique se prête à désigner des contenus très divers, au point de faire passer sous couvert des décisions et des choix contraires à la justice et au véritable bien de l’homme (n°45)
C’est pourquoi la société actuelle doit réellement reconsidérer son style de vie qui, en de nombreuses régions du monde, est portée à l’hédonisme et au consumérisme (n°51)
Les devoirs que nous avons vis à vis de l’environnement sont liés au devoir que nous avons envers la personne considérée en elle-même et dans sa relation avec les autres ; on ne peut exiger les uns et piétiner les autres (n°51)
Les sociétés techniquement avancées ne doivent pas confondre leur propre développement technologique avec une soi-disant supériorité culturelle, mais elles doivent redécouvrir en elles-mêmes les vertus, parfois oubliées, qui les ont fait progresser tout au long de leur histoire (n°59)
Les opérateurs financiers doivent redécouvrir le fondement véritablement éthique de leur activité afin de ne pas faire un usage abusif des instruments sophistiqués qui peuvent servir à tromper les épargnants (n°65)
Le développement des peuples se dénature si l’humanité croit pouvoir se recréer en s’appuyant sur les prodiges de la technologie (n°68)
Quand l’absolutisation de la technique prévaut, il y a confusion entre les fins et les moyens : pour l’homme d’affaires, le seul critère d’action sera le profit maximal de la production (n°71)
Tandis que les pauvres du monde frappent aux portes de l’opulence, le monde risque de ne plus entendre les coups frappés à sa porte, sa conscience étant désormais incapable de reconnaître l’humain (n°75)

Qu’on le veuille ou pas, à travers ces quelques extraits on voit bien que cette encyclique est une dénonciation en règle du dérapage du système capitaliste. Propos qu’à la limite Olivier Besancenot ne renierait pas…Bizarrement cela ne fait pas la une des journaux ; au mieux quelques articles très édulcorés ; peu de religieux en parlent dans leurs discours ; il est vrai que ce n’est pas évident de remettre en question la société et le confort matériel et égoïste qu’elle nous apporte !

jeudi 16 juillet 2009

Le travail du dimanche : quand la loi est impuissante

 


En dehors de toute considération religieuse le dimanche est un jour « sacré » où par tradition les gens ne travaillent pas, où se tiennent la plupart des réunions de famille, les manifestations de tous ordres (sportives, religieuses, artistiques, etc.).
En ce sens, le dimanche est un jour à protéger et aucune loi ne peut imposer le travail ce jour-là.
D’autre part, heureusement qu’il y a des gens qui travaillent le dimanche dans les hôpitaux, les restaurants, les centres de loisirs…Les modes de vie évoluant, on s’aperçoit que cette exception peut toucher d’autres activités : les centres commerciaux, les commerces dont l’activité dépend en grande partie du tourisme, etc.
Il est donc tout à fait opportun de légiférer en la matière pour que les choses soient claires.
Les pistes :
* faire du dimanche un jour comme un autre et légaliser le travail du dimanche ; piste à écarter d’emblée pour les raisons citées ci-dessus.
* légaliser le travail du dimanche dans certains secteurs mais en faisant appel aux volontaires ; cela semble de loin la meilleure solution ; mais là où le bas blesse, c’est sur cette notion de volontaires ; n’y a –t-il pas le risque d’avoir des « volontaires » d’office ?
Quelle loi peut empêcher qu’un patron ne fasse pas de la discrimination à l’embauche en préférant quelqu’un qui acceptera volontiers de travailler le dimanche ? Quelle loi pourra empêcher un patron de faire de la discrimination à la promotion privilégiant celui qui est volontaire pour travailler le dimanche ? Quelle loi pourra empêcher un patron de pousser gentiment vers la porte un salarié refusant obstinément d’être volontaire pour travailler le dimanche ?
La seule loi qui le peut, c’est la démocratie dans l’entreprise (cf. billet n°1 du 23.04.09 « Le patron noté et élu par ses salariés ») !
Un patron qui aurait des attitudes empreintes de mauvaise foi, de discrimination aurait certainement bien du mal à obtenir la confiance de ses salariés et serait à son tour gentiment poussé vers la porte de sortie…Arrêtons d’imposer à l’entreprise depuis l’extérieur des contraintes de plus en plus exigeantes ; laissons-là respirer, desserrons ces contraintes et mettons à l’intérieur de l’entreprise le contre pouvoir de la démocratie qui fera de chaque salarié un citoyen économique et lui donnera un droit par son bulletin de vote ; cela sera certainement plus efficace !

lundi 6 juillet 2009

La personne morale : un bon alibi


On lit régulièrement dans la presse que d’importantes sociétés (Microsoft, Total, Saint-Gobain, Bouygues, SFR, Orange, L’Oréal, Dior, Sephora, etc.) sont condamnées apour fraude ou entente illicite ou pollution …Ne nous en plaignons pas : il est bien normal que la justice soit la même pour tous. A la différence près que condamner une personne morale c’est condamner tout le monde et personne. Derrière toutes ces entorses à la loi il y avait certainement des personnes qui faisaient ou qui savaient ou qui couvraient. Bizarrement, elles ne sont jamais inquiétées. La porte est grande ouverte à la récidive ; il suffit de provisionner sur le bilan « frais de justice à prévoir ».
A quand une loi qui interdirait de gestion un PDG ou un Directeur coupable d’avoir participé ou couvert de tels délits? On ne nous fera jamais croire qu’au plus haut niveau « on ne savait pas » lorsqu’il s’agit d’ entorses à la légalité répétitives et de cette ampleur !
Tout un chacun qui vole un produit dans un supermarché a de fortes chances d’être inquiété voire conduit au poste de police, et c’est normal. Un salarié sera sanctionné pour faute professionnelle et c’est normal !
Aujourd’hui en permanence des centaines de personnes organisent la fraude, le vol, la pollution… sans pour autant être inquiétées. On arguera que la relation hiérarchique peut excuser ; argument trop facile car la fin ne justifie en aucun cas tous les moyens : on a vu récemment dans l’armée américaine en Irak des gradés être condamnés pour tortures…
Finissons-en avec cette hypocrisie. Le statut de personne morale a bon dos ; il faut avoir le courage de chercher les responsables et les coupables et de les condamner à la hauteur du préjudice commis. Voilà une réforme qui est bien dans l’esprit de la refondation du capitalisme.

Bienvenue !

Le 4 avril 2009 à Londres se sont réunis les chefs d'état des pays les plus riches de la planète : le G20. L'ambition affichée était de refonder le capitalisme (cf. N. Sarkozy). En fait de refondation, nous avons eu droit à un ravalement. On connaissait le bluewashing, le greenwashing, maintenant nous connaissons le whitewashing.
Le G20 a montré du doigt les paradis fiscaux et a remis en question les bonus des patrons. Mais nous l'avons bien compris : rien de fondamental pour le capitalisme dont la pierre angulaire est la loi du plus fort.
Il y a donc urgence à faire émerger des idées concrètes pour refonder le capitalisme et donner de l'espoir à ceux qui se refusent politiquement parlant d'avoir à choisir entre une droite qui fait allégeance complète au capitalisme, une gauche en panne d'imagination et une ultragauche en pleine utopie.
Voilà tout l'objet de ce blog : exprimer des idées, réagir, commenter ...