mardi 25 octobre 2011

Les risques psychosociaux au travail

  
Dans l’entreprise, au-delà des risques physiques, il y a une montée en puissance des risques psychosociaux.
C’est ce que nous dit dans Novethic du 11.10.11 l’inspecteur du travail Jean-Louis OSVATH président de l’association L611-10 dont l’objet est de permettre aux agents de contrôle de s’exprimer et de débattre sur leurs pratiques professionnelles :

 « La plupart de nos agents de contrôle sont submergés par les plaintes (..) Or, dans 99% des cas, on constate que les risques psychosociaux sont la conséquence d’une organisation du travail défaillante ou d’une mauvaise définition des postes, ce qui génère des situations conflictuelles. Qu’il s’agisse d’allégations, de harcèlement moral, voire de suicide, les directions d’entreprise renvoient trop souvent ces problèmes à des raisons interpersonnelles ou à la fragilité psychologique des salariés. C’est une erreur, une façon de nier la réalité (…) L’actuel dispositif législatif est insuffisant ou inadapté et doit être amélioré. En matière pénale le seul article du Code du travail qui ait trait à la santé mentale est celui sur le harcèlement moral. Or, cet article n’est abordé, dans les jugements des tribunaux, qu’à travers un traitement intra personnel de la situation de travail. Concrètement, il permet de poursuivre une personne sans pour autant poursuivre l’entreprise (…) On pourrait donc insérer dans le Code du travail une disposition indiquant que l’organisation du travail et les méthodes de management mises en œuvre par l’employeur ne doivent pas mettre  en danger la sécurité des travailleurs, porter une atteinte sérieuse à leur santé ni compromettre leurs droits et dignité ».

Ce témoignage montre l’urgence de mettre en place dans l’entreprise les moyens de contrôle pour qu’il y ait moins de souffrance psychologique au travail et que l’entreprise s’en sente responsable. Cette urgence semble être ignorée par notre « personnel » politique. Dans la primaire socialiste on a beaucoup parlé de la dette, de l’économie, de la fiscalité, de la pauvreté, du chômage, de l’éducation  mais jamais de l’entreprise. C’est pourtant l’entreprise qui est source de tous les problèmes (chômage, salaires indécents, délocalisations et licenciements abusifs, mauvaises conditions de travail…).

A croire que nos politiques ont banalisé voire validé de rapport déséquilibré entre les actionnaires et les salariés. Comme en son temps on banalisait l'escalvage ou le travail des serfs. On attend le politique qui aura à la fois la lucidité et le courage de réformer l'entrerpise. C'est la pierre angulaire de la refondation du capitalisme.






lundi 17 octobre 2011

Taxe Tobin

  
Ce qui semblait impossible devient possible aujourd’hui.

La taxation des transactions monétaires et financières suggérée en 1972 par le lauréat du prix Nobel d’économie James TOBIN, n’a jamais vu le jour. Cette idée a pourtant été reprise en 1998 par les alter mondialistes qui voyaient dans cette taxe un moyen de financer les pays en voie de développement.
Beaucoup de pays - à commencer par les Etats-Unis - étaient contre sous prétexte qu’elle était une entorse au libre-échange. Le Canada, la Suisse, l’Australie, la Russie et l’Inde se sont toujours prononcés contre cette taxe. Dominique Strauss Kahn, ancien Président du FMI, a même déclaré que « les transactions financières étant très difficiles à mesurer, une telle taxe serait très facile à contourner ».

Cependant, ce qui était impossible le devient.
Le Président de la Commission européenne, Monsieur BARROSO, va proposer au Conseil européen un projet de directives sur la taxation des transactions financières
Cette taxation exclurait le marché des changes, pourrait entrer en vigueur le 1er janvier 2014 et à raison de 0,1 % devrait rapporter 50 milliards d’euros par an. L’objectif affiché étant en effet pour l’Union européenne de couvrir les coûts de la crise. Cela expliquerait peut-être pourquoi toutes les difficultés se sont soudain aplanies…

On peut se féliciter de ce revirement de l’Europe, même si certains pays sont contre, telle la Grande-Bretagne qui craint une délocalisation des transactions financières vers des pays tiers préjudiciable à la City de Londres.
On peut cependant regretter que cette taxe ne porte pas sur la transaction des devises – car ce marché pèse 4000 milliards de dollars par jour, soit près de la moitié des transactions financières dans le monde.
Cette taxe européenne ne concernerait  bien sûr que l’Union européenne.
Ce que l’on peut déplorer – et que les alter mondialistes ne se privent pas de faire– est que cette taxe a été détournée de son but : il ne s’agit plus maintenant de financer les pays en voie de développement mais de combler les dettes. Dans cette logique, on est à même de craindre que, dès la situation financière assainie en Europe, cette taxe soit supprimée. Il aurait été bien que la moitié de cette taxe soit allouée aux pays pauvres : cela aurait été du même coup la garantie de sa pérennité.


lundi 10 octobre 2011

Evaluation des comportements ou des compétences ?


Après Hewlett Packard, la Snecma et bien d’autres… c’est au tour d’Airbus d’être condamné pour l’évaluation des salariés suite à une plainte de la CGT. Le 21 septembre 2011, la Cour d’appel de Toulouse a jugé « illicite » la procédure « P & D » pour performance et développement sous prétexte que cette évaluation se fonde sur certains critères comportementaux non conformes aux exigences légales.

De plus en plus, les entreprises, au-delà des compétences et des critères techniques, veulent aussi évaluer l’engagement de leurs salariés et leur adhésion aux valeurs de l’entreprise. Pour résumer – comme le dit Jocelyne Chabert, membre CGT du CHSCT de GEMS – « l’entreprise ne veut pas des salariés mais des supporters, des fans qui sont prêts à adhérer totalement aux valeurs de l’entreprise ». cf. Novethic du 30.09.11 

Dans cette logique, une personne qui fait bien son travail peut être sanctionnée si elle n’a pas l’enthousiasme et l’adhésion aux valeurs de l’entreprise. Cette dérive frise la discrimination, en particulier  en termes de promotion ou d’augmentation, et elle est incompatible avec le respect de la personnalité et de la différence. Ce n’est pas parce qu’un salarié adhère à un syndicat ou a un tempérament plutôt « grincheux » et peu enthousiaste qu’il ne fait pas bien son travail ! Il n’a pas à être pénalisé pour son tempérament.

On comprend très bien que les entreprises aient le souci que leurs employés adhérent aux valeurs et au projet de l’entreprise ; et si ce n’est pas le cas, la faute n’en revient pas aux salariés mais à l’entreprise qui n’a pas su faire passer son message.

 

mardi 4 octobre 2011

L’Europe et la pauvreté


Alors que l’Europe se mobilise non sans mal pour sauver la Grèce et l’euro on peut être tout à fait surpris qu’elle n’ait pas la même volonté d’être un soutien pour les pauvres.

En 1987, suite à l’appel de Coluche, fondateur des Restos du cœur, Jacques Delors – alors président de la Commission européenne - a mis en place le PEAD (Programme européen d’aide aux plus démunis). Ce programme avait pour idée d’utiliser les stocks alimentaires européens en faisant bénéficier les plus démunis via 240 associations à hauteur de 480 millions d’euro. Treize millions de personnes sont concernées : les principaux bénéficiaires sont l’Italie, la Pologne et la France.

Suite à une baisse de ces stocks liée à une modification de la politique agricole commune (PAC), depuis deux ans l’Union européenne a compensé par d’importants achats de nourriture à destination des banques alimentaires. L’Allemagne a porté plainte sous prétexte que la PAC ne doit pas financer l’aide sociale ce à quoi Bruno Lemaire - ministre français de l’agriculture - a répondu « je suis prêt à regarder d’autres sources de financement » ; il s’en est suivi une décision de la Cour européenne de justice de Luxembourg qui a estimé que ces achats étaient incompatibles avec la politique agricole de l’U.E. Des conflits sont nés de cette divergence de vue ; l’Allemagne, le Royaume Uni, les Pays-Bas, la République Tchèque, le Danemark et la Suède se sont opposés à un maintien du PEAD à son niveau actuel pour 2012 et 2013. Conséquence : le fonds de 480 millions d’euro attribué annuellement à la pauvreté via les ONG devrait revenir à hauteur de 113 millions d’euro soit diminuer de 76%. La part de la France sera considérablement réduite passant de 72 millions à 15 millions soit une réduction de 80%. Cette décision a provoqué un tollé, le Président Sarkozy est intervenu et les ONG – à commencer par les Restos du cœur – ont vivement réagi. Olivier Berthe – Président des Restos du cœur – assure « en 25 ans que le programme existe c’est la première fois que nos quatre associations se réunissent pour pousser un cri d’alerte. Si demain une décision n’est pas prise (…) il y aura une crise humanitaire, une crise alimentaire dans ce pays ».   Cette diminution devrait se traduire pour 2012 par 130 millions de repas distribués en moins. C’est un véritable tsunami alimentaire. « En Espagne, c’est 50% des approvisionnements des banques alimentaires, en Italie les 2/3, en Pologne et en Hongrie, 90% », souligne Alain Seugé président du réseau français de ces banques et vice-président de la Fédération européenne.

Alors que de toutes parts on fait appel à la solidarité vis à vis de la Grèce, l’Europe a-t-elle le droit de freiner son aide aux plus démunis ? Sa vocation est-elle seulement économique et financière ? De même que l’entreprise, l’Europe n’a-t- elle pas aussi un devoir humanitaire ? Sinon cela serait à désespérer de l’idéal que l’on s’en fait. Décision au prochain conseil des ministres de l’Europe en octobre. Affaire à suivre…


mardi 27 septembre 2011

Le désamour des salariés



« Le Parisien » du 27 septembre 2011 publie une étude (1) dans laquelle il ressort qu’un tiers des salariés veulent quitter leur entreprise. Cela paraît d’autant plus étonnant que dans une période de crise les gens sont plutôt frileux : sachant ce qu’ils ont sans savoir ce qu’ils auront, ils hésitent à changer d’entreprise.

Ce sondage fait aussi apparaître que 57% des personnes sont bien dans leur job (contre 72% en 2007). « C’est une baisse très significative » souligne Eric Sarrazin responsable Talent Management chez Mercer. Pour lui, une des causes « c’est que les salariés ont l’impression d’avoir perdu en autonomie, qu’ils disposent de moins de marges de manœuvre au travail, ce qui a évidemment un impact sur l’intérêt de leur activité ».

Ce sondage confirme également le divorce entre les entreprises et les citoyens.

Raison de plus pour que nos candidats à la présidentielle aient un discours sur l’Entreprise et qu’ils prennent et fassent prendre conscience que c’est par la réforme de l’Entreprise et du management qu’on peut réconcilier l’homme et l’Entreprise.

(1) une étude « What’s Working » menée auprès de 2000 salariés en France de tous niveaux, tous métiers au sein d’entreprises de tous secteurs et de toutes tailles

mercredi 21 septembre 2011

Les primaires socialistes…désespérant


Ce vendredi 15 septembre 2011, dans le cadre de l’émission « des paroles et des actes »  David Pujadas a animé le premier débat télévisé des primaires du parti socialiste. Ce débat était prometteur et a tenu toutes ses promesses : France 2 a fait un record d’audience ! Chaque candidat a pu dans un premier temps expliquer le sens de sa candidature, ensuite présenter son programme en dix minutes et finalement débattre avec tous ses partenaires avant de donner un mot de conclusion. Chacun a répondu aux questions de Fabien Namias de France 2 et de Françoise Fressoz du journal Le Monde.

Voici leurs propositions phares.
Arnaud Montebourg a été le plus « révolutionnaire » en prônant la dé-mondialisation financière, la mise sous tutelle de toute la finance (à commencer par les banques) ; il a proposé l’interdiction de la spéculation et une taxation à 1% de toutes les opérations financières de la zone euro.
Jean-Michel Baylet a été plutôt original en récusant le programme socialiste ; il a prôné l’allègement des charges sociales des PME et une gouvernance économique de l’Europe, en somme une Europe fédérale.
Ségolène Royal a parlé de mutation écologique, de la rentrée de l’Etat au capital de toutes les banques et d’interdire les banques de spéculer sur les dettes de l’Etat. Elle mise beaucoup sur la croissance verte.
François Hollande a mis en avant son contrat générations (un jeune et un senior avec allègement de charges pour l’entreprise) et a promis la création de 60 000 postes sur cinq ans dans l’Education Nationale.
Pour Manuel Valls  la priorité c’est la diminution de la dette ; il a proposé une augmentation de la TVA de 2% qui deviendra une TVA sociale sauf sur les produits de première nécessité ; il a  aussi évoqué un contrat d’immigration par métier.
La priorité de Martine Aubry  est « l’emploi, l’emploi, l’emploi » surtout pour les jeunes, promettant 300 000 emplois jeunes. Obligation pour les entreprises de prendre les jeunes diplômés directement en CDI et non plus en stage. Elle a également parlé de croissance verte.
Tous ont parlé de la réforme de la fiscalité et de la suppression des niches fiscales. Tous ont aussi parlé de la séparation des activités bancaires de dépôt et de spéculation.

On ne peut qu’être d’accord sur toutes ces propositions qui sont légitimes voire banales… Mais répondent-elles vraiment aux attentes des salariés ? Lorsque dans sa conclusion Arnaud Montebourg parle de la dame rencontrée il y a trois ans qui lui a expliqué tous ses problèmes (souffrance au travail, salaire de misère, emploi précaire..), il lui a dit qu’il n’avait pas la réponse et aujourd’hui il prétend l’avoir ! Non, il ne l’a pas ! Pour l’avoir, il aurait fallu qu’il parle – et tous ses concurrents avec lui – de la réforme de l’entreprise ; qu’il parle de ce déséquilibre indécent entre le pouvoir des actionnaires et le pouvoir des salariés qui ne sont que des pions dans l’entreprise. Aucun candidat n’a remis en cause le pouvoir des actionnaires même si tous ont dénoncé le pouvoir de la finance. Ils ont peut-être oublié que le pouvoir de la finance s’exerce d’abord dans l’entreprise. Il n’ont parlé ni de délocalisations abusives, ni de licenciements abusifs…Tous les candidats – et je reprends l’expression d’Arnaud Montebourg – « se font les gestionnaires d’un cadre hérité du passé ou fabriqué par l’autre ».

Sachons innover ! Mettons en place la démocratie dans l’entreprise (cf. billet n° 1). L’entreprise est la cellule de base de l’économie et la réforme de notre système économique passera par la réforme de l’entreprise.
On peut alors se demander pourquoi des candidats de gauche ne peuvent pas promouvoir une nouvelle forme d’entreprise :
Seraient-ils eux-même formatés par un système comme c’était le cas au moment de l’esclavage ?
Manqueraient-ils d’imagination ?
Manqueraient-ils de courage de peur de déplaire à une partie de l’électorat ?
Je vous invite tous, vous qui lirez ce billet de blog, à en faire part à nos hommes politiques…

 

jeudi 15 septembre 2011

Si tous les croyants du monde...

Si tous les croyants du monde – chrétiens, musulmans, bouddhistes, juifs... - comprenaient qu'à travers les dogmes et les rites différents c'est le même Dieu que nous adorons...
Si tous les croyants du monde comprenaient que religion rime avec paix, tolérance, respect, amour...
Si tous les croyants du monde comprenaient que vivre sa foi c'est avant tout être solidaire de celui qui nous est différent...
Si tous les croyants du monde comprenaient que le créateur a déposé  son étincelle divine en tout homme, quelles que soient la couleur de sa peau, ses origines, ses convictions...
Si tous les croyants du monde comprenaient que la plus belle des prières est le don de soi aux autres...
Si tous les croyants du monde comprenaient comme l'a dit Saint Exupéry que chacun est responsable de tous et que l'enfant qui meurt de faim c'est aussi notre responsabilité…
Si tous les croyants du monde comprenaient que nous ne sommes propriétaires de rien en ce monde mais seulement locataires..
Si tous les croyants du monde comprenaient que notre plus grand ennemi  nous est intérieur et que c'est notre égoïsme....
Si tous les croyants du monde allaient à l'essentiel de leur croyance...
Alors, tous les croyants du monde s'uniraient pour établir un monde de paix, de respect, d'unité....
Quelle formidable force politique nous serions pour l'avènement d'un monde équitable !
Quelle force nous représenterions pour combattre tous les dictateurs et ambitieux du pouvoir et de l'argent !
Alors, il ne serait plus besoin de parler de refondation du capitalisme parce que le capitalisme que nous vivrions serait à visage humain.

jeudi 8 septembre 2011

Niches fiscales et cumul des mandats


Pas de lien entre ces deux sujets sinon qu'ils ont une connotation politique.
Les niches fiscales sont aujourd'hui d'actualité par la polémique que suscite la suppression de certaines d'entre elles pour réduire le déficit du budget de la France.
Le cumul des mandats revient régulièrement sur le tapis à l'approche d'une élection.
Sur les deux sujets la classe politique est divisée aussi bien à droite qu'à gauche.

On appelle niche fiscale un avantage qui est donné à une certaine catégorie de citoyens soit pour « booster » l'investissement, soit pour créer des emplois, soit pour inviter les personnes à investir dans les énergies propres, etc.
Le problème, c'est qu'à un moment donné, certaines de ces niches fiscales n'ont plus lieu d'être et deviennent des privilèges abusifs pour ceux qui en bénéficient sans aucune contrepartie pour l'Etat. Mais dans chaque niche se cache un groupe d'intérêt qu'on appelle « lobby » prêt à mordre. Une niche fiscale est considérée comme un avantage acquis sur lequel on ne revient pas.
Un rapport piloté par l'inspection des Finances a examiné 538 mesures dérogatoires représentant près de 104 milliards d'euros. Verdict : la moitié de ces dépenses ne sont pas efficaces (cf. Le Figaro Economie du 29.O8.11). Politiquement, il est en effet difficile de les supprimer sans se couper des électeurs... Alors, pourquoi les niches fiscales ne seraient-elles pas systématiquement des niches à durée déterminée (NDD) ? La prime à la casse auto en est un excellent exemple. Cela aurait l'avantage de la souplesse et de dédramatiser politiquement leur suppression. Un gouvernement de droite ou de gauche ne les traînerait pas comme un boulet. Une idée simple mais efficace.

Le cumul des mandats est aussi sujet à polémique. On voit couramment un maire être à la fois président de région et député ; est-ce un avantage ou pas ? Certains pensent que c'est une chance qu'un homme puisse faire profiter de son talent et de ses relations à sa ville, sa région, son pays... D'autres ne voient dans le cumul des mandats qu'une appropriation malsaine du pouvoir à seule motivation financière. Un moyen simple de résoudre le problème serait de faire qu'une personne occupant plusieurs postes ne soit rémunérée qu'au poste le plus important qu'elle occupe. Cela éviterait toute suspicion sur ses motivations profondes et aurait l'avantage de promouvoir des hommes politiques dévoués, tout acquis au bien public et sans ambitions personnelles. C'est une idée toute simple mais pleine de bon sens que je dois à Serge BENOIT, l'un de mes cousins, que je remercie.

La refondation du capitalisme passe aussi par une gestion saine de l'Etat et par la promotion d'hommes dévoués à l'intérêt public.

jeudi 1 septembre 2011

« Taxez-nous »

Non, ce n'est pas la nuit du 04 août 1789, mais pas loin !
Sous le titre « Taxez-nous », le nouvel Observateur du 25.08.11 fait état d'un appel de seize patrons français – et non des moindres – qui ont signé un manifeste demandant à être associés financièrement au redressement de la dette de la France. Le message est sans ambiguïté : « Nous, présidents ou dirigeants d'entreprises, hommes ou femmes d'affaires, financiers, professionnels ou citoyens fortunés, souhaitons l'instauration d'une « contribution exceptionnelle » qui toucherait les contribuables français les plus favorisés. Cette contribution serait calculée dans des proportions raisonnables, dans le souci d'éviter les effets économiques indésirables tels que la fuite des capitaux ou l'accroissement de l'évasion fiscale.
Nous sommes conscients d'avoir pleinement bénéficié d'un modèle français et d'un environnement européen auxquels nous sommes attachés et que nous souhaitons contribuer à préserver. Cette contribution n'est pas une solution en soi : elle doit s'inscrire dans un effort plus global de réforme, tant sur les dépenses que sur les recettes. Au moment où le déficit des finances publiques et les perspectives d 'aggravation de la dette de l'Etat menace l'avenir de la France et de l'Europe, au moment où le gouvernement demande à tous un effort de solidarité, il nous semble nécessaire d'y contribuer ».

Jean-Paul AGON PDG de L'Oréal
Liliane BETTENCOURT actionnaire de L'Oréal
Antoine FREROT PDG de Véolia Environnement
Denis HENNEQUIN PDG d'Accor
Marc LEDREIT DE LACHARRIERE Président de Fimalac
Maurice LEVY PDG de Publicis (à l'origine de cet appel)
Christophe de MARGERIE PDG de Total
Frédéric OUDEA PDG de la Société Générale
Claude PERDRIEL Président du Conseil de Surveillance du Nouvel Observateur
Jean PEYRELEVADE Président de Léonardo & Co France
Franck RIBOUD PDG de Danone
Stéphane RICHARD PDG d'Orange
Louis SCHWEITZER Président de Volvo et d'Astra Zeneca
Marc SIMONCINI Président de Meetic
Jean-Cyril SPINETTA Président d'Air France-KLM
Philippe VARIN Président du directoire de PSA Peugeot Citroën

Quelles conclusions tirer de cette démarche hors du commun ?
D'abord , comme l'a dit en son temps VGE, que la gauche n'a pas le monopole du coeur ! On peut être de droite et avoir le souci de la solidarité.
Ensuite que ces patrons ont conscience d'être des privilégiés dans leurs talents, leurs fonctions et financièrement.
Enfin qu'ils sentent, consciemment ou inconsciemment, que notre système économique est sans pitié et quelque part injuste.
On ne peut que les saluer eux qui ont eu le courage de prendre le risque de se marginaliser voire de se désolidariser des autres patrons et recevoir leurs critiques.
Mais ont-ils conscience qu'ils sont les capitaines d'une guerre qu'on appelle économique ?
Sont-ils conscients que en tant que capitaines ils ont en main le destin économique de milliers de personnes qui elles, ne veulent pas spécialement cette guerre ? Sont-ils conscients que cette guerre fait aussi des morts au sens propre comme au figuré, provoque des drames et, comme toute guerre, sème aussi le malheur ?
Sont-ils conscients qu'ils alimentent cette guerre par leurs décisions quotidiennes ?
Sont-ils conscients qu'à travers de faux alibis (conquête de marché, pérennité de l'entreprise...) c'est souvent leur ambition sans limite de pouvoir, de reconnaissance et de possession qui est leur vrai moteur ?
Ces patrons pourront-ils un jour comprendre qu'il faut mette un terme à cette guerre stupide et qu'en toute chose l'homme est une finalité ?

En effet, ce n'est pas l'homme qui est fait pour l'entreprise, c'est l'entreprise qui est faite pour l'homme ; l'argent n'est pas une finalité en soi mais un outil, un moyen, une sanction. Cette société de consommation à tout crin n'est que leurre et le bonheur réside non pas dans l'avoir mais dans l'être.





mercredi 24 août 2011

De la confusion entre salaire et revenu ...





Le salaire est ce que l'on perçoit pour son travail et son talent. Le revenu est ce dont on dispose pour vivre ; bien sûr le salaire peut en faire partie mais on peut avoir des revenus sans pour autant travailler (placements, rentes, etc.). Dans un cas, on travaille, dans l'autre, on profite.

A une période où chacun, de droite ou de gauche, se préoccupe de rééquilibrer le budget de la France, cette nuance est éthiquement importante.

Dans sa logique, la refondation du capitalisme privilégiera les salaires en allégeant leur impôt et sera plus sévère avec la taxation des revenus (imposition plus importante sur les successions, taxe conséquente sur les dividendes et plus-values de tous ordres, etc.). Il y a là matière à combler rapidement et largement la dette de la France ! Certains esprits chagrins comme Yves de Kerdrel dans sa chronique du Figaro du 23 août intitulée « A ceux qui veulent taxer les super-riches » nous diront que cette politique est le meilleur moyen pour que les investisseurs fuient l'hexagone et que les méga-riches se fassent domicilier à l'étranger, ce qui est déjà le cas pour beaucoup d'entre eux. A ceux-ci je répondrai : arrêtons de faire référence à cette logique idiote et dépassée qui dit que plus les riches seront riches moins les pauvres seront pauvres. La situation actuelle nous prouve le contraire : il n' y a jamais eu autant de pauvres aux USA, jamais la fracture sociale n'a été aussi importante en France. C'est le même raisonnement que l'on tenait à l'époque des rois et des seigneurs et puis il y a eu 1789... Il reste à faire une nouvelle révolution, non pas sanglante mais dans les esprits ; le pauvre a aussi sa dignité et elle n'a pas de prix.

Bienvenue !

Le 4 avril 2009 à Londres se sont réunis les chefs d'état des pays les plus riches de la planète : le G20. L'ambition affichée était de refonder le capitalisme (cf. N. Sarkozy). En fait de refondation, nous avons eu droit à un ravalement. On connaissait le bluewashing, le greenwashing, maintenant nous connaissons le whitewashing.
Le G20 a montré du doigt les paradis fiscaux et a remis en question les bonus des patrons. Mais nous l'avons bien compris : rien de fondamental pour le capitalisme dont la pierre angulaire est la loi du plus fort.
Il y a donc urgence à faire émerger des idées concrètes pour refonder le capitalisme et donner de l'espoir à ceux qui se refusent politiquement parlant d'avoir à choisir entre une droite qui fait allégeance complète au capitalisme, une gauche en panne d'imagination et une ultragauche en pleine utopie.
Voilà tout l'objet de ce blog : exprimer des idées, réagir, commenter ...