mardi 3 janvier 2012

La règle d’or sur l’Europe : un accord en trompe l’oeil



Même si l’on ne peut que saluer Nicolas Sarkozy et Angela Merkel qui s’investissent complètement pour sauver l’Europe et l’ euro cet énième accord signé le 09 décembre 2011 a tout l’air d’un accord en trompe l’œil et pour trois raisons.

D’abord, cet accord fait double emploi avec le traité de Lisbonne de 2007 dans lequel tous les pays de l’Europe s’étaient engagés à ce que leur endettement ne dépasse pas 3% de leur PIB.
Ensuite, un accord qui porte sur la limite de dépassement de crédit me semble bien arbitraire et peu nuancé ; sachons faire la différence entre un crédit pour financer le fonctionnement des Etats et un crédit qui va générer des investissements rentables. Il y a une différence entre un  ménage qui emprunte uniquement pour faire face à ses fins de mois et se nourrir et un ménage qui emprunte pour construire une maison. Donc, fixer à l’ avance des limites de crédit  me semble bien ambitieux. Lors de la première crise financière liée aux « subprimes » en 2008 on a vu que les Etats – à commencer par la France et l’Allemagne – n’ont pas pu tenir leur engagement de ne pas dépasser un endettement de 3% de leur PIB puisqu’ils en sont presque venus à 7% ! Le contexte les y obligeait…
La troisième raison pour laquelle cet accord me semble utopique, c’est qu’à la différence du traité de Lisbonne, cet engagement des 17 Etats membres de la zone euro de ne pas dépasser les 3% d’endettement du PIB est très directif et contrôlé. Chaque Etat devra soumettre son projet de budget et en cas de dépassement il pourrait y avoir des sanctions … Mais quelles sanctions ? cet accord a bien pris le soin de ne pas en parler ! Sanctions financières ? Impossible pour un pays en difficulté économique. Sanctions administratives ? Difficilement imaginables. Alors, il reste le blâme mais je ne crois pas que ce soit une sanction dissuasive…La seule sanction qui aurait des effets serait une sanction politique comme on l’a vu en Grèce après le départ forcé de Georges Papandréou et en Italie de Silvio Berlusconi. Mais cette sanction n’est pas du ressort de l’Europe ; c’est le pays concerné qui peut la prendre à travers ses représentants. La seule mesure  qui peut encore sauver l’Europe et l’ euro c’est l’harmonisation progressive des charges sur le travail et le capital. C’est que chaque Etat s’engage à ne pas vivre au-dessus de ses moyens. La route est longue, très longue… Mais soyons optimistes ; à travers cette crise de l’Europe on sent qu’il y a une volonté de solidarité et d’union…

mardi 27 décembre 2011

Peut-on être chrétien et capitaliste ?


La grande Fête de Noël, au-delà de la fête de la Famille et d’un temps privilégié pour la Paix, est pour les chrétiens la célébration de la naissance de Jésus. Jésus qui nous a laissé  comme le plus grand commandement celui d’aimer notre prochain comme nous-même. A l’horizon de l’élection présidentielle 2012, cette Fête est l’occasion pour chaque chrétien de faire le point sur la pratique de ce commandement et aussi sa compatibilité avec le capitalisme.
Est-ce vraiment aimer son prochain que d’adhérer à un système basé sur un rapport de force ?
Est-ce vraiment aimer son prochain que d’adhérer à un système dont la finalité est financière et dans lequel l’homme est un moyen ?
Est-ce vraiment aimer son prochain que d’adhérer à un système qui creuse l’écart entre les plus riches et les plus pauvres ?
Est-ce vraiment aimer son prochain que d’adhérer à un système qui banalise la famine d’un milliard de personnes et la mort de faim d’un enfant toutes les six secondes ?
Est-ce vraiment aimer son prochain que d’adhérer à un système qui permet à certaines personnes de gagner en une semaine ce qu’un ouvrier ne gagnera pas dans sa vie ?
Est-ce vraiment aimer son prochain que d’adhérer à un système qui pousse à la consommation au détriment de la planète ?
Est-ce vraiment aimer son prochain que d’adhérer à un système qui conduit de plus en plus de personnes à faire appel aux Restos du Cœur ?
Est-ce vraiment aimer son prochain que d’adhérer à un système dont les valeurs sont le paraître, la possession et la domination ?
Sachons faire le différence entre les chrétiens qui croient en Jésus et les chrétiens qui vivent le message de Jésus. Sous cet angle, beaucoup qui se disent athées sont beaucoup plus « chrétiens » que ceux qui vivent leur religion uniquement à travers les rites et les dogmes. Ceux-ci rétorqueront que le capitalisme est le moins mauvais des systèmes… Mais peut-on se contenter de cet alibi ? Entre autres devoirs, un chrétien qui vit le commandement de l’amour du prochain comme lui-même n’a-t-il pas aussi le devoir de chercher des pistes nouvelles pour une société plus humaine et plus équitable ? C’est aussi le but de la refondation du capitalisme.
Je terminerai ce billet en citant un passage de Maurice Zundel – prêtre et géant de la spiritualité chrétienne - dans son livre « Je parlerai à ton cœur » : « Tant que nous n’aurons pas compris cette dignité de l’homme, tant que nous ne voudrons pas l’affirmer, tant que nous n’aurons pas fait les changements qui s’imposent pour qu’elle puisse s’épanouir, nous n’aurons rien fait, rien fait qui vaille, rien fait qui corresponde à l’esprit de Notre Seigneur ; car enfin, c’est aux riches qu’il a dit : ‘malheur à vous, riches !’ Quel paradoxe que les hommes d’Eglise se soient faits si souvent les courtisans des riches alors que Notre Seigneur avait dit ‘malheur à vous riches’. »

mardi 20 décembre 2011

La notation des professeurs


Petite révolution dans le monde de l’éducation.
Luc Chatel, ministre de l’Education nationale, souhaite qu’à partir de la rentrée 2012 les professeurs soient notés mais uniquement par leur hiérarchie directe et non plus comme c’est le cas aujourd’hui en partie par l’inspecteur spécialisé dans chaque discipline et en partie par les chefs d’établissements.
Ce changement a provoqué un tollé chez le enseignants d’autant plus quand on sait que, de cette notation, dépendent les salaires.
Les arguments des enseignants sont tout à fait recevables. Ils estiment que, pédagogiquement parlant, il est difficile d’évaluer un enseignant si l’on ne connaît pas parfaitement la matière qu’il enseigne.
Mais à ceci on pourrait rajouter que d’autres éléments que les pédagogiques peuvent entrer en compte dans la note d’un enseignant : par exemple la ponctualité, la participation plus ou moins active à la vie de l’établissement, l’intérêt pour la matière enseignée, son degré d’investissement dans les cours, le taux de réussite de ses élèves, etc. etc.
Mais, réflexion faite, pourquoi les élèves n’auraient-ils pas eux aussi à donner leur avis ? D’autant plus qu’ils sont les premiers concernés par la compétence de l’enseignant … On pourrait imaginer que chaque élève puisse donner son avis sur l’écoute du professeur, sa pédagogie, son élocution, sa passion pour le thème, la clarté de sa présentation … Mais faut-il encore avoir un regard positif sur les élèves qui, malgré les apparences, ne sont pas que des gamins pensant à « faire des blagues » et en faire le moins possible… Il y a chez chacun d’entre eux un potentiel de maturité et de sérieux qui ne demande qu’à se développer.  De plus, cela obligerait les élèves à se poser des questions sur le rôle et la qualité d’un professeur et aurait l’avantage de favoriser un lien « affectif » entre les deux,  ce qui ne peut être que bénéfique pour le bon développement de l’élève.
Et ce serait une bonne façon pour que les professeurs se remettent eux-même en question…
Au final, on pourrait imaginer que la note soit donnée pour 40% par l’inspecteur, 40% par le chef d’établissement et 20% par les élèves.
Encore une fois on mesure - que ce soit pour un professeur, un cadre, un patron… - combien il est difficile de se faire remettre en question par des personnes qui nous semblent « inférieures ».
Il y a un domaine ou l’importance de cette remise en question a été comprise : c’est la relation avec le client. Les questionnaires pour la satisfaction du client sont devenus courants et sur le plan marketing, on s’est aperçu que c’était devenu bénéfique pour le client et pour le fournisseur. Alors, pourquoi ce qui est bénéfique pour un client et son fournisseur ne le serait-il pas pour l’élève et son professeur ou pour un salarié et son patron ?

 

mardi 13 décembre 2011

La classe ouvrière

  
La Chine est devenue la manufacture du monde. De ce fait, en France, la classe ouvrière est en déclin ; aujourd’hui elle ne représente plus  qu’à peine 10% des salariés actifs.
Lors du Journal télévisé du 30 novembre sur France 2, David Pujadas fait état de statistiques intéressantes concernant l’évolution de l’électorat français aux présidentielles.
En 1978, 78% des ouvriers votaient à gauche ; en 2007, 40% ; en 2012 selon les derniers sondages, le vote des ouvriers se répartirait comme suit : 20% à Hollande, 22% à Sarkozy, 43% à Marine Le Pen. On constate un glissement important du vote traditionnel des ouvriers, de la gauche à l’extrême droite. Comment expliquer ce retournement ? Tout simplement par un manque de reconnaissance. L’écrivain révolutionnaire Jean Guéhenno disait « qu’importe qu’on nous donne le bonheur si l’on nous refuse la dignité ». C’est ce qui manque le plus à ces ouvriers qui se sentent souvent considérés comme de la « chair » à production ou plus noblement dit une variable d’ajustement. Les augmentations de salaire, les meilleures conditions de travail, même si c’est important, ne suffisent plus à satisfaire ce besoin de reconnaissance.
Faute de réponse positive, les ouvriers se rabattent sur les discours démagogiques du style « la France aux français » ou « fermons nos frontières »…Il s’agit là d’une intention de vote animée par des sentiments de dépit ou de révolte. Nul besoin d’être économiste averti pour comprendre que ce repli est une fausse piste.

Ce qui manque à ces ouvriers c’est qu’un parti politique leur dise : vous ne serez plus des sujets dans l’entreprise, mais des citoyens. Des citoyens à égalité de droits et de devoirs avec les actionnaires. Il en va de votre dignité, de la justice et du bon sens.

Par mon expérience d’intervenant dans les Ecoles de Commerce et d’Ingénieurs en Ethique et en Développement Durable, je peux affirmer que cette idée est acceptée par les jeunes. Lorsqu’en terminant mon témoignage de patron noté et élu par ses salariés je demande quels sont ceux qui, demain, voudraient élire leur patron, 80% lèvent la main !
Alors, faudra-t-il attendre que ces jeunes arrivent sur le « marché »  du travail pour que cette prise de conscience devienne effective ?

 

mardi 6 décembre 2011

TRUMPF ou les bienfaits de la cogestion

  
Le numéro spécial de Marianne du 18 novembre 2011 nous dit qu’un autre capitalisme est possible et l’illustre par un très intéressant reportage de Philippe Cohen, Eric Conan et Hervé Nathan sur la société Trumpf, modèle parfait de l’entreprise industrielle du sud-ouest de l’Allemagne.
Créée en 1923 cette société est leader mondial des technologies de travail de la tôle et de découpe au laser ; elle emploie 8500 personnes dont 4000 dans les pays étrangers. C’est avec des lasers Trumpf que Volkswagen ou Toyota découpent les tôles métalliques de leurs voitures. Or ce n’est pas par ses performances économiques mais pour la cogestion qu’elle a mise en place que les médias allemands encensent régulièrement cette entreprise.
Dans cet article, Gerhard Rübling, DRH de la société Trumpf nous dit « il ne fut surtout pas abandonner la cogestion. En Allemagne, c’est grâce à ce dispositif que nous pouvons régler les conflits de travail de manière civilisée. Même si, à la fin, c’est souvent le patron qui prend la décision, les nombreuses prérogatives des représentants des salariés dans l’entreprise nous obligent à mieux penser nos projets pour mieux convaincre, informer plus tôt nos salariés et à les faire participer à leur élaboration. Sinon, çà bloque (…) Nous vivons actuellement une période d’individualisation des comportements et des désirs. Il y a aussi une redistribution des rôles dans la famille. Or, l’organisation du travail classique ne correspond plus à cette évolution. J’ai donc eu l’idée de proposer à notre direction un système de travail à la carte que nous avons négocié pendant neuf jours avec Hans Baur, le responsable d’IG Métall pour la région de Stuttgart, et le comité d’entreprise. »
Concrètement, les salariés pourront travailler selon leur désir, entre 15h et 40h par semaine. Ils pourront également économiser jusqu’à 1000 heures sur un « compte épargne temps » qui pourra être utilisé pour prendre un congé sabbatique allant de 2 mois à 2 ans ; à défaut ils pourront aussi épargner 2h par semaine pour leur retraite complémentaire d’entreprise. Outre l’adhésion enthousiaste du personnel, la couverture médiatique de l’opération a provoqué une augmentation de 50% des candidatures spontanées de diplômés du supérieur depuis le mois de juin.
Renate Luksa, membre du syndicat IG Metall,  se réjouit aussi de cette cogestion : « en coulisse, nos négociations ont parfois été houleuses. Comme ce fut aussi le cas pendant la crise, quand il a fallu négocier les mesures de chômage partiel et baisser temporairement les salaires. Mais, si le ton monte parfois, à la fin il faut « livrer ». Je préfère cela à l’organisation de piquets de grève dans la cour. De toutes façons, il n’y a encore jamais eu de grève chez Trumpf ».
La démonstration est une fois de plus faite : lorsqu’on invite les salariés à participer à la direction de l’entreprise, tout le monde y retrouve son avantage. Quand nos hommes politiques et nos syndicalistes comprendront-t-ils que c’est par la démocratie dans l’entreprise qu’on optimisera nos performances ?



lundi 28 novembre 2011

Les neiges du KiIimandjaro

  
Bien qu’ayant perdu son travail, Michel vit heureux avec Marie-Claire. Ces deux-là s’aiment depuis trente ans… leurs enfants et leurs petits-enfants les comblent…Ils ont des amis très proches… Ils sont fiers de leurs combats syndicaux et politiques…
Leurs consciences sont aussi transparentes que leurs regards. Ce bonheur va voler en éclat lorsque Michel, Marie-Claire et leurs amis Paul et Denise sont agressés d’une façon brutale par deux hommes cagoulés qui leur dérobent leur carte bleue et leur argent entre autres celui qui avait été offert à l’occasion de la retraite de Michel et qui était destiné à financer un voyage en Afrique. Après enquête il s’avère que l’agresseur est un des compagnons de travail de Michel licencié en même temps que lui, et plutôt dans une situation misérable : deux petits demi-frères à sa charge et une mère qui les abandonne. Tout naturellement Michel et son ami Paul portent plainte. Très rapidement Michel est pris de remords et veut retirer sa plainte. Trop tard, la machine judiciaire est en marche. Il a conscience qu’il a sa part de responsabilité dans ce licenciement pour lequel on a tiré au sort les partants sans tenir compte de leur situation familiale. Faute de pouvoir arrêter sa plainte Michel et Denise prennent en charge les deux petits demi-frères du délinquant ;  cet acte d’une bonté tellement inattendue et d’une noblesse hors pair semble suspect aux autres et leur vaut la réprobation générale de leurs enfants, petits-enfants et amis. Ils le font quand-même.

La critique parle de ce film remarquable de Robert Guédiguian – inspiré du poème de Victor Hugo « les pauvres gens » - comme d’une fable humaniste ou d’un conte. Mais faut-il que le monde soit à ce point pollué pour ne pas voir dans cet acte de pardon et de générosité une réalité possible ? Même si ce n’est malheureusement pas la majorité, il existe des hommes et des femmes qui savent pardonner et donner le meilleur d’eux-mêmes.

Pour en revenir à la fondation du capitalisme cessons d’imaginer que l’élection du patron tient du fantasme, du conte ou de la fable… Faisons le pari que cette exception deviendra une réalité. Le monde d’aujourd’hui est fait « d’utopies » d’hier et ne nous y trompons pas, le monde de demain sera fait « d’utopies » d’aujourd’hui.



lundi 21 novembre 2011

Juifs et Musulmans prient ensemble


Un événement important s’est passé cette semaine. Il n’a pas fait la une des médias et n’a apparemment pas de lien direct avec la refondation du capitalisme. Mais comme on le verra les apparences sont trompeuses car, dans l’esprit, il y a un lien très étroit entre les deux.

Dans Le Figaro du 18.11.11 on peut lire sous le titre « Juifs et musulmans vont prier ensemble » : « une trentaine d’opérations de jumelage synagogues- mosquées auront lieu ce week-end à Paris et en banlieue ». Dans cet article, l’Imam Mohamed Benali déclare :  « Nous discuterons tous ensemble et nous prierons pour la paix. Il s’agit de s’ouvrir aux autres, de briser le silence et les rancunes entre les deux communautés pour ne pas donner du grain à moudre aux intégristes (…) nous avons de nombreux points communs et les mêmes sources spirituelles ». On ne peut que saluer cette initiative qui non seulement est courageuse mais de plus sera facteur de paix.

Faisons un parallèle avec l’entreprise. Il y a aussi au sein de l’entreprise des gens dont les intérêts et les repères sont différents et qu’apparemment tout semble opposer. Les uns cherchent la rentabilité de l’investissement, les autres la stabilité de l’emploi et de bons salaires. Ils ont cependant de nombreux points communs à commencer par l’entreprise elle-même et sa bonne performance.
Comme les musulmans et les juifs viennent de le faire, osons dans l’entreprise faire tomber les a priori et les tabous en faisant de ses parties prenantes que sont la direction et les syndicats non plus des adversaires mais de véritables partenaires à égalité de droits et de devoir.
Osons informer, osons impliquer, osons faire de chaque salarié un citoyen et – comme le dit l’Imam Benali – cela fera autant de grain qui ne sera pas donné à moudre à ceux qui veulent faire de l’entreprise un lieu de rapport de forces, de conflits et de règlements de compte.
L’homme se complaît à tort dans la division et le conflit. C’est semble-t-il une façon pour lui de mieux exister alors que c’est au contraire dans l’entente, la paix et l’unité, qu’il peut le mieux s'épanouir.




mardi 15 novembre 2011

Les dangers du sectarisme

  
A l’occasion d’un débat au Sénat sur le financement de la Sécurité Sociale, Serge DASSAULT  a préconisé à la Haute Assemblée une réforme du financement de la protection sociale.

Partant du principe que « la France est le seul pays qui finance sa protection sociale par les salaires » ce choix, dit-il, « réduit la compétitivité de nos entreprises, car les salaires nets perçus par les salariés, coûtent le double à nos entreprises et aggravent nos coûts de production ». De surcroît, «  ces charges sur salaires trop élevées conduisent nos entreprises soit à ne pas embaucher, soit à licencier, soit à délocaliser leur production et en tous cas limitent les augmentations de salaires » (cf. Le Figaro du 09.11.11).

Serge DASSAULT a donc proposé de financer l’assurance maladie et la branche famille non plus par les salaires mais par le chiffre d’affaire des entreprises déduction faite de leur masse salariale. Seules les charges spécifiques aux salariés (assurance-chômage, assurance-vieillesse, accidents du travail) continueront à être financées par les salaires.

Cette mesure particulièrement innovante aurait le mérite d’alléger les charges sur les salaires, de mettre à contribution les entreprises qui font un gros chiffre d’affaire sans employer pour autant beaucoup de personnel, d’aider l’activité industrielle et aussi de lutter contre le chômage.

Mis aux voix, l’amendement soutenu par de nombreux sénateurs UMP  a été repoussé. Il serait intéressant de connaître les raisons de ce refus : raisons techniques ? J’ai bien peur qu’elles soient plutôt politiques voire partisanes… Pourtant, ce n’est pas parce que Serge DASSAULT - ex PDG de DASSAULT, patron de Presse, une des plus grandes fortunes de France, Sénateur UMP de l’Essonne, homme de droite par excellence – propose une idée originale pour optimiser la compétitivité de nos entreprises qu’on doit systématiquement repousser ses propositions ! Sa proposition me semble intéressante et rentre tout à fait dans le cadre de la refondation du capitalisme.

Cette révolution sur les bulletins de salaire était sans doute améliorable mais partait d’une bonne intention et aurait mérité un autre traitement que celui qui lui a été réservé. L’imagination et la refondation du capitalisme ne sont pas l’apanage uniquement des gens de gauche. Sachons mettre nos a priori de côté.

 





lundi 7 novembre 2011

La belle mascarade du G20 de Cannes

Ce qui devait être le sommet économique et financier mondial de l’année et porter les belles espérances de tous ne fut qu’une farce.
Il faut dire que les européens ont une lourde part de responsabilité dans cet échec à commencer par le premier ministre grec Georges Papandréou, mais aussi Angela Merkel et Nicolas Sarkozy.
Le G20 qui réunit les 20 pays les plus riches de la planète et représente 85% du PIB mondial avait pour ambition rien de moins que de  relancer la croissance, réformer le système monétaire international, lutter contre la volatilité des denrées agricoles, réguler les marchés financiers, financer l’aide au développement, réformer la gouvernance mondiale !
Mais ce sommet a été phagocyté par des problèmes européens qui ont largement contribué à l’agacement des autres délégations étrangères comme si le sort de 7 milliards de personnes pouvait dépendre d’un pays de moins de 22 millions d’habitants ! Ceci explique en partie pourquoi les pays émergeants n’ont pas voulu participer au sauvetage de l’euro : c’est un camouflet politique pour l’Europe.
Angela Merkel et Nicolas Sarkozy auraient dû avoir la politesse et la patience d’attendre le lundi pour discuter des problèmes avec la Grèce et des ennuis financiers de l’Italie soudainement évoqués. A croire qu’Angela Merkel et Nicolas Sarkozy voulaient faire la démonstration devant le monde entier des difficultés qu’ils rencontrent et de leur bonne volonté à les résoudre. Georges Papandréou en a rajouté une couche en déclarant en plein sommet qu’il allait faire ratifier par référendum en janvier 2012 l’ accord d’aide financière de l’Europe (on peut se demander si le premier ministre grec a vraiment toutes ses facultés et on cherche en vain ses motivations profondes…). Et pour finir cette farce, 11 millions de téléspectateurs ont suivi l’interview de Barak Obama et Nicolas Sarkozy devant les deux principales chaînes de télévision française réunies (TF1 et France 2)  . Dans cet échange de 20 minutes on a assisté à une escalade de compliments mutuels du style « Nicolas est un partenaire ouvert qui a beaucoup d’énergie et travaille beaucoup, on n’aurait pas réussi en Lybie sans son leadership (…) Barak est un homme avec qui l’on peut parler, un homme qu’on peut convaincre, un homme courageux (…) Cela fait bien longtemps que nous n’avons pas eu une Amérique aussi attentive aux problèmes des autres et avec une telle volonté de travailler en équipe (...) Grâce à vous, les Etats-Unis sont à nouveau aimés et respectés ». Une belle mise en scène, de beaux dialogues mais qui, à l’évidence, n’avaient que l’objectif d’apporter un soutien aux deux présidents en campagne !
Nicolas Sarkozy qui, à travers ce sommet,  voulait se faire une stature internationale a tout raté. On est loin des ambitions qu’il affichait il y a cinq ans lorsqu’il promettait de refonder le capitalisme, mettre fin au scandale des paradis fiscaux et supprimer les bonus faramineux…
Le résultat positif de ce sommet, c’est l’accord de principe de Barak Obama sur la taxation des échanges financiers mais sans pour autant donner une date d’application et, plus grave encore, sans dire quels seraient les bénéficiaires de cette taxe : boucher le trou des pays riches ou apporter de l’aide aux pays les plus pauvres ? 
La démonstration a été faite que ce n’est pas avec les dirigeants actuels – pas plus américains qu’européens – que le capitalisme pourra être refondé !

mardi 1 novembre 2011

La Grèce devrait abandonner l’Euro

  
Imaginez un groupe d’amis qui décident de faire compte commun : une seule banque et tous les salaires versés sur le même compte… Plutôt sympa ! Mais faudrait-il – pour réussir ce pari – qu’il s’agisse de vrais amis. Si l’un d’eux faisait des dépenses inconsidérées cela nuirait à la confiance mutuelle ; ses amis le sommeraient d’arrêter ces dépenses ; et s’il continuait, ce serait l’exclusion du groupe d’amis.
Eh ! Bien ! C’est ce qui se passe aujourd’hui en Europe.
La Grèce, l’Italie, L’Espagne, le Portugal, l’Irlande ont fait des dépenses inconsidérées – pas question de leur jeter la pierre : c’est lié à leur culture différente de celle des allemand, plus rigoureuse - et avaient l‘habitude – avant l’Europe – de rééquilibrer leurs comptes en dévaluant leur monnaie officiellement ou de fait. En France, c’est pareil !Il faut savoir qu’entre 1979 et 1989 le franc a été déprécié de 30% par rapport au mark allemand. Maintenant, avec l’Euro, ce n’est plus possible ; alors que fait-on ? On emprunte ! Les agences de notations et les spéculateurs de tous bords ont bon dos en endossant le rôle de coupables (aurait-on idée d’accuser le thermomètre de nous dire qu’on a de la température ?).
La solution est simple : exclure de la zone Euro les pays qui ne tiennent pas leurs engagements budgétaires et repartir sur des bases nouvelles avec un « gendarme » économique de l’Europe pour veiller à tout « dérapage ». En voulant maintenir à toute force la Grèce dans l’Euro, on lui rend un bien mauvais service sur le plan social.
C’est à se demander si l’objectif est vraiment de sauver la Grèce ou de sauver l’Euro comme monnaie forte ! N’y a-t-il pas une pointe d’égoïsme aussi bien chez les allemands que chez les français ?
Le Président Sarkozy nous dit que la faillite de la Grèce entraînerait la chute de l’Euro et par là-même provoquerait une crise mondiale. Alors, raison de plus pour que la Grèce sorte de l’Euro !



Bienvenue !

Le 4 avril 2009 à Londres se sont réunis les chefs d'état des pays les plus riches de la planète : le G20. L'ambition affichée était de refonder le capitalisme (cf. N. Sarkozy). En fait de refondation, nous avons eu droit à un ravalement. On connaissait le bluewashing, le greenwashing, maintenant nous connaissons le whitewashing.
Le G20 a montré du doigt les paradis fiscaux et a remis en question les bonus des patrons. Mais nous l'avons bien compris : rien de fondamental pour le capitalisme dont la pierre angulaire est la loi du plus fort.
Il y a donc urgence à faire émerger des idées concrètes pour refonder le capitalisme et donner de l'espoir à ceux qui se refusent politiquement parlant d'avoir à choisir entre une droite qui fait allégeance complète au capitalisme, une gauche en panne d'imagination et une ultragauche en pleine utopie.
Voilà tout l'objet de ce blog : exprimer des idées, réagir, commenter ...