mardi 15 novembre 2011

Les dangers du sectarisme

  
A l’occasion d’un débat au Sénat sur le financement de la Sécurité Sociale, Serge DASSAULT  a préconisé à la Haute Assemblée une réforme du financement de la protection sociale.

Partant du principe que « la France est le seul pays qui finance sa protection sociale par les salaires » ce choix, dit-il, « réduit la compétitivité de nos entreprises, car les salaires nets perçus par les salariés, coûtent le double à nos entreprises et aggravent nos coûts de production ». De surcroît, «  ces charges sur salaires trop élevées conduisent nos entreprises soit à ne pas embaucher, soit à licencier, soit à délocaliser leur production et en tous cas limitent les augmentations de salaires » (cf. Le Figaro du 09.11.11).

Serge DASSAULT a donc proposé de financer l’assurance maladie et la branche famille non plus par les salaires mais par le chiffre d’affaire des entreprises déduction faite de leur masse salariale. Seules les charges spécifiques aux salariés (assurance-chômage, assurance-vieillesse, accidents du travail) continueront à être financées par les salaires.

Cette mesure particulièrement innovante aurait le mérite d’alléger les charges sur les salaires, de mettre à contribution les entreprises qui font un gros chiffre d’affaire sans employer pour autant beaucoup de personnel, d’aider l’activité industrielle et aussi de lutter contre le chômage.

Mis aux voix, l’amendement soutenu par de nombreux sénateurs UMP  a été repoussé. Il serait intéressant de connaître les raisons de ce refus : raisons techniques ? J’ai bien peur qu’elles soient plutôt politiques voire partisanes… Pourtant, ce n’est pas parce que Serge DASSAULT - ex PDG de DASSAULT, patron de Presse, une des plus grandes fortunes de France, Sénateur UMP de l’Essonne, homme de droite par excellence – propose une idée originale pour optimiser la compétitivité de nos entreprises qu’on doit systématiquement repousser ses propositions ! Sa proposition me semble intéressante et rentre tout à fait dans le cadre de la refondation du capitalisme.

Cette révolution sur les bulletins de salaire était sans doute améliorable mais partait d’une bonne intention et aurait mérité un autre traitement que celui qui lui a été réservé. L’imagination et la refondation du capitalisme ne sont pas l’apanage uniquement des gens de gauche. Sachons mettre nos a priori de côté.

 





lundi 7 novembre 2011

La belle mascarade du G20 de Cannes

Ce qui devait être le sommet économique et financier mondial de l’année et porter les belles espérances de tous ne fut qu’une farce.
Il faut dire que les européens ont une lourde part de responsabilité dans cet échec à commencer par le premier ministre grec Georges Papandréou, mais aussi Angela Merkel et Nicolas Sarkozy.
Le G20 qui réunit les 20 pays les plus riches de la planète et représente 85% du PIB mondial avait pour ambition rien de moins que de  relancer la croissance, réformer le système monétaire international, lutter contre la volatilité des denrées agricoles, réguler les marchés financiers, financer l’aide au développement, réformer la gouvernance mondiale !
Mais ce sommet a été phagocyté par des problèmes européens qui ont largement contribué à l’agacement des autres délégations étrangères comme si le sort de 7 milliards de personnes pouvait dépendre d’un pays de moins de 22 millions d’habitants ! Ceci explique en partie pourquoi les pays émergeants n’ont pas voulu participer au sauvetage de l’euro : c’est un camouflet politique pour l’Europe.
Angela Merkel et Nicolas Sarkozy auraient dû avoir la politesse et la patience d’attendre le lundi pour discuter des problèmes avec la Grèce et des ennuis financiers de l’Italie soudainement évoqués. A croire qu’Angela Merkel et Nicolas Sarkozy voulaient faire la démonstration devant le monde entier des difficultés qu’ils rencontrent et de leur bonne volonté à les résoudre. Georges Papandréou en a rajouté une couche en déclarant en plein sommet qu’il allait faire ratifier par référendum en janvier 2012 l’ accord d’aide financière de l’Europe (on peut se demander si le premier ministre grec a vraiment toutes ses facultés et on cherche en vain ses motivations profondes…). Et pour finir cette farce, 11 millions de téléspectateurs ont suivi l’interview de Barak Obama et Nicolas Sarkozy devant les deux principales chaînes de télévision française réunies (TF1 et France 2)  . Dans cet échange de 20 minutes on a assisté à une escalade de compliments mutuels du style « Nicolas est un partenaire ouvert qui a beaucoup d’énergie et travaille beaucoup, on n’aurait pas réussi en Lybie sans son leadership (…) Barak est un homme avec qui l’on peut parler, un homme qu’on peut convaincre, un homme courageux (…) Cela fait bien longtemps que nous n’avons pas eu une Amérique aussi attentive aux problèmes des autres et avec une telle volonté de travailler en équipe (...) Grâce à vous, les Etats-Unis sont à nouveau aimés et respectés ». Une belle mise en scène, de beaux dialogues mais qui, à l’évidence, n’avaient que l’objectif d’apporter un soutien aux deux présidents en campagne !
Nicolas Sarkozy qui, à travers ce sommet,  voulait se faire une stature internationale a tout raté. On est loin des ambitions qu’il affichait il y a cinq ans lorsqu’il promettait de refonder le capitalisme, mettre fin au scandale des paradis fiscaux et supprimer les bonus faramineux…
Le résultat positif de ce sommet, c’est l’accord de principe de Barak Obama sur la taxation des échanges financiers mais sans pour autant donner une date d’application et, plus grave encore, sans dire quels seraient les bénéficiaires de cette taxe : boucher le trou des pays riches ou apporter de l’aide aux pays les plus pauvres ? 
La démonstration a été faite que ce n’est pas avec les dirigeants actuels – pas plus américains qu’européens – que le capitalisme pourra être refondé !

mardi 1 novembre 2011

La Grèce devrait abandonner l’Euro

  
Imaginez un groupe d’amis qui décident de faire compte commun : une seule banque et tous les salaires versés sur le même compte… Plutôt sympa ! Mais faudrait-il – pour réussir ce pari – qu’il s’agisse de vrais amis. Si l’un d’eux faisait des dépenses inconsidérées cela nuirait à la confiance mutuelle ; ses amis le sommeraient d’arrêter ces dépenses ; et s’il continuait, ce serait l’exclusion du groupe d’amis.
Eh ! Bien ! C’est ce qui se passe aujourd’hui en Europe.
La Grèce, l’Italie, L’Espagne, le Portugal, l’Irlande ont fait des dépenses inconsidérées – pas question de leur jeter la pierre : c’est lié à leur culture différente de celle des allemand, plus rigoureuse - et avaient l‘habitude – avant l’Europe – de rééquilibrer leurs comptes en dévaluant leur monnaie officiellement ou de fait. En France, c’est pareil !Il faut savoir qu’entre 1979 et 1989 le franc a été déprécié de 30% par rapport au mark allemand. Maintenant, avec l’Euro, ce n’est plus possible ; alors que fait-on ? On emprunte ! Les agences de notations et les spéculateurs de tous bords ont bon dos en endossant le rôle de coupables (aurait-on idée d’accuser le thermomètre de nous dire qu’on a de la température ?).
La solution est simple : exclure de la zone Euro les pays qui ne tiennent pas leurs engagements budgétaires et repartir sur des bases nouvelles avec un « gendarme » économique de l’Europe pour veiller à tout « dérapage ». En voulant maintenir à toute force la Grèce dans l’Euro, on lui rend un bien mauvais service sur le plan social.
C’est à se demander si l’objectif est vraiment de sauver la Grèce ou de sauver l’Euro comme monnaie forte ! N’y a-t-il pas une pointe d’égoïsme aussi bien chez les allemands que chez les français ?
Le Président Sarkozy nous dit que la faillite de la Grèce entraînerait la chute de l’Euro et par là-même provoquerait une crise mondiale. Alors, raison de plus pour que la Grèce sorte de l’Euro !



mardi 25 octobre 2011

Les risques psychosociaux au travail

  
Dans l’entreprise, au-delà des risques physiques, il y a une montée en puissance des risques psychosociaux.
C’est ce que nous dit dans Novethic du 11.10.11 l’inspecteur du travail Jean-Louis OSVATH président de l’association L611-10 dont l’objet est de permettre aux agents de contrôle de s’exprimer et de débattre sur leurs pratiques professionnelles :

 « La plupart de nos agents de contrôle sont submergés par les plaintes (..) Or, dans 99% des cas, on constate que les risques psychosociaux sont la conséquence d’une organisation du travail défaillante ou d’une mauvaise définition des postes, ce qui génère des situations conflictuelles. Qu’il s’agisse d’allégations, de harcèlement moral, voire de suicide, les directions d’entreprise renvoient trop souvent ces problèmes à des raisons interpersonnelles ou à la fragilité psychologique des salariés. C’est une erreur, une façon de nier la réalité (…) L’actuel dispositif législatif est insuffisant ou inadapté et doit être amélioré. En matière pénale le seul article du Code du travail qui ait trait à la santé mentale est celui sur le harcèlement moral. Or, cet article n’est abordé, dans les jugements des tribunaux, qu’à travers un traitement intra personnel de la situation de travail. Concrètement, il permet de poursuivre une personne sans pour autant poursuivre l’entreprise (…) On pourrait donc insérer dans le Code du travail une disposition indiquant que l’organisation du travail et les méthodes de management mises en œuvre par l’employeur ne doivent pas mettre  en danger la sécurité des travailleurs, porter une atteinte sérieuse à leur santé ni compromettre leurs droits et dignité ».

Ce témoignage montre l’urgence de mettre en place dans l’entreprise les moyens de contrôle pour qu’il y ait moins de souffrance psychologique au travail et que l’entreprise s’en sente responsable. Cette urgence semble être ignorée par notre « personnel » politique. Dans la primaire socialiste on a beaucoup parlé de la dette, de l’économie, de la fiscalité, de la pauvreté, du chômage, de l’éducation  mais jamais de l’entreprise. C’est pourtant l’entreprise qui est source de tous les problèmes (chômage, salaires indécents, délocalisations et licenciements abusifs, mauvaises conditions de travail…).

A croire que nos politiques ont banalisé voire validé de rapport déséquilibré entre les actionnaires et les salariés. Comme en son temps on banalisait l'escalvage ou le travail des serfs. On attend le politique qui aura à la fois la lucidité et le courage de réformer l'entrerpise. C'est la pierre angulaire de la refondation du capitalisme.






lundi 17 octobre 2011

Taxe Tobin

  
Ce qui semblait impossible devient possible aujourd’hui.

La taxation des transactions monétaires et financières suggérée en 1972 par le lauréat du prix Nobel d’économie James TOBIN, n’a jamais vu le jour. Cette idée a pourtant été reprise en 1998 par les alter mondialistes qui voyaient dans cette taxe un moyen de financer les pays en voie de développement.
Beaucoup de pays - à commencer par les Etats-Unis - étaient contre sous prétexte qu’elle était une entorse au libre-échange. Le Canada, la Suisse, l’Australie, la Russie et l’Inde se sont toujours prononcés contre cette taxe. Dominique Strauss Kahn, ancien Président du FMI, a même déclaré que « les transactions financières étant très difficiles à mesurer, une telle taxe serait très facile à contourner ».

Cependant, ce qui était impossible le devient.
Le Président de la Commission européenne, Monsieur BARROSO, va proposer au Conseil européen un projet de directives sur la taxation des transactions financières
Cette taxation exclurait le marché des changes, pourrait entrer en vigueur le 1er janvier 2014 et à raison de 0,1 % devrait rapporter 50 milliards d’euros par an. L’objectif affiché étant en effet pour l’Union européenne de couvrir les coûts de la crise. Cela expliquerait peut-être pourquoi toutes les difficultés se sont soudain aplanies…

On peut se féliciter de ce revirement de l’Europe, même si certains pays sont contre, telle la Grande-Bretagne qui craint une délocalisation des transactions financières vers des pays tiers préjudiciable à la City de Londres.
On peut cependant regretter que cette taxe ne porte pas sur la transaction des devises – car ce marché pèse 4000 milliards de dollars par jour, soit près de la moitié des transactions financières dans le monde.
Cette taxe européenne ne concernerait  bien sûr que l’Union européenne.
Ce que l’on peut déplorer – et que les alter mondialistes ne se privent pas de faire– est que cette taxe a été détournée de son but : il ne s’agit plus maintenant de financer les pays en voie de développement mais de combler les dettes. Dans cette logique, on est à même de craindre que, dès la situation financière assainie en Europe, cette taxe soit supprimée. Il aurait été bien que la moitié de cette taxe soit allouée aux pays pauvres : cela aurait été du même coup la garantie de sa pérennité.


lundi 10 octobre 2011

Evaluation des comportements ou des compétences ?


Après Hewlett Packard, la Snecma et bien d’autres… c’est au tour d’Airbus d’être condamné pour l’évaluation des salariés suite à une plainte de la CGT. Le 21 septembre 2011, la Cour d’appel de Toulouse a jugé « illicite » la procédure « P & D » pour performance et développement sous prétexte que cette évaluation se fonde sur certains critères comportementaux non conformes aux exigences légales.

De plus en plus, les entreprises, au-delà des compétences et des critères techniques, veulent aussi évaluer l’engagement de leurs salariés et leur adhésion aux valeurs de l’entreprise. Pour résumer – comme le dit Jocelyne Chabert, membre CGT du CHSCT de GEMS – « l’entreprise ne veut pas des salariés mais des supporters, des fans qui sont prêts à adhérer totalement aux valeurs de l’entreprise ». cf. Novethic du 30.09.11 

Dans cette logique, une personne qui fait bien son travail peut être sanctionnée si elle n’a pas l’enthousiasme et l’adhésion aux valeurs de l’entreprise. Cette dérive frise la discrimination, en particulier  en termes de promotion ou d’augmentation, et elle est incompatible avec le respect de la personnalité et de la différence. Ce n’est pas parce qu’un salarié adhère à un syndicat ou a un tempérament plutôt « grincheux » et peu enthousiaste qu’il ne fait pas bien son travail ! Il n’a pas à être pénalisé pour son tempérament.

On comprend très bien que les entreprises aient le souci que leurs employés adhérent aux valeurs et au projet de l’entreprise ; et si ce n’est pas le cas, la faute n’en revient pas aux salariés mais à l’entreprise qui n’a pas su faire passer son message.

 

mardi 4 octobre 2011

L’Europe et la pauvreté


Alors que l’Europe se mobilise non sans mal pour sauver la Grèce et l’euro on peut être tout à fait surpris qu’elle n’ait pas la même volonté d’être un soutien pour les pauvres.

En 1987, suite à l’appel de Coluche, fondateur des Restos du cœur, Jacques Delors – alors président de la Commission européenne - a mis en place le PEAD (Programme européen d’aide aux plus démunis). Ce programme avait pour idée d’utiliser les stocks alimentaires européens en faisant bénéficier les plus démunis via 240 associations à hauteur de 480 millions d’euro. Treize millions de personnes sont concernées : les principaux bénéficiaires sont l’Italie, la Pologne et la France.

Suite à une baisse de ces stocks liée à une modification de la politique agricole commune (PAC), depuis deux ans l’Union européenne a compensé par d’importants achats de nourriture à destination des banques alimentaires. L’Allemagne a porté plainte sous prétexte que la PAC ne doit pas financer l’aide sociale ce à quoi Bruno Lemaire - ministre français de l’agriculture - a répondu « je suis prêt à regarder d’autres sources de financement » ; il s’en est suivi une décision de la Cour européenne de justice de Luxembourg qui a estimé que ces achats étaient incompatibles avec la politique agricole de l’U.E. Des conflits sont nés de cette divergence de vue ; l’Allemagne, le Royaume Uni, les Pays-Bas, la République Tchèque, le Danemark et la Suède se sont opposés à un maintien du PEAD à son niveau actuel pour 2012 et 2013. Conséquence : le fonds de 480 millions d’euro attribué annuellement à la pauvreté via les ONG devrait revenir à hauteur de 113 millions d’euro soit diminuer de 76%. La part de la France sera considérablement réduite passant de 72 millions à 15 millions soit une réduction de 80%. Cette décision a provoqué un tollé, le Président Sarkozy est intervenu et les ONG – à commencer par les Restos du cœur – ont vivement réagi. Olivier Berthe – Président des Restos du cœur – assure « en 25 ans que le programme existe c’est la première fois que nos quatre associations se réunissent pour pousser un cri d’alerte. Si demain une décision n’est pas prise (…) il y aura une crise humanitaire, une crise alimentaire dans ce pays ».   Cette diminution devrait se traduire pour 2012 par 130 millions de repas distribués en moins. C’est un véritable tsunami alimentaire. « En Espagne, c’est 50% des approvisionnements des banques alimentaires, en Italie les 2/3, en Pologne et en Hongrie, 90% », souligne Alain Seugé président du réseau français de ces banques et vice-président de la Fédération européenne.

Alors que de toutes parts on fait appel à la solidarité vis à vis de la Grèce, l’Europe a-t-elle le droit de freiner son aide aux plus démunis ? Sa vocation est-elle seulement économique et financière ? De même que l’entreprise, l’Europe n’a-t- elle pas aussi un devoir humanitaire ? Sinon cela serait à désespérer de l’idéal que l’on s’en fait. Décision au prochain conseil des ministres de l’Europe en octobre. Affaire à suivre…


mardi 27 septembre 2011

Le désamour des salariés



« Le Parisien » du 27 septembre 2011 publie une étude (1) dans laquelle il ressort qu’un tiers des salariés veulent quitter leur entreprise. Cela paraît d’autant plus étonnant que dans une période de crise les gens sont plutôt frileux : sachant ce qu’ils ont sans savoir ce qu’ils auront, ils hésitent à changer d’entreprise.

Ce sondage fait aussi apparaître que 57% des personnes sont bien dans leur job (contre 72% en 2007). « C’est une baisse très significative » souligne Eric Sarrazin responsable Talent Management chez Mercer. Pour lui, une des causes « c’est que les salariés ont l’impression d’avoir perdu en autonomie, qu’ils disposent de moins de marges de manœuvre au travail, ce qui a évidemment un impact sur l’intérêt de leur activité ».

Ce sondage confirme également le divorce entre les entreprises et les citoyens.

Raison de plus pour que nos candidats à la présidentielle aient un discours sur l’Entreprise et qu’ils prennent et fassent prendre conscience que c’est par la réforme de l’Entreprise et du management qu’on peut réconcilier l’homme et l’Entreprise.

(1) une étude « What’s Working » menée auprès de 2000 salariés en France de tous niveaux, tous métiers au sein d’entreprises de tous secteurs et de toutes tailles

mercredi 21 septembre 2011

Les primaires socialistes…désespérant


Ce vendredi 15 septembre 2011, dans le cadre de l’émission « des paroles et des actes »  David Pujadas a animé le premier débat télévisé des primaires du parti socialiste. Ce débat était prometteur et a tenu toutes ses promesses : France 2 a fait un record d’audience ! Chaque candidat a pu dans un premier temps expliquer le sens de sa candidature, ensuite présenter son programme en dix minutes et finalement débattre avec tous ses partenaires avant de donner un mot de conclusion. Chacun a répondu aux questions de Fabien Namias de France 2 et de Françoise Fressoz du journal Le Monde.

Voici leurs propositions phares.
Arnaud Montebourg a été le plus « révolutionnaire » en prônant la dé-mondialisation financière, la mise sous tutelle de toute la finance (à commencer par les banques) ; il a proposé l’interdiction de la spéculation et une taxation à 1% de toutes les opérations financières de la zone euro.
Jean-Michel Baylet a été plutôt original en récusant le programme socialiste ; il a prôné l’allègement des charges sociales des PME et une gouvernance économique de l’Europe, en somme une Europe fédérale.
Ségolène Royal a parlé de mutation écologique, de la rentrée de l’Etat au capital de toutes les banques et d’interdire les banques de spéculer sur les dettes de l’Etat. Elle mise beaucoup sur la croissance verte.
François Hollande a mis en avant son contrat générations (un jeune et un senior avec allègement de charges pour l’entreprise) et a promis la création de 60 000 postes sur cinq ans dans l’Education Nationale.
Pour Manuel Valls  la priorité c’est la diminution de la dette ; il a proposé une augmentation de la TVA de 2% qui deviendra une TVA sociale sauf sur les produits de première nécessité ; il a  aussi évoqué un contrat d’immigration par métier.
La priorité de Martine Aubry  est « l’emploi, l’emploi, l’emploi » surtout pour les jeunes, promettant 300 000 emplois jeunes. Obligation pour les entreprises de prendre les jeunes diplômés directement en CDI et non plus en stage. Elle a également parlé de croissance verte.
Tous ont parlé de la réforme de la fiscalité et de la suppression des niches fiscales. Tous ont aussi parlé de la séparation des activités bancaires de dépôt et de spéculation.

On ne peut qu’être d’accord sur toutes ces propositions qui sont légitimes voire banales… Mais répondent-elles vraiment aux attentes des salariés ? Lorsque dans sa conclusion Arnaud Montebourg parle de la dame rencontrée il y a trois ans qui lui a expliqué tous ses problèmes (souffrance au travail, salaire de misère, emploi précaire..), il lui a dit qu’il n’avait pas la réponse et aujourd’hui il prétend l’avoir ! Non, il ne l’a pas ! Pour l’avoir, il aurait fallu qu’il parle – et tous ses concurrents avec lui – de la réforme de l’entreprise ; qu’il parle de ce déséquilibre indécent entre le pouvoir des actionnaires et le pouvoir des salariés qui ne sont que des pions dans l’entreprise. Aucun candidat n’a remis en cause le pouvoir des actionnaires même si tous ont dénoncé le pouvoir de la finance. Ils ont peut-être oublié que le pouvoir de la finance s’exerce d’abord dans l’entreprise. Il n’ont parlé ni de délocalisations abusives, ni de licenciements abusifs…Tous les candidats – et je reprends l’expression d’Arnaud Montebourg – « se font les gestionnaires d’un cadre hérité du passé ou fabriqué par l’autre ».

Sachons innover ! Mettons en place la démocratie dans l’entreprise (cf. billet n° 1). L’entreprise est la cellule de base de l’économie et la réforme de notre système économique passera par la réforme de l’entreprise.
On peut alors se demander pourquoi des candidats de gauche ne peuvent pas promouvoir une nouvelle forme d’entreprise :
Seraient-ils eux-même formatés par un système comme c’était le cas au moment de l’esclavage ?
Manqueraient-ils d’imagination ?
Manqueraient-ils de courage de peur de déplaire à une partie de l’électorat ?
Je vous invite tous, vous qui lirez ce billet de blog, à en faire part à nos hommes politiques…

 

jeudi 15 septembre 2011

Si tous les croyants du monde...

Si tous les croyants du monde – chrétiens, musulmans, bouddhistes, juifs... - comprenaient qu'à travers les dogmes et les rites différents c'est le même Dieu que nous adorons...
Si tous les croyants du monde comprenaient que religion rime avec paix, tolérance, respect, amour...
Si tous les croyants du monde comprenaient que vivre sa foi c'est avant tout être solidaire de celui qui nous est différent...
Si tous les croyants du monde comprenaient que le créateur a déposé  son étincelle divine en tout homme, quelles que soient la couleur de sa peau, ses origines, ses convictions...
Si tous les croyants du monde comprenaient que la plus belle des prières est le don de soi aux autres...
Si tous les croyants du monde comprenaient comme l'a dit Saint Exupéry que chacun est responsable de tous et que l'enfant qui meurt de faim c'est aussi notre responsabilité…
Si tous les croyants du monde comprenaient que nous ne sommes propriétaires de rien en ce monde mais seulement locataires..
Si tous les croyants du monde comprenaient que notre plus grand ennemi  nous est intérieur et que c'est notre égoïsme....
Si tous les croyants du monde allaient à l'essentiel de leur croyance...
Alors, tous les croyants du monde s'uniraient pour établir un monde de paix, de respect, d'unité....
Quelle formidable force politique nous serions pour l'avènement d'un monde équitable !
Quelle force nous représenterions pour combattre tous les dictateurs et ambitieux du pouvoir et de l'argent !
Alors, il ne serait plus besoin de parler de refondation du capitalisme parce que le capitalisme que nous vivrions serait à visage humain.

Bienvenue !

Le 4 avril 2009 à Londres se sont réunis les chefs d'état des pays les plus riches de la planète : le G20. L'ambition affichée était de refonder le capitalisme (cf. N. Sarkozy). En fait de refondation, nous avons eu droit à un ravalement. On connaissait le bluewashing, le greenwashing, maintenant nous connaissons le whitewashing.
Le G20 a montré du doigt les paradis fiscaux et a remis en question les bonus des patrons. Mais nous l'avons bien compris : rien de fondamental pour le capitalisme dont la pierre angulaire est la loi du plus fort.
Il y a donc urgence à faire émerger des idées concrètes pour refonder le capitalisme et donner de l'espoir à ceux qui se refusent politiquement parlant d'avoir à choisir entre une droite qui fait allégeance complète au capitalisme, une gauche en panne d'imagination et une ultragauche en pleine utopie.
Voilà tout l'objet de ce blog : exprimer des idées, réagir, commenter ...