mardi 9 août 2011

WWWF France

La très emblématique ONG WWF vit une petite révolution.
Le 24 juin dernier, cinquante sept salariés sur quatre vingt treize ont envoyé une lettre anonyme à leur présidente Isabelle AUTISSIER demandant la démission de leur Directeur Général Serge ORRU.
Leurs griefs portaient sur des manquements éthiques et professionnels ne correspondant pas aux valeurs de l'ONG, entre autres, l'utilisation par Serge ORRU de WWF à des fins personnelles, l'absence de vision stratégique, le sentiment de perte de valeurs de l'ONG, la démobilisation des salariés, un turn-over très élevé (25%) et de la souffrance au travail. cf. Novethic du 11.07.11

Au-delà des accusations de personnes et des attaques contre la politique de WWF (on  reproche à l'ONG d'abuser de partenariats avec des industriels plus soucieux de verdir leur image que de protéger la planète) Isabelle Autissier y voit un autre message : « de manière subliminale, je crois que ce que les salariés voulaient exprimer également, c'est qu'ils soient davantage associés aux décisions, à la stratégie. Or, aujourd'hui, c'est le conseil d'administration qui détient ce pouvoir. Un audit organisationnel va donc être réalisé pour analyser cela. Et pour le plan d'action 2012-2017, un premier jet circule déjà au sein du personnel pour qu'il puisse donner son avis».

On ne peut que se féliciter de la justesse de cette réflexion. La démonstration est faite que le développement durable passe aussi par des réponses au besoin de reconnaissance. Ce besoin pour chacun de nous de se sentir citoyen dans l'entreprise. Et WWF a moins encore que quiconque le droit de passer outre ce point fondamental.

mardi 2 août 2011

Citoyens du monde


Suite à une sècheresse exceptionnelle jamais vue depuis  plus d'un demi siècle, près de 11 millions de personnes sont menacées de famine dans la Corne de l'Afrique en Somalie notamment, et dans les pays frontaliers : l'Ethiopie et le Kenya. La plupart vivent dans de camps de réfugiés dans des conditions etrêmement précaires sans structures sanitaires et sans écoles pour les enfants.

Cette catastrophe humanitaire ne fait pas la une des journaux : pas de grands reportages comme au moment du tsunami au Japon, pas de manifestations de masse, pas de prises de position de nos candidats à la présidence de la République.

Au mieux, la France qui préside le G 20 a obtenu une réunion exceptionnelle de la FAO à Rome le 25 juillet. Des aides ont été données par la plupart des pays européens (10 millions d’euros pour la France) mais elles restent insuffisantes. Andrew Mitchell, secrétaire d’Etat britannique pour le Développement international, a fustigé « ces riches pays européens qui mettent sur la table des offres dérisoires »

Combien de temps faudra-t-il pour prendre conscience que nous sommes citoyens du monde et que les frontières ne sont que des limites humaines et artificielles ? Il est vrai que l'Afrique est loin de nous ! A chacun son problème ! Nous, c'est l'euro ! On a trouvé 115 milliards d’euros pour sauver la Grèce et l’euro. Alors que le secrétaire général de l’ONU Ban Kimoon peiné à réunir 1,6 milliards de dollars pour la Somalie. Sans commentaire !





vendredi 22 juillet 2011

Une exception qui devrait être la règle


La nouvelle est passée presque inaperçue et pourtant… elle est de taille ! Dans le Figaro du 13 juillet 2011 on lit sous la plume d’Yves Miserey : « Sida : une firme baisse le prix de ses médicaments pour les pays pauvres. A l’initiative de la Fondation suisse Medicines Patent Pool créée en 2010 par Unitaid, le laboratoire pharmaceutique américain Gilead, une des firmes les plus innovantes dans la recherche contre le sida, renonce, pour certains pays, à ses brevets sur quatre molécules dont deux ne sont pas encore sur le marché. Les fabricants indiens de génériques vont pouvoir ainsi produire et combiner des copies à bas prix des traitements anti-VIH de Gilead et les commercialiser dans les pays les plus pauvres. Ce qui fait dire à Philippe Douste-Blazy, Directeur d’Unitaid « pour la première fois, les malades du sida des pays en développement vont avoir accès aux mêmes médicaments que ceux vivant dans les pays riches ».

Actuellement, le seul traitement accessible dans les pays du sud est Triomune pour un montant de 50 € par an soit 80 à 100 fois moins cher qu’un traitement moyen au nord. « Mais cet antirétroviral est ancien ; il a été mis au point il y a une quinzaine d’années, il a de nombreux effets secondaires et il n’est efficace pas plus de deux à trois ans » souligne Emmanuel Trénado directeur des programmes internationaux d’Aides, une des dix associations françaises. L’Organisation Mondiale de la Santé recommande de ne pas l’utiliser.

Malheureusement Merck ainsi que Johnson & Johnson (deux autres laboratoires ayant des médicaments contre le sida dans leur catalogue) n’ont pas accepté les propositions de Patent Pool. Pourtant, le coût de chacune de leurs molécules (un peu plus de 700€ par an et par patient) est tellement élevé qu’ils ne vendent que quelques dizaines de boîtes en Afrique. Ils font un mauvais calcul, parce que en acceptant de génériquer leurs produits, ils auraient des rentrées financières, l’accord prévoyant que le concepteur touche 5% sur les génériques.

Qui refuserait de donner un médicament à quelqu’un de malade et dont on sait que la vie est en danger ? Pourtant c’est ce que font Merck, Johson & Johnson et bien d’autres encore dans la logique de notre système économique : 17 millions de personnes meurent chaque année faute de médicaments que les pays riches savent fabriquer et pourraient livrer, soit l’équivalent de quinze tours jumelles qui s’écrouleraient chaque jour. Il y a urgence à refonder le capitalisme ; c’est notre responsabilité à tous et à chacun.



samedi 16 juillet 2011

Une contrevérité bien entretenue


Dans tous les livres traitant du Développement Durable (DD) les trois piliers représentés sont les personnes, la planète et l’économie ou le profit. Ce dernier pilier est inexact : ce n’est pas l’économie ou le profit mais le progrès. Le progrès dans tous les domaines qui nous permet de répondre aux enjeux du DD dont Madame Brundtland (alors 1er ministre de Norvège) a donné en 1987 une excellente définition « le développement durable est un développement qui répond aux attentes des générations présentes sans compromettre la réponse aux besoins des générations futures ». C’est grâce au progrès et aux chercheurs qu’avec de nouveaux médicaments la médecine va éradiquer les maladies. C’est grâce aux progrès de la technologie que les ingénieurs vont trouver des énergies renouvelables non polluantes. C’est grâce aux progrès de l’agriculture qu’on trouvera des réponses pour nourrir les 9 milliards d’habitants que nous serons en 2050. Dernièrement, la Société Rhodia a reçu le prix Pierre Potier en trouvant un additif qui élimine la totalité des particules émises par les moteurs diesels.
Alors, pourquoi cette contrevérité savamment entretenue ? Parce que, en mettant l’économie ou le profit en troisième pilier, implicitement on justifie le libéralisme, le profit, la productivité, pour faire passer d’une façon insidieuse le message du capitalisme. Il est vrai qu’on ne peut parler de DD sans parler d’économie mais l’économie n’est pas un de ces trois piliers, elle les englobe ; elle doit prendre en compte le respect des hommes, le respect de la planète et le progrès (ce souci permanent, grâce au génie humain, des nouvelles technologies).

La productivité pour la productivité ne mène à rien. La croissance pour la croissance ne mène à rien. Le profit pour le profit ne mène à rien. La refondation du capitalisme doit prendre en compte cette nouvelle donne.







mercredi 13 juillet 2011

Une charte éthique exemplaire


Bien que beaucoup d’entreprises ne possèdent pas une charte éthique elle est incontournable dans une société digne de ce nom. C’est la pierre angulaire de la culture d’entreprise. Elle sert à identifier la mission d’entreprise, ses Valeurs et ses engagements vis à vis de toutes ses parties prenantes à commencer par les clients et en passant par les collaborateurs, les actionnaires, la société civile, l’environnement, etc. Elle permet de valoriser l’image de l’entreprise, de fédérer les hommes autour d’un projet, en un mot de donner du Sens.

Malheureusement, dans les entreprises qui font l’effort de cette charte, il y a souvent des dérapages ; déjà à son élaboration - seul un petit groupe d’initiés travaille dessus sans prendre l’avis de celui qui est concerné au premier chef, à savoir le personnel de l’entreprise – ensuite dans sa communication – peu de personnes en sont informées – et, plus grave, dans son contenu.

Comparons par exemple les chartes de TOTAL, VALEO et L’OREAL.
Au départ, toutes ont le souci d’être responsables vis à vis de toutes leurs parties prenantes.

Mais là où çà commence à diverger c’est que chez TOTAL, cette charte se transforme en un nouveau règlement intérieur ; on demande à ses collaborateurs « de respecter les Valeurs et principes du code de conduite et en particulier :
Ø de se conformer aux lois et règlements applicables
Ø d’appliquer avec rigueur les règles édictées en matière de protection de la santé, de sécurité et de préservation de l’environnement
Ø d’établir des rapports clairs et honnêtes avec les clients et fournisseurs», etc. etc.

VALEO fait même plus fort : à la fin, son Code d’éthique est assorti de sanctions ; on peut y lire « toute violation du présent Code peut être sanctionnée par VALEO. Ces sanctions peuvent inclure , entre autres, un avertissement au salarié ou son licenciement en fonction de la gravité de la violation et de la loi nationale applicable.»

Alors que dans la charte L’OREAL c’est une invitation à une démarche éthique que L’OREAL se fait à lui-même – à commencer par la direction. On peut lire entre autres « chacun de nous doit :
Ø contribuer à ce que les informations figurant dans les documents financiers et professionnels soient toujours exactes
Ø conserver ces documents en toute sécurité
Ø éviter tout usage inapproprié du système d’information, des courriers électroniques et d’Internet», etc. etc.
Cette nuance est importante ; une charte éthique ne doit pas être un nouveau règlement intérieur mais une invitation à avoir un comportement responsable et doit être vécue comme une bouffée d’oxygène pour de meilleures conditions de travail et pour une entreprise citoyenne ; cette charte devrait en effet être l’occasion d’innovations sociales ou sociétales et selon le cas elle sera plus ou moins bien acceptée.
La Société L’OREAL a pour moi une charte éthique exemplaire ; mais est-elle pour autant une entreprise exemplaire ? Je n’ai pas les informations pour porter un jugement.





mercredi 6 juillet 2011

Deux poids, deux mesures


A l’assemblée générale du Groupe Carrefour le mardi 21 juin 2011, les actionnaires avaient à se prononcer sur le projet de scission de DIA (3ème opérateur mondial du hard discount : 6252 magasins principalement en Espagne et en France sous les marques DIA et ED et 52375 salariés) et de 25% de la partie immobilière de Carrefour (Carrefour Property).

A l’origine de cette proposition, les deux principaux actionnaires de Carrefour : le fonds « Colony Capital » et l’homme d’affaire Bernard Arnault qui possèdent à eux deux 20% des droits de vote. Proposition dont les motivations sont avant tout financières.

Après un débat houleux, 77% des actionnaires ont approuvé malgré une opposition vigoureuse : 21,5% ont voté contre.
Cette assemblée a été d’autant plus houleuse que les salariés s’étaient invités et c’est grâce à la présence d’un service d’ordre musclé que cette réunion a pu se tenir. Les syndicats protestent contre le démantèlement de Carrefour et la dérive financière de la politique du Groupe.

Que les actionnaires soient invités à se prononcer : rien de plus logique ! Mais pourquoi n’en est-il pas de même pour les salariés ? Ils sont à même d’avoir un avis aussi pertinent que les actionnaires sur le bien fondé de cette décision, pour peu qu’on se donne la peine de leur expliquer et que l’on n’ait pas peur du débat…Ce sont quand-même eux qui font la richesse de Carrefour ! C’est tout l’enjeu de la démocratie dans l’entreprise : mettre à égalité de droits et de devoirs ses deux partenaires principaux.

Il ne peut pas y avoir deux poids, deux mesures !





dimanche 26 juin 2011

Areva

Anne LAUVERGEON depuis dix ans à la tête d’Areva – leader mondial des métiers de l’énergie, entre autres, fleuron de l’industrie nucléaire – a appris le jeudi 16 juin 2011 par le premier ministre qu’elle ne serait pas reconduite dans ses fonctions. C’est bien mal récompenser celle qui a fait d’Areva le numéro 1 mondial des réacteurs nucléaires et depuis la catastrophe de Fukushima s’est dépensée sans compter pour rassurer sur la sûreté des centrales nucléaires françaises. Mais certainement y a-t-il dans son bilan des zones d’ombres qui expliquent ce limogeage… Ce n’est pas l’objet de ce billet.

Mon interrogation porte sur le fait qu’une telle décision puisse se prendre sans demander l’avis des cinquante mille collaborateurs d’Areva qui sont pourtant les premiers concernés ! Aurait-il été impossible d’organiser un référendum pour valider cette décision ? Cela aurait obligé les dirigeants et les actionnaires – parmi lesquels l’Etat – à expliquer le pourquoi et le comment de cette décision et les enjeux d’Areva ; cela aurait invité les salariés à s’intéresser à ces enjeux et à l’avenir d’Areva. Tout le monde aurait été gagnant. Mais peut-être pense-t-on en haut lieu que ces hommes et ces femmes ne sont pas assez compétents pour comprendre les enjeux d’Areva ? Ce sont pourtant les mêmes qui sont assez compétents pour fabriquer les centrales nucléaires !

Comme quoi il est difficile de se défaire de ses a priori !





mardi 21 juin 2011

Salariés du privé : vaches à lait


Comme chaque année, la journée de solidarité du lundi de Pentecôte lancée en 2004 par Jean-Pierre RAFFARIN fait débat. A juste titre d’ailleurs parce que cette réforme est particulièrement inadaptée et injuste.

Déjà, le choix de la date est loin d’être judicieux !
A l’occasion de ce grand week-end, des évènements sportifs, religieux, festifs… sont organisés par des communes ou des associations (pour être lyonnais, je peux vous dire que le tournoi de boules de la Pentecôte est mondialement connu et fréquenté de tous les boulistes et fait partie des moments importants de la vie lyonnaise). Supprimer ces manifestations peut être un grand préjudice pour des associations et – plus grave encore – priver beaucoup de gens de vivre une tradition très locale.

Cette mesure est particulièrement injuste parce qu’elle ne touche que les salariés du privé, les fonctionnaires étant exemptés de cet effort national. On peut d’ailleurs se demander au nom de quoi si ce n’est d’acheter la paix sociale… Plus injuste encore les professions libérales et les commerçants et artisans ne sont pas du tout touchés par cette mesure et le moins qu’on puisse dire c’est qu’ils ne sont peut-être pas les catégories les plus défavorisées. Pourtant le problème de la vieillesse, du handicap, de la dépendance est réel et deviendra de plus en plus préoccupant compte tenu de l’allongement de la durée de vie.

Alors, quelle solution choisir ? Elle est relativement facile et relève du bon sens. A nos parents nous devons tout : la vie, l’éducation… en un mot, ce que nous sommes ; mais aussi, dans la majorité des cas, par l’héritage ils nous apportent des biens matériels. Ce constat fait, serait-il aberrant de dire que sur cette part d’héritage, à notre tour nous contribuions à ce que la vieillesse de nos parents puisse être plus confortable ? Ne serait-il pas un juste retour des choses qu’un pourcentage soit prélevé sur la part de succession ? Or, c’est loin d’être le cas puisque depuis le 1er janvier 2009 un abattement de 156 359 € exonéré de droits de succession est pratiqué sur la part de chaque enfant. Il y a là une source importante de financement pour toute la gestion des personnes âgées et handicapées qui ferait appel à tous sans distinction de catégories à commencer par les plus privilégiés.

Sur la forme, cette mesure ne participerait pas directement à la refondation du capitalisme. Mais sur le fond, elle aurait le souci de mettre en place un mécanisme de responsabilité et de solidarité qui sont justement l’ultime but de la refondation du capitalisme.




mardi 14 juin 2011

La part de l’affectif

Même si l’on peut le déplorer, notre affect a une place de choix dans nos décisions. C’est d’autant plus vrai que cet affect est communicatif. Il n’y a qu’à voir l’engouement pour le mariage de Kate et William, pour l’affaire DSK ou tout simplement à l’occasion d’un événement sportif quand un arbitre est conspué par un camp ou l’autre en fonction de ses décisions. La politique n’échappe pas à ce phénomène affectif ; des sondages récents nous montrent que la côte de Sarkozy a augmenté de deux points depuis que l’on sait que Carla attend un bébé.

Faut-il déplorer ce phénomène ? Oui et non.
Oui parce que la plupart de nos décisions ont des fondements émotionnels et par là sont irrationnelles. C’est l’argument qu’emploient ceux qui dénoncent la démocratie et encore plus la démocratie dans l’entreprise sous prétexte que les gens votent en fonction de leur sympathie ou antipathie et non pour des raisons rationnelles telles que les compétences par exemple.
Non parce que nos émotions sont partie intégrante de la nature humaine. Elles participent à nos amitiés et inimitiés, nous procurent de la joie ou de la tristesse ; nos émotions sont moteurs pour aller vers le bien, le beau, le vrai ( musique, voyages, spectacles, nature…). Sans émotion, apprécierions-nous la vie ? C’est en ce sens que certains disent qu’un monde parfait serait ennuyeux partant du principe que pour qu’il y ait de la joie il faut qu’il y ait de la tristesse ; cette approche est bien pessimiste : on peut en effet avoir de la joie sans qu’il y ait pour autant de la tristesse ; la plupart des enfants nous le prouvent tous les jours.

Alors, comment pouvons-nous vivre nos émotions de façon positive ? En étant honnête avec nous-mêmes : en faisant la part de nos sentiments et de la raison, de nos intérêts et de l’équité. En terme de management, ce n’est pas celui qui nous fera pitié qui aura forcément raison ; ce n’est pas celui qui nous sera antipathique qui aura forcément tort. C’est la différence essentielle entre l’homme et l’animal : la conscience. Cette phrase de Teilhard de Chardin est très explicite en la matière « nous ne sommes pas des êtres humains vivant une expérience spirituelle, nous sommes des êtres spirituels vivant une expérience humaine ».

La refondation du capitalisme passe par un état de conscience élevé. C’est tout simplement la victoire de l’esprit sur la partie animale de l’homme qui fait qu’on a aujourd’hui aboli l’esclavage, la peine de mort… et contribué au progrès social.





lundi 6 juin 2011

L’empreinte pauvreté

Après le «greenwashing (littéralement peindre en vert) – pratique qui consiste pour les entreprises à adhérer à des ONG pour valoriser leur image de marque – et le bluewashing (littéralement peindre en bleu) – pratique qui consiste pour les entreprises à adhérer à Global Compact, une association sous l’égide de l’ONU, pour valoriser leur image – l’empreinte pauvreté est le nouvel artifice des entreprises pour faire passer la pilule d’un capitalisme pur et dur.

Cette initiative développée par OXFAM inspirée de l’empreinte écologique (mesure de l’impact de l’homme et de son activité sur l’environnement) met en place des indicateurs qui permettent d’évaluer les retombées sociétales positives ou négatives des multinationales dans le pays où elles sont implantées. Ces impacts sont évalués selon cinq critères : niveau de vie, bien-être et santé, diversité et égalité des sexes, amélioration des conditions de vie, stabilité et sécurité (cf. Novethic du 31.05.11 )
Après Unilever en Indonésie, Coca Cola vient de faire évaluer son empreinte pauvreté au Salvador et en Zambie. On ne peut que saluer cette initiative mais ces indicateurs ne sont-ils pas des « trompe-l’œil » ?
L’implantation d’une multinationale dans un pays dit pauvre - l’ONU en désigne 48 – ne peut être que bénéfique pour le pays ne serait-ce que par la création d’emplois mais aussi toutes les actions périphériques qu’elle se doit de faire ; et c’est là que l’empreinte pauvreté est trompeuse parce que nécessairement toujours positive elle donne une image faussée de l’entreprise et bonne conscience à ceux qui sont dans la logique du capitalisme pur et dur ; par contre, ce qui serait intéressant à mesurer c’est le rapport entre ce que l’entreprise apporte à ce pays pauvre et ce que sa présence dans ce même pays lui rapporte à elle. Malheureusement, ce rapport est loin d’être équitable entre les deux. On est souvent dans un concept d’exploitation de l’homme plutôt que dans une collaboration digne et équitable. Ne soyons pas naïf ! Dans la logique de sa finalité financière, une multinationale aura toujours le souci d’optimiser ses investissements (négociation au plus bas des concessions voire corruption, expropriations, travail des enfants, insécurité au travail, peu d’investissements en matière de dépollution même si les ONG font un travail remarquable de veille permanente, c’est loin d’être gagné. J’ai entendu en conférence Pascal LAMY, Président de l’OMC (Organisation Mondiale du Commerce) dire que « le colonialisme n’est pas aboli il a simplement pris une autre forme ».

La refondation du capitalisme passera par une nouvelle logique de solidarité qui nous fera comprendre qu’il est de notre intérêt de partager équitablement les richesses et non de nous les approprier au détriment des plus pauvres.



Bienvenue !

Le 4 avril 2009 à Londres se sont réunis les chefs d'état des pays les plus riches de la planète : le G20. L'ambition affichée était de refonder le capitalisme (cf. N. Sarkozy). En fait de refondation, nous avons eu droit à un ravalement. On connaissait le bluewashing, le greenwashing, maintenant nous connaissons le whitewashing.
Le G20 a montré du doigt les paradis fiscaux et a remis en question les bonus des patrons. Mais nous l'avons bien compris : rien de fondamental pour le capitalisme dont la pierre angulaire est la loi du plus fort.
Il y a donc urgence à faire émerger des idées concrètes pour refonder le capitalisme et donner de l'espoir à ceux qui se refusent politiquement parlant d'avoir à choisir entre une droite qui fait allégeance complète au capitalisme, une gauche en panne d'imagination et une ultragauche en pleine utopie.
Voilà tout l'objet de ce blog : exprimer des idées, réagir, commenter ...