mercredi 13 juillet 2011

Une charte éthique exemplaire


Bien que beaucoup d’entreprises ne possèdent pas une charte éthique elle est incontournable dans une société digne de ce nom. C’est la pierre angulaire de la culture d’entreprise. Elle sert à identifier la mission d’entreprise, ses Valeurs et ses engagements vis à vis de toutes ses parties prenantes à commencer par les clients et en passant par les collaborateurs, les actionnaires, la société civile, l’environnement, etc. Elle permet de valoriser l’image de l’entreprise, de fédérer les hommes autour d’un projet, en un mot de donner du Sens.

Malheureusement, dans les entreprises qui font l’effort de cette charte, il y a souvent des dérapages ; déjà à son élaboration - seul un petit groupe d’initiés travaille dessus sans prendre l’avis de celui qui est concerné au premier chef, à savoir le personnel de l’entreprise – ensuite dans sa communication – peu de personnes en sont informées – et, plus grave, dans son contenu.

Comparons par exemple les chartes de TOTAL, VALEO et L’OREAL.
Au départ, toutes ont le souci d’être responsables vis à vis de toutes leurs parties prenantes.

Mais là où çà commence à diverger c’est que chez TOTAL, cette charte se transforme en un nouveau règlement intérieur ; on demande à ses collaborateurs « de respecter les Valeurs et principes du code de conduite et en particulier :
Ø de se conformer aux lois et règlements applicables
Ø d’appliquer avec rigueur les règles édictées en matière de protection de la santé, de sécurité et de préservation de l’environnement
Ø d’établir des rapports clairs et honnêtes avec les clients et fournisseurs», etc. etc.

VALEO fait même plus fort : à la fin, son Code d’éthique est assorti de sanctions ; on peut y lire « toute violation du présent Code peut être sanctionnée par VALEO. Ces sanctions peuvent inclure , entre autres, un avertissement au salarié ou son licenciement en fonction de la gravité de la violation et de la loi nationale applicable.»

Alors que dans la charte L’OREAL c’est une invitation à une démarche éthique que L’OREAL se fait à lui-même – à commencer par la direction. On peut lire entre autres « chacun de nous doit :
Ø contribuer à ce que les informations figurant dans les documents financiers et professionnels soient toujours exactes
Ø conserver ces documents en toute sécurité
Ø éviter tout usage inapproprié du système d’information, des courriers électroniques et d’Internet», etc. etc.
Cette nuance est importante ; une charte éthique ne doit pas être un nouveau règlement intérieur mais une invitation à avoir un comportement responsable et doit être vécue comme une bouffée d’oxygène pour de meilleures conditions de travail et pour une entreprise citoyenne ; cette charte devrait en effet être l’occasion d’innovations sociales ou sociétales et selon le cas elle sera plus ou moins bien acceptée.
La Société L’OREAL a pour moi une charte éthique exemplaire ; mais est-elle pour autant une entreprise exemplaire ? Je n’ai pas les informations pour porter un jugement.





mercredi 6 juillet 2011

Deux poids, deux mesures


A l’assemblée générale du Groupe Carrefour le mardi 21 juin 2011, les actionnaires avaient à se prononcer sur le projet de scission de DIA (3ème opérateur mondial du hard discount : 6252 magasins principalement en Espagne et en France sous les marques DIA et ED et 52375 salariés) et de 25% de la partie immobilière de Carrefour (Carrefour Property).

A l’origine de cette proposition, les deux principaux actionnaires de Carrefour : le fonds « Colony Capital » et l’homme d’affaire Bernard Arnault qui possèdent à eux deux 20% des droits de vote. Proposition dont les motivations sont avant tout financières.

Après un débat houleux, 77% des actionnaires ont approuvé malgré une opposition vigoureuse : 21,5% ont voté contre.
Cette assemblée a été d’autant plus houleuse que les salariés s’étaient invités et c’est grâce à la présence d’un service d’ordre musclé que cette réunion a pu se tenir. Les syndicats protestent contre le démantèlement de Carrefour et la dérive financière de la politique du Groupe.

Que les actionnaires soient invités à se prononcer : rien de plus logique ! Mais pourquoi n’en est-il pas de même pour les salariés ? Ils sont à même d’avoir un avis aussi pertinent que les actionnaires sur le bien fondé de cette décision, pour peu qu’on se donne la peine de leur expliquer et que l’on n’ait pas peur du débat…Ce sont quand-même eux qui font la richesse de Carrefour ! C’est tout l’enjeu de la démocratie dans l’entreprise : mettre à égalité de droits et de devoirs ses deux partenaires principaux.

Il ne peut pas y avoir deux poids, deux mesures !





dimanche 26 juin 2011

Areva

Anne LAUVERGEON depuis dix ans à la tête d’Areva – leader mondial des métiers de l’énergie, entre autres, fleuron de l’industrie nucléaire – a appris le jeudi 16 juin 2011 par le premier ministre qu’elle ne serait pas reconduite dans ses fonctions. C’est bien mal récompenser celle qui a fait d’Areva le numéro 1 mondial des réacteurs nucléaires et depuis la catastrophe de Fukushima s’est dépensée sans compter pour rassurer sur la sûreté des centrales nucléaires françaises. Mais certainement y a-t-il dans son bilan des zones d’ombres qui expliquent ce limogeage… Ce n’est pas l’objet de ce billet.

Mon interrogation porte sur le fait qu’une telle décision puisse se prendre sans demander l’avis des cinquante mille collaborateurs d’Areva qui sont pourtant les premiers concernés ! Aurait-il été impossible d’organiser un référendum pour valider cette décision ? Cela aurait obligé les dirigeants et les actionnaires – parmi lesquels l’Etat – à expliquer le pourquoi et le comment de cette décision et les enjeux d’Areva ; cela aurait invité les salariés à s’intéresser à ces enjeux et à l’avenir d’Areva. Tout le monde aurait été gagnant. Mais peut-être pense-t-on en haut lieu que ces hommes et ces femmes ne sont pas assez compétents pour comprendre les enjeux d’Areva ? Ce sont pourtant les mêmes qui sont assez compétents pour fabriquer les centrales nucléaires !

Comme quoi il est difficile de se défaire de ses a priori !





mardi 21 juin 2011

Salariés du privé : vaches à lait


Comme chaque année, la journée de solidarité du lundi de Pentecôte lancée en 2004 par Jean-Pierre RAFFARIN fait débat. A juste titre d’ailleurs parce que cette réforme est particulièrement inadaptée et injuste.

Déjà, le choix de la date est loin d’être judicieux !
A l’occasion de ce grand week-end, des évènements sportifs, religieux, festifs… sont organisés par des communes ou des associations (pour être lyonnais, je peux vous dire que le tournoi de boules de la Pentecôte est mondialement connu et fréquenté de tous les boulistes et fait partie des moments importants de la vie lyonnaise). Supprimer ces manifestations peut être un grand préjudice pour des associations et – plus grave encore – priver beaucoup de gens de vivre une tradition très locale.

Cette mesure est particulièrement injuste parce qu’elle ne touche que les salariés du privé, les fonctionnaires étant exemptés de cet effort national. On peut d’ailleurs se demander au nom de quoi si ce n’est d’acheter la paix sociale… Plus injuste encore les professions libérales et les commerçants et artisans ne sont pas du tout touchés par cette mesure et le moins qu’on puisse dire c’est qu’ils ne sont peut-être pas les catégories les plus défavorisées. Pourtant le problème de la vieillesse, du handicap, de la dépendance est réel et deviendra de plus en plus préoccupant compte tenu de l’allongement de la durée de vie.

Alors, quelle solution choisir ? Elle est relativement facile et relève du bon sens. A nos parents nous devons tout : la vie, l’éducation… en un mot, ce que nous sommes ; mais aussi, dans la majorité des cas, par l’héritage ils nous apportent des biens matériels. Ce constat fait, serait-il aberrant de dire que sur cette part d’héritage, à notre tour nous contribuions à ce que la vieillesse de nos parents puisse être plus confortable ? Ne serait-il pas un juste retour des choses qu’un pourcentage soit prélevé sur la part de succession ? Or, c’est loin d’être le cas puisque depuis le 1er janvier 2009 un abattement de 156 359 € exonéré de droits de succession est pratiqué sur la part de chaque enfant. Il y a là une source importante de financement pour toute la gestion des personnes âgées et handicapées qui ferait appel à tous sans distinction de catégories à commencer par les plus privilégiés.

Sur la forme, cette mesure ne participerait pas directement à la refondation du capitalisme. Mais sur le fond, elle aurait le souci de mettre en place un mécanisme de responsabilité et de solidarité qui sont justement l’ultime but de la refondation du capitalisme.




mardi 14 juin 2011

La part de l’affectif

Même si l’on peut le déplorer, notre affect a une place de choix dans nos décisions. C’est d’autant plus vrai que cet affect est communicatif. Il n’y a qu’à voir l’engouement pour le mariage de Kate et William, pour l’affaire DSK ou tout simplement à l’occasion d’un événement sportif quand un arbitre est conspué par un camp ou l’autre en fonction de ses décisions. La politique n’échappe pas à ce phénomène affectif ; des sondages récents nous montrent que la côte de Sarkozy a augmenté de deux points depuis que l’on sait que Carla attend un bébé.

Faut-il déplorer ce phénomène ? Oui et non.
Oui parce que la plupart de nos décisions ont des fondements émotionnels et par là sont irrationnelles. C’est l’argument qu’emploient ceux qui dénoncent la démocratie et encore plus la démocratie dans l’entreprise sous prétexte que les gens votent en fonction de leur sympathie ou antipathie et non pour des raisons rationnelles telles que les compétences par exemple.
Non parce que nos émotions sont partie intégrante de la nature humaine. Elles participent à nos amitiés et inimitiés, nous procurent de la joie ou de la tristesse ; nos émotions sont moteurs pour aller vers le bien, le beau, le vrai ( musique, voyages, spectacles, nature…). Sans émotion, apprécierions-nous la vie ? C’est en ce sens que certains disent qu’un monde parfait serait ennuyeux partant du principe que pour qu’il y ait de la joie il faut qu’il y ait de la tristesse ; cette approche est bien pessimiste : on peut en effet avoir de la joie sans qu’il y ait pour autant de la tristesse ; la plupart des enfants nous le prouvent tous les jours.

Alors, comment pouvons-nous vivre nos émotions de façon positive ? En étant honnête avec nous-mêmes : en faisant la part de nos sentiments et de la raison, de nos intérêts et de l’équité. En terme de management, ce n’est pas celui qui nous fera pitié qui aura forcément raison ; ce n’est pas celui qui nous sera antipathique qui aura forcément tort. C’est la différence essentielle entre l’homme et l’animal : la conscience. Cette phrase de Teilhard de Chardin est très explicite en la matière « nous ne sommes pas des êtres humains vivant une expérience spirituelle, nous sommes des êtres spirituels vivant une expérience humaine ».

La refondation du capitalisme passe par un état de conscience élevé. C’est tout simplement la victoire de l’esprit sur la partie animale de l’homme qui fait qu’on a aujourd’hui aboli l’esclavage, la peine de mort… et contribué au progrès social.





lundi 6 juin 2011

L’empreinte pauvreté

Après le «greenwashing (littéralement peindre en vert) – pratique qui consiste pour les entreprises à adhérer à des ONG pour valoriser leur image de marque – et le bluewashing (littéralement peindre en bleu) – pratique qui consiste pour les entreprises à adhérer à Global Compact, une association sous l’égide de l’ONU, pour valoriser leur image – l’empreinte pauvreté est le nouvel artifice des entreprises pour faire passer la pilule d’un capitalisme pur et dur.

Cette initiative développée par OXFAM inspirée de l’empreinte écologique (mesure de l’impact de l’homme et de son activité sur l’environnement) met en place des indicateurs qui permettent d’évaluer les retombées sociétales positives ou négatives des multinationales dans le pays où elles sont implantées. Ces impacts sont évalués selon cinq critères : niveau de vie, bien-être et santé, diversité et égalité des sexes, amélioration des conditions de vie, stabilité et sécurité (cf. Novethic du 31.05.11 )
Après Unilever en Indonésie, Coca Cola vient de faire évaluer son empreinte pauvreté au Salvador et en Zambie. On ne peut que saluer cette initiative mais ces indicateurs ne sont-ils pas des « trompe-l’œil » ?
L’implantation d’une multinationale dans un pays dit pauvre - l’ONU en désigne 48 – ne peut être que bénéfique pour le pays ne serait-ce que par la création d’emplois mais aussi toutes les actions périphériques qu’elle se doit de faire ; et c’est là que l’empreinte pauvreté est trompeuse parce que nécessairement toujours positive elle donne une image faussée de l’entreprise et bonne conscience à ceux qui sont dans la logique du capitalisme pur et dur ; par contre, ce qui serait intéressant à mesurer c’est le rapport entre ce que l’entreprise apporte à ce pays pauvre et ce que sa présence dans ce même pays lui rapporte à elle. Malheureusement, ce rapport est loin d’être équitable entre les deux. On est souvent dans un concept d’exploitation de l’homme plutôt que dans une collaboration digne et équitable. Ne soyons pas naïf ! Dans la logique de sa finalité financière, une multinationale aura toujours le souci d’optimiser ses investissements (négociation au plus bas des concessions voire corruption, expropriations, travail des enfants, insécurité au travail, peu d’investissements en matière de dépollution même si les ONG font un travail remarquable de veille permanente, c’est loin d’être gagné. J’ai entendu en conférence Pascal LAMY, Président de l’OMC (Organisation Mondiale du Commerce) dire que « le colonialisme n’est pas aboli il a simplement pris une autre forme ».

La refondation du capitalisme passera par une nouvelle logique de solidarité qui nous fera comprendre qu’il est de notre intérêt de partager équitablement les richesses et non de nous les approprier au détriment des plus pauvres.



mardi 31 mai 2011

« Chacun est seul responsable de tous » Saint-Exupéry dans "Pilote de guerre" 1942


Cette citation, Nicolas Sarkozy a dû l’oublier lorsque dans une conférence de presse à l’issue du G8 un journaliste lui a demandé si l’affaire DSK n’entachait pas le prestige de la France. Il a répondu « je ne savais pas que Monsieur Strauss Kahn représentait la France. Il était à la tête du FMI ». Cette réponse est plutôt surprenante de la part d’un chef d’Etat dont le devoir est de faire passer le message que la réussite collective est liée à la réussite de chacun.
Contrairement à ce qu’a dit notre Président, le comportement de chaque français – fut-il simple citoyen lambda et a fortiori lorsqu’il est connu et occupe un poste important - participe en bien ou en mal à l’image de la France. Oublier cette réalité c’est oublier que chacun est responsable de tous et que nos manquements à la civilité participent aux dysfonctionnements de la société. Oublier cette réalité c’est encourager l’égoïsme, l’individualisme et l’irresponsabilité.
Ne pas se sentir responsable de tous explique toutes les dérives : celle de celui qui ne va pas respecter la limitation de vitesse, ou de celui qui refuse de faire le tri sélectif en pensant que c’est bon pour les autres, ou même de celui qui va tricher dans sa déclaration de revenus, etc.
C’est certainement cet état d’esprit qui a prévalu au G8 et qui fait que les huit premières puissances économiques mondiales n’ont pas du tout abordé le problème de la pauvreté dans le monde et encore moins le problème de la pauvreté dans leurs pays respectifs… Si la goutte d’eau refuse d’être une goutte d’eau il ne peut y avoir d’océan ; si le grain de sable refuse d’être un grain de sable il ne peut y avoir de désert ; et si chaque français refuse d’assumer sa responsabilité en tant que tel, il ne pourra y avoir une France respectable et respectée.
Alors, qu’aurait dû dire notre Président questionné sur les dérives de DSK portant atteinte à l’image de la France ? Il aurait peut-être dû répondre : oui, c’est vrai ! Les faits et gestes des uns et des autres peuvent porter atteinte à l’image de la France et en la matière à l’image de ses responsables politiques. C’est la raison pour laquelle je leur demande d’être bien sûr compétents mais aussi de poser des actes moraux ou éthiques.
Cette notion de responsabilité est importante ; dans notre cercle familial ou social mais aussi dans l’entreprise ; c’est dans la mesure ou chacun des salariés aura conscience de sa responsabilité pour la bonne marche de l’entreprise – et ceci quel que soit son poste - que la qualité et la performance seront au rendez-vous ; et il aura d’autant plus ce sentiment d’appartenance et de responsabilité qu’il sera impliqué dans sa marche.
Une invitation pour les hommes politiques à instaurer la démocratie dans l’entreprise.





lundi 23 mai 2011

La Valeur d’Exemplarité

Sans présumer de la décision du tribunal américain concernant cette lamentable affaire de DSK et encore moins sans porter un jugement sur sa part de responsabilité, cet événement nous questionne sur la valeur d’exemplarité. Que ce soit pour une mère ou un père de famille, un responsable associatif, un élu ou un chef d’entreprise… l’exemplarité est hyper importante et pour deux raisons.

Le mimétisme : qu’on soit enfant, adolescent ou adulte on a tendance à prendre pour modèle ce qui est dessus de nous. On ne pourra jamais imaginer les dégâts psychologiques chez les jeunes et les moins jeunes faits par le coup de boule de Zidane sur Materazzi en juillet 2006 lors de la finale de la coupe du monde de football. Ce que l’on se permet au plus haut niveau banalise le comportement des niveaux inférieurs. Beaucoup de chefs d’entreprise sont loin de comprendre qu’il est difficile de demander à un salarié un effort - financier ou de travail – si eux-mêmes ne font pas le même effort.

La deuxième raison pour laquelle la valeur d’exemplarité est importante c’est qu’elle permet une meilleure adhésion à sa personne de ceux dont on est responsable. Un père de famille honnête qui a le souci de ses enfants, de sa famille, a plus de chance d’avoir leur adhésion que celui qui ne pense qu’ à lui. Pour un chef d’entreprise un comportement honnête et loyal, suscitera respect et adhésion. La valeur d’exemplarité va aussi de pair avec la simplicité et l’humilité. Un homme politique qui est en permanence dans le « bling-bling » va créer une distance supplémentaire entre ses électeurs et lui. Si tous nos responsables : hommes politiques , chefs d’entreprise … avaient conscience de cette valeur d’exemplarité, ils seraient certainement moins décriés et plus respectés.





mercredi 18 mai 2011

Yoplait ou la banalisation de la dictature financière

Yoplait était à vendre. Le fonds d’investissement PAI partners (Parisbas Affaires Industrielles) avait mis en vente sa participation de 50% . Neuf prétendants se sont mis sur les rangs ; trois fonds d’investissement (Bains Capital, Lyon Capital et Axa Private Equity), le mexicain Lala, le chinois Bright Food, l’américain General Mills, le suisse Nestlé, les français Bel et Lactalis. Finalement, c’est l’américain General Mills (6ème groupe alimentaire mondial) qui a racheté pour 800 millions d’euros 51% du numéro 2 mondial du yaourt. Sodiaal (ou le Groupe Yoplait) cédant 1% supplémentaire pour que General Mills devienne majoritaire.

Mais qu’en pensent les 1300 salariés du groupe Yoplait ? Ont-ils des garanties sur les salaires, sur les conditions de travail, sur la pérennité des trois sites (Monéteau dans l’Yonne, Vienne dans l’Isère, Le Mans dans la Sarthe) ? Pourquoi n’ont-ils pas eu leur mot à dire ? Ne risque-ton pas de voir ce qui s’est passé à Marseille pour Lipton où malgré des bénéfices Unilever a fermé le site et mis 300 personnes au chômage ?

A travers cet exemple on mesure encore une fois les bienfaits que la démocratie dans l’entreprise aurait pu apporter dans cette transaction ; les hommes ne sont pas des marchandises : on ne doit pas pouvoir les vendre comme des « esclaves ». Seuls les actionnaires ont décidé. N’y a-t-il pas quelque chose d’indécent ?
Plus grave : personne ne s’offusque ; les syndicats ont eu des réactions plutôt molles ; Monsieur Thierry Renaudin, délégué CGT de Yoplait premier syndicat du Groupe, a déclaré « Nous sommes choqués par la décision de Sodiaal de diminuer sa part. Yoplait est une marque française et doit le rester. On attend des précisions ». Pas un mot sur le fait que les salariés n’aient pas été consultés .

On a banalisé cette dictature financière comme si elle était incontournable. Il est temps de nous réveiller, de prendre conscience que le capitalisme doit évoluer …





mardi 3 mai 2011

Droit d’ingérence ou Devoir d’assistance ?


On ne peut que se féliciter que la communauté internationale sous mandat de l’ONU et à l’initiative de la France intervienne pour empêcher que Kadhafi, sous prétexte de maîtriser la révolution, massacre son peuple.
C’est ce qu’on appelle le « Droit d’ingérence » ou que l’ONU appelle pudiquement la « Responsabilité de protéger ».
Dans le « Droit d’ingérence », on se donne le droit d’intervenir dans un conflit pour des raisons humanitaires, politiques ou économiques. Cela a été le cas en Irak, au Kosovo, en Afghanistan ou au Darfour.
Si l’on remplaçait le concept du « Droit d’ingérence » par le concept du « Devoir d’assistance », ce ne serait plus un droit mais une obligation pour la communauté internationale de porter assistance à ceux qui souffrent.

Au nom de la démocratie et des droits de l’homme les pays dits riches sont prompts à intervenir dans les conflits mais ont-ils le même zèle d’intervention dans les pays où la population souffre de la faim par manque de nourriture et de maladie par manque de médicaments ? Je pense que s’ils le faisaient les interventions aussi bien en Afghanistan qu’en Irak seraient beaucoup plus crédibles ; n’est-ce pas paradoxal qu’au nom des droits de l’homme on puisse intervenir en Libye et en même temps remettre en question l’accord de Schengen pour ne pas recevoir les réfugiés tunisiens entre autres ?

Mais là, nous nous heurtons à la logique du chacun pour soi et de l’égoïsme. Sommes-nous prêts à recevoir des étrangers ? Sommes-nous prêts à payer les matières premières à leur juste prix ? Un sondage nous dit que 80,5% des français trouvent le chocolat trop cher et seulement 19,5% trouve son prix normal (cf. question d’internautes dans Le Figaro du 25.04.2011). Même si la spéculation n’est pas étrangère à cette hausse, quand on sait que les principaux pays producteurs de chocolat sont des pays pauvres - Côte d’Ivoire, Ghana, Nigeria, Indonésie…- on devrait plutôt se réjouir ! Sommes-nous prêts à taxer les opérations financières - Taxe Tobin - pour dégager des ressources afin d’aider les populations en danger ? Sommes-nous prêts à revoir notre niveau de vie … ?

Le Devoir d’assistance devra être inscrit dans la refondation du capitalisme.





Bienvenue !

Le 4 avril 2009 à Londres se sont réunis les chefs d'état des pays les plus riches de la planète : le G20. L'ambition affichée était de refonder le capitalisme (cf. N. Sarkozy). En fait de refondation, nous avons eu droit à un ravalement. On connaissait le bluewashing, le greenwashing, maintenant nous connaissons le whitewashing.
Le G20 a montré du doigt les paradis fiscaux et a remis en question les bonus des patrons. Mais nous l'avons bien compris : rien de fondamental pour le capitalisme dont la pierre angulaire est la loi du plus fort.
Il y a donc urgence à faire émerger des idées concrètes pour refonder le capitalisme et donner de l'espoir à ceux qui se refusent politiquement parlant d'avoir à choisir entre une droite qui fait allégeance complète au capitalisme, une gauche en panne d'imagination et une ultragauche en pleine utopie.
Voilà tout l'objet de ce blog : exprimer des idées, réagir, commenter ...