mercredi 3 février 2010

La morale s‘invite à Davos


Il faut lire le discours de Nicolas Sarkozy à l’ouverture de la 40ème session du Forum de Davos. Personnellement, j’ai « bu du petit lait » tant il va dans le sens de ce blog pour la refondation du capitalisme. Voici quelques extraits, jugez vous-même :

… « Il n’y a pas de prospérité sans un système financier efficace, sans que les biens et les services circulent librement, sans que la concurrence ne vienne remettre sans cesse en cause les rentes de situation.

Mais la finance, le libre-échange, la concurrence, ne sont que des moyens et non des fins.

La mondialisation a dérapé à partir du moment où il a été admis que le marché avait toujours raison et qu’aucune autre raison ne lui était opposable (…)

Nous continuerons à faire courir des risques insoutenables à l’économie, à encourager la spéculation, à sacrifier le long terme si nous ne changeons pas la réglementation bancaire, les règles prudentielles, les règles comptables. Cela n’est pas qu’une affaire d’experts. Cela nous concerne tous.

Nous ne vaincrons pas la faim dans le monde, la pauvreté, la misère si nous ne parvenons pas à stabiliser les cours des matières premières qui évoluent de façon erratique (…)

En nous défaussant de toutes nos responsabilités sur les marchés, nous avons créé une économie qui a fini par fonctionner à rebours des valeurs auxquelles elle se référait et de ses finalités (…)

Que ce soit à l’O.I.T, au F.M.I, à la Banque Mondiale, à la F.A.O ou au G20, on discute au fond de la même chose sous des aspects différents : comment remettre l’économie au service de l’homme ?

Comment faire en sorte que l’économie n’apparaisse plus comme une fin en soi mais comme un moyen ? Comment aller vers une mondialisation où chacun en se développant contribuerait au développement des autres ? Comment bâtir une mondialisation plus coopérative et moins conflictuelle ?

Entendons-nous bien : il ne s’agit pas de nous demander par quoi nous allons remplacer le capitalisme mais de savoir quel capitalisme nous voulons.

La crise que nous traversons n’est pas une crise du capitalisme. C’est une crise de la dénaturation du capitalisme. C’est une crise liée à la perte des valeurs et des repères qui ont toujours fondé le capitalisme (…)

Le capitalisme purement financier est une dérive dont on a vu les risques qu’elle faisait courir à l’économie mondiale. Mais l’anticapitalisme est une impasse pire encore.

Nous ne sauverons le capitalisme qu’en le refondant, en le moralisant. Je sais que ce terme peut susciter beaucoup d’interrogations .

De quoi avons-nous besoin au fond, sinon de règles, de principes, d’une gouvernance qui reflètent des valeurs partagées, une morale commune ?

On ne peut pas gouverner le monde du XXIe siècle avec les règles et les principes du XXe siècle. On ne peut pas gouverner la mondialisation en tenant à l’écart la moitié de l’Humanité, sans l’Inde, l’Afrique, ou l’Amérique Latine (…)

Il y a des profits excessifs qui ne seront plus acceptés parce qu’ils sont sans commune mesure avec la capacité à créer des richesses et des emplois.

Il y a des rémunérations qui ne seront plus supportées parce qu’elles sont sans rapports avec le mérite. Que celui qui crée des emplois et des richesses puisse gagner beaucoup d’argent n’a rien de choquant. Mais que celui qui contribue à détruire des emplois et des richesses en gagne lui aussi beaucoup est moralement insupportable.

Il y aura à l’avenir une exigence beaucoup plus grande que les revenus soient mieux proportionnés à l’utilité sociale, au mérite. Il y aura une plus grande exigence de justice. Il y aura une plus grande demande de protection (...)

L’autre question que nous ne pouvons plus éluder est celle du rôle que doivent jouer les banques dans l’économie. Le métier de banquier n’est pas de spéculer, c’est d’analyser le risque du crédit, de mesurer la capacité des emprunteurs à rembourser et de financer le développement de l’économie. Si le capitalisme financier a connu une telle dérive c’est d’abord parce que beaucoup de banques ne faisaient plus leur métier. Pourquoi prendre le risque de prêter aux entrepreneurs quand il est si facile de gagner autant d’argent en spéculant sur les marchés ? Pourquoi ne prêter qu’à ceux qui peuvent rembourser quand il est si facile de sortir les risques de son bilan ? (…)

Alors, il nous restera à faire émerger un nouveau modèle de croissance, à inventer une nouvelle articulation entre l’action de la puissance publique et l’initiative privée, à investir massivement dans les technologies de demain qui vont porter la révolution numérique et la révolution écologique. Il nous reste à inventer l’État, l’entreprise et la ville du XXI siècle (...)»

On ne peut que se réjouir de tels propos ; il a fallu beaucoup de courage à Nicolas Sarkozy pour les tenir devant un parterre d’industriels et de banquiers…Comme on s’en doute, ce discours a été fraîchement accueilli… Seules deux personnes ont applaudi ! Encore un petit effort, Monsieur le Président, et vous comprendrez que la refondation du capitalisme passe par l’égalité de pouvoir entre actionnaires et salariés dans d’entreprise.
Maintenant, imaginons un père ou une mère de famille qui verrait ses enfants se battre et se faire mal avec des jouets dangereux ; leur feraient-ils simplement une leçon de morale ? N’enlèveraient-ils pas à leurs enfants les jouets avec lesquels ils peuvent se faire mal ? Bien sûr que oui !
Nicolas Sarkozy dénonce – entre autres et à juste titre – la spéculation comme la source de tous les maux du capitalisme et en particulier il montre du doigt les banquiers qui ont oublié leur métier ; mais ce n’est pas tout de faire de la morale ! Si l’on veut remédier à ces dysfonctionnements il faut réformer les réglementations des marchés de tous ordres qui permettent à tout un chacun de spéculer sur tout et n’importe quoi : les monnaies, les denrées alimentaires, les matières premières, les entreprises … La Bourse est devenue un véritable casino…Pour réglementer, des pistes existent telles que :
- taxer toutes les transactions à caractère spéculatif (sachons faire la différence entre celui qui achète ou vend pour des besoins professionnels et celui qui achète ou vend uniquement pour spéculer)
- imposer aux vendeurs à terme au moment du passage d’ordre de posséder le tiers de ce qu’ils vendent
- imposer aux acheteurs à terme au moment du passage d’ordre de payer le tiers de ce qu’ils achètent
Ces trois mesures seraient un frein aux excès de la spéculation. Il y en a encore mille autres … Seule manque la volonté de les prendre…

mardi 26 janvier 2010

Haïti : un drame peut en cacher un autre



Deux évènements apparemment sans aucune relation se sont récemment télescopés.

Suite au terrible tremblement de terre en Haïti, la communauté internationale s’est mobilisée pour venir en aide aux sinistrés. Bernard Kouchner a accéléré les procédures d’adoption pour 276 enfants haïtiens pour lesquels un jugement positif avait été prononcé ; pour les 628 enfants dont les dossiers n’étaient pas clos, le Quai d’Orsay étudiera avec les autorités haïtiennes « toutes les solutions envisageables pour parvenir à leur aboutissement avec les meilleures garanties possibles et dans le strict intérêt supérieur de l’enfant ». On ne peut que féliciter le Premier Ministre et le Ministre des Affaires étrangères de cette démarche humanitaire.

L’autre événement s’est passé sur les plages corses. 124 clandestins ont débarqué près de Bonifacio dont 38 enfants, 9 nourrissons, une personne handicapée et une femme enceinte. On les a immédiatement conduits vers des centres de rétention dans le but affiché de les renvoyer dans leur pays d’origine après avoir examiné leur cas. Par non respect des procédures, ces clandestins ont été remis en liberté mais à terme ils n’échapperont pas au renvoi dans leur pays…

Quel lien entre ces deux évènements ? L’accueil par la France de personnes en difficulté. D’un côté, la prise en charge complète d’enfants haïtiens et de l’autre des enfants traités comme des criminels.
Pourquoi cette différence de traitement ? Parce que le problème des uns a été médiatisé par le tremblement de terre alors que le problème des autres est perçu comme une « agression ». La mobilisation pour les Haïtiens a été sans précédente : les américains, les chinois, l’Europe et bien sûr la France se sont précipités pour aider Haïti dans le chaos. On a assisté à une surenchère indécente de solidarité : on se pousse du coude pour mettre sa générosité en avant. A la limite, on ne peut que se féliciter de ce phénomène, mais avant ce tremblement de terre combien d’entre nous étaient-ils au courant qu’Haïti est l’un des pays les plus pauvres du monde ? Selon les dernières informations de la Banque mondiale, 55% de la population haïtienne vit avec moins de 1 dollar par jour et 70% avec moins de 2 dollars quotidiens. Qui n’a pas vu à la télévision des femmes fabriquer des galettes avec de la terre pour tromper la faim ? Selon le rapport des Nations Unies pour 2009 sur le développement humain, Haïti est à la 149ème place sur 182. Combien sommes-nous à savoir qu’il y a encore beaucoup d’autres « Haïti » sur notre Planète ? Je citerai le Sierra Leone, la Tanzanie, l’Ethiopie, la Somalie, etc. Que fait-on pour eux ? Où est la mobilisation humanitaire ? Pire encore : la détresse de ces pays n’est pas provoquée par une catastrophe naturelle mais par notre égoïsme, celui des pays riches. A part quelques ONG, personne ne joue des coudes pour les aider ! Sait-on que la faim et la malnutrition provoquent des souffrances humaines atroces, tuent chaque année plus de 7 millions d’enfants ? (source FAO).

Faut-il donc qu’il y ait des catastrophes naturelles pour que nous nous mobilisions ? Faut-il faire appel à nos émotions pour que nous réagissions ? Sortons d’une société qui ne marche qu’à l’émotion et à l’affectif. N’y a-t-il pas chez l’homme un autre moteur plus puissant, celui de L’Amour et du don de soi ? A quand la création d’un impôt mondial affiché comme tel qui aurait le double mérite de financer l’aide aux pays pauvres et surtout le mérite principal de nous sensibiliser et de nous impliquer dans notre devoir de solidarité envers eux ?





mercredi 20 janvier 2010

Courage politique ou gesticulation ?


Deux évènements importants et particulièrement encourageants pour la refondation du capitalisme viennent de se passer en ce début d’année 2010 : la colère d’Obama contre les traders et le refus affirmé de Sarkozy que la fabrication de la Clio IV soit délocalisée en Turquie.

Plutôt sympa la démarche d’Obama instaurant une taxe - baptisée « taxe sur la responsabilité de la crise financière » - de 0,15% sur le total du bilan d’une cinquantaine de banques, destinée à compenser l’effort du contribuable américain en faveur du secteur financier ; taxe d’une période minimale de dix ans et qui devrait rapporter plus de 100 milliards de dollars.
Plutôt sympa le discours d’Obama disant « je suis déterminé à imposer cette surtaxe après les annonces relatives aux profits massifs et aux bonus obscènes d’établissements qui ne doivent leurs survie qu’au peuple américain alors que ce dernier continue d’être spolié et de souffrir de cette récession ». Dans le pays du capitalisme et du libéralisme par excellence on ne peut qu’apprécier l’importance du changement : c’est un tsunami ! Plutôt courageuse l’attitude d’Obama qui risque de s’attirer l’hostilité des républicains dans cette période difficile où il doit faire passer sa loi sur la réforme de la santé.

Plutôt sympa aussi Christine Lagarde qui taxe les bonus supérieurs à 27 500 euros réalisés par les opérateurs du marché payés depuis la France, taxe qui devrait rapporter 360 millions d’euros.
Plutôt sympa Sarkozy qui convoque à l’Elysée Carlos Ghosn pour qu’il s’explique sur le projet de délocalisation de la production de la Clio IV sur le site de Bursa en Turquie au détriment de l’usine de Flins dans les Yvelines alors que l’Etat vient d’accorder un prêt de 3 milliards d’euros pour sauver Renault.
Plutôt décevante cette réunion où Carlos Ghosn ne s’est engagé sur aucun chiffre et a seulement proposé qu’un représentant de l’Etat siège au comité stratégique. C’est le moins qu’on puisse proposer au premier actionnaire de l’entreprise en l’occurrence l’Etat qui possède 15% du capital.
Plutôt courageuse l’attitude de Sarkozy qui risque de s’attirer les foudres de Bruxelles voyant d’un mauvais œil cette immixtion de l’Etat dans une entreprise privée et qui risque aussi de s’attirer le mécontentement des instances patronales.

On ne peut que saluer cette salutaire révolte contre la logique économique. Mais quelle est la part de calcul politique et la part de sincérité ? Difficile à savoir ; seul l’avenir a la réponse qui montrera si ces mesures sont ponctuelles ou si elles s’inscrivent dans une démarche de fond de refondation du capitalisme.

mardi 12 janvier 2010

La démocratie dans l’entreprise : des pistes…


Dans l’article d’Antoine Reverchon « Partager autrement le pouvoir dans l’entreprise » dans Le Monde du 14.12.09 voilà ce qu’on lit : « un sondage de la BBC dans 27 pays, publié le 09 novembre, indique que 23% des personnes interrogées estiment qu’il faut changer de système et 51% que le capitalisme doit être réformé. Au-delà de mesures aussi ponctuelles que la taxation des bonus en 2010, les pistes ne manquent pas. Elles vont d’une meilleure prise en compte de la «responsabilité sociale » des entreprises au développement de formes alternatives, mutuelles ou coopératives. Mais certains juristes et experts vont plus loin, proposant une réforme radicale de la distribution du pouvoir entre actionnaires, dirigeants et salariés au sein des entreprises. »
Propos qui confortent notre conviction que c’est par la mise en place de la démocratie dans l’entreprise qu’on trouvera des réponses pour la refondation du capitalisme. Des pistes ont déjà été explorées, d’autres restent à inventer… Essayons de faire schématiquement le point en identifiant les avantages et les inconvénients de chacune.
Coopérative ouvrière (SCOP) : obligation pour les salariés de détenir 51% du capital. Le pouvoir est réparti selon la formule une voix un homme. Avantage : égalité totale entre les salariés actionnaires quel que soit leur apport en capital. Inconvénients : beaucoup (environ 30%) de salariés ne sont pas actionnaires et n’ont pas droit au chapitre ; peu de motivation des actionnaires à s’investir dans une entreprise où ils n’auront que peu de pouvoir. Un coopérateur qui décide de quitter la SCOP ne peut prétendre à valoriser ses parts : la SCOP lui remboursera ses parts sociales au nominal.
Cogestion à l’allemande : un conseil de surveillance composé pour moitié des représentants des actionnaires et pour moitié des représentants des salariés ; le président – qui a voix double - est coopté seulement par les actionnaires. Avantages : représentation effective des salariés au plus haut niveau de la direction de l’entreprise ; ils sont mieux informés et participent aux décisions. Inconvénients : une décision peut être prise sans l’accord des salariés puisque la voix du président fait la différence et qu’il est coopté par les actionnaires ; ce système ne concerne que les entreprises de plus de 2000 personnes et se limite à certaines activités.
Actionnariat : distribution gratuite d’actions à tous les salariés (Bouygues et Auchan sont exemplaires en la matière : 14% de leur capital est détenu par les salariés). Avantages : meilleure répartition des richesses (ce que l’entreprise ne peut pas donner sous forme de salaires parce qu’elle a besoin d’investir, elle le donne sous forme d’actions) ; meilleure implication des salariés dans la marche de l’entreprise car ils sont aussi propriétaires de l’entreprise dans laquelle ils travaillent. Inconvénients : la distribution d’actions est liée à la seule volonté des actionnaires et la plupart du temps, les salariés étant actionnaires minoritaires, ils ont peu de pouvoir dans la marche de l’entreprise. On est toujours dans le même schéma propriété-pouvoir alors que le seul fait d’être salarié doit donner un droit de regard sur la stratégie et le fonctionnement de l’entreprise.
Notation élection : chaque année tous les salariés notent la confiance qu’ils font à leur patron et en cas de non moyenne, élisent un nouveau PDG au ¾ des voix par une assemblée composée de tous les salariés (chacun une voix) et de tous les actionnaires (autant de voix que les salariés mais en proportion de leur apport en capital) cf. billet n°1 du 23.04.09 . Avantages : dans un premier temps, pas de perturbations dans l’entreprise et cela permet tous les « défoulements » ; dans un deuxième temps – si l’élection est nécessaire – le PDG tirera la légitimité de son autorité d’un mandat donné par les deux partenaires de l’entreprise. Inconvénient : ceci n’est applicable que dans les moyennes ou grosses entreprises (plus de 300 personnes).
Consultation annuelle simple : pour les PME on pourrait imaginer une simple notation annuelle du PDG ou du gérant, sans obligation de résultat et sans conséquences sur sa permanence dans le poste, mais avec obligation de publication. Avantage : mesure incitative à une gestion plus sociale. Inconvénient : le patron peut passer outre cette évaluation.
Election par approbation : système qui reste à expérimenter. Le conseil d’administration désigne un PDG et dans les six mois qui suivent, par référendum, les salariés sont appelés à valider ce choix. Avantage : pas de confrontation directe entre plusieurs candidats et donc pas de campagne électorale. Inconvénient : frustration des salariés qui ne peuvent pas proposer des candidats.
Election à candidature multiple : système qui reste aussi à expérimenter. Tous les cinq ou sept ans plusieurs candidats peuvent se présenter à l’ élection au poste de PDG au sein d’une assemblée composée pour moitié de tous le salariés et pour moitié des actionnaires qui auront autant de voix que les salariés mais en proportion de leur apport en capital ; pour être élu, le candidat devra obtenir les ¾ des voix C’est le même principe que la notation-élection mais la différence est qu’il n’y a pas la notation annuelle et que cette élection se fait à échéance fixe (tous les cinq ou sept ans). Avantage : égalité complète entre les salariés et les actionnaires pour présenter leur candidat. Inconvénient : risque de blocage pour les ¾ des voix, ce qui nécessiterait plusieurs tours de scrutin.

Comme on peut le voir les pistes ne manquent pas ; c’est la volonté et le courage qui font défaut. Osons espérer que nos leaders politiques, syndicaux, économiques, puissent prendre conscience de cette urgence à réformer l’entreprise.

mardi 5 janvier 2010

Bilan économique : cherchez l’erreur

Traditionnellement, le 31 décembre est consacré aux bilans en tous genres et entre autres, bien sûr, au bilan économique qui après cette grave crise financière, revêt une importance toute particulière. Dans les différents medias on peut lire que le 28 décembre 2009 le CAC 40 signe son record de l’année avec 3912 points – soit un bon de 22 % depuis le 1er janvier 2009 – et qu’une hausse de 10% est attendue. Le bilan sur le chômage est moins reluisant : le nombre de chômeurs inscrits au Pôle Emploi (catégorie A, B ou C) a progressé de 20,3% en une année soit 675 000 chômeurs de plus en un an pour atteindre 3 790 000 demandeurs d’emploi sans inclure ceux d’Outre-Mer. Ce sont les cadres qui ont été le plus touchés : leurs inscriptions au Pôle Emploi ont augmenté de 22% en un an soit 2 683 400 inscrits en catégorie A et les prévisions sont plutôt pessimistes.

A partir de ces deux bilans, quels constats pouvons-nous faire?
Premièrement il y a certainement un lien de cause à effet entre les licenciements et la remontée du CAC 40. Rien d’anormal à ceci dans la logique d’une société d’économie de marché où le salarié est une variable d’ajustement : la crise a généré une baisse d’activité et par là-même des suppressions d’emplois qui ont permis un rapide retour aux bénéfices. L’anomalie c’est que la crise est d’origine financière et les dommages humains.
Deuxième constat et certainement le plus riche d’enseignement : en cas de crise économique dans une entreprise, quelles qu’en soient les causes, ce sont les salariés qui sont en première ligne et risquent le plus.

Lorsque je parle de démocratie dans l’entreprise, on me réfute souvent que ce sont les actionnaires qui prennent le plus de risque et que c’est normal qu’ils aient le pouvoir ; c’est encore vrai dans les petites entreprises où le capital est en majorité détenu par le dirigeant mais c’est de moins en moins vrai dans les grandes comme le montrent ces statistiques. Raison de plus pour donner à ceux qui risquent davantage le moyen de se prémunir de ces risques par l‘accès au pouvoir, en devenant acteurs et non plus spectateurs de la pérennité de leur emploi, dit autrement en devenant des citoyens et non plus des sujets de leur entreprise cf. billet n°1 du 23.04.09
Qu’y a-t-il de plus grave ? Voir dévaloriser son capital ou perdre son emploi ? Plus on avance en âge, plus les conséquences d’une perte d’emploi sont graves ; retrouver un emploi à vingt ou trente ans est possible, mais dépassé la cinquantaine, c’est pratiquement impossible ; la rubrique des faits divers témoigne au quotidien de ces drames. Car, en termes de risques, ce sont bien les salariés qui sont en première ligne.

dimanche 27 décembre 2009

La grève deviendra-telle illégale ?


On est en droit de penser à l’occasion de chaque grande grève que quelque chose ne tourne pas rond. Comment six cent personnes peuvent-elles aujourd’hui pénaliser près d’1,8 millions de franciliens ? Comment une grève des aiguilleurs du ciel peut-elle bloquer des milliers de voyageurs dans un aéroport ? Comment une grève de routiers peut-elle entièrement paralyser le réseau national ? Ce type de grève tellement impopulaire n’est-il pas appelé à disparaître voire à devenir illégal ? Aujourd’hui en effet on ne pourrait pas imaginer une grève qui priverait d’électricité des milliers de personnes. Conscient de cet anachronisme le gouvernement en a tiré le concept de « service minimum ».
Sans compter que ces mouvements de grèves dérapent souvent : menaces de faire sauter les usines (bombonnes de gaz…), saccages de bureaux ou d'ateliers, séquestrations... Et à juste titre on parle alors de chantage, de violence. Mais n'est-ce pas une violence qui répond à une autre violence, moins physique il est vrai, mais tout aussi grave si ce n'est plus, une violence morale ? Dire à une personne qui travaille dans un atelier depuis plus de vingt ans que son poste va être supprimé ou que son usine va être délocalisée uniquement pour des raisons de rentabilité, n’est-ce pas une violence ? Imaginons-nous tous les dégâts psychologiques et financiers que cela peut entraîner pour elle et pour son entourage ? On peut comprendre que les nerfs puissent lâcher ! Certains diront que rien n'excuse la violence. Je suis d'avis que rien ne l'excuse mais on peut la comprendre ou l'expliquer.

Mais la grève - qui est tout à fait légale – n'est-elle pas elle aussi une violence ?
Violence envers les actionnaires qui en quelques jours peuvent voir détruit le fruit de tous leur efforts ou disparaître toutes leurs économies. Violence envers les salariés qui veulent et ont besoin de travailler et verront malgré eux leur bulletin de salaire amputé. Violence envers les clients qui sont pris en otage avec des conséquences quelques fois dramatiques. Appelons un chat un chat : la grève est ni plus ni moins un acte de violence légalisé, banalisé. Alors, bien sûr, pas question de supprimer ce droit de grève qui est un acquis social important ! Mais est-ce normal que le seul recours des salariés pour se faire entendre soit un moyen violent ? N'y aurait-il pas un autre moyen plus civilisé pour que les premiers partenaires de l'entreprise et qui font sa richesse puissent faire valoir leurs intérêts et trouver des solutions sans avoir recours à la violence et au chantage ? Ce moyen, c'est la démocratie dans l'entreprise qui donnera aux salariés un véritable pouvoir de s’opposer à un patron qui ne les respecterait pas ; de s’opposer à des délocalisations ou licenciements abusifs ; de s’opposer à des conditions de travail et à un management inhumain ; ce pouvoir de la démocratie est beaucoup plus fort que le pouvoir de la violence ; il est le fruit de l’évolution de la conscience collective, de la société et des mentalités ; à quand la citoyenneté économique ? Cf. billet n°1 du 23.04.09

dimanche 20 décembre 2009

Copenhague : le sommet de l’égoïsme

On attendait beaucoup de ce sommet qui pour la première fois réunissait 120 chefs d’Etat et de gouvernement pour le plus grand rendez-vous climatique jamais organisé.

Le premier enjeu était de limiter la hausse de la température de la planète à 1,5° C ou 2° C maximum par rapport à 1990, ce qui correspond à réduire les émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES) de 85% d’ici 2050 par rapport à 1990 pour atteindre l’objectif de 1,5° C et une diminution de seulement 50% pour ne pas dépasser 2° C.
L’autre enjeu était de financer les pays pauvres pour qu’ils puissent eux aussi avoir accès à des énergies propres.
Les discussions furent âpres et finalement ce sommet s’est soldé par une déclaration
politique à minima dans laquelle chaque pays s’est engagé à faire de son mieux mais sans avancer de chiffres.

Pourquoi ce relatif échec ?
Deux principales raisons : le refus de la Chine d’accepter des contrôles et la peur des Etats-Unis que cet engagement les pénalise économiquement et amplifie leur chômage. Il aurait pourtant été certainement possible de trouver un accord, il fallait tout simplement partir de deux constats.

Premier constat :
Les entreprises ne polluent pas pour le plaisir de polluer ; elles polluent parce qu’elles répondent aux besoins de leurs clients : besoin de se déplacer, besoin de se nourrir, besoin de se soigner, besoin de se chauffer, etc. C’est donc sur l’homme en tant qu’individu qu’il faut agir pour réduire les émissions de GES. Mais comme celui-ci est difficilement réceptif à des contraintes éthiques et encore moins à des sanctions financières, ce sont donc les entreprises et les collectivités qui deviennent les interlocuteurs et les acteurs pour limiter les émissions de GES.

Deuxième constat.
Les entreprises ayant de moins en moins de frontières elles peuvent facilement échapper aux contraintes fiscales et écologiques d’un pays en délocalisant ou en créant des sociétés offshores dans des pays où les impositions fiscales sont plus avantageuses et les contraintes écologiques plus souples ou inexistantes. Qui ne connaît le scandale de la manipulation des prix de transfert que les multinationales utilisent pour payer moins d’impôts ? Mais pour les entreprises qui n’opèrent que sur leur sol national, un engagement gouvernemental trop important par rapport à d’autres Etats peut les pénaliser économiquement.

Quelles leçons tirer de ces deux constats ?
Première leçon : c’est sur les entreprises qu’il faut mettre la pression écologique et non sur les Etats.
Deuxième leçon : Il faut dépasser la notion d’Etat et réfléchir plus globalement en ne raisonnant plus sur une planète à 198 pays mais sur une « planète village mondial ». Imposons à toutes les entreprises, quelle que soit leur nationalité ou leur situation géographique, la même réduction de GES. Imposons à toutes les entreprises un impôt mondial pour financer les pays pauvres afin qu’ils puissent investir dans les énergies propres. Le rôle des Etats sera de veiller à la bonne application de ces contraintes et d’encaisser cet impôt mondial. Dépassons nos égoïsmes nationaux et il nous sera alors possible de trouver les réponses pour que la génération d’aujourd’hui permette aux générations futures de vivre sur une planète capable à répondre à leurs besoins.











mardi 15 décembre 2009

Chômage : peut-on l’éviter ?


Le chômage est une des plaies de notre société. Il peut être une atteinte à la dignité de l’homme, il est une dégradation de ses ressources avec des conséquences parfois dramatiques. Tous les gouvernements luttent contre le chômage avec plus au moins de succès. Y a-t-il une fatalité du chômage ou peut-on espérer l’éradiquer un jour ?

Le système capitaliste est basé sur la compétition et qui dit compétition dit des gagnants et des perdants ; dans cette logique, on n’empêchera jamais des entreprises de déposer leur bilan et des salariés de se retrouver au chômage. La compétition nous permet d’avoir le meilleur de la qualité, du prix, du service, mais elle a ses revers. Je voudrais bien suivre tous ceux qui disent « il faudrait interdire de licencier » et savoir s’il portent toujours les mêmes marques de vêtements ou consomment toujours les mêmes marques de produits alimentaires ! Ils sont comme tout le monde : ils zappent en fonction de la dernière promotion ou innovation… Et quand on zappe on crée un emploi d’un côté et on en supprime un de l’autre. Si l’on tient compte de cette logique on comprend que le chômage est inévitable.

Par contre il y a des moyens de le limiter et d’atténuer ses effets désastreux. Ce sont toutes les aides sous différentes formes qui sont apportées (RSA, Allocations chômage, etc.) Certains préconisent le partage du travail et on a vu venir les 35h, idée sympathique mais un peu dérangeante ; d’abord parce qu’elle est imposée ensuite parce qu’elle ne concerne pas tout le monde (professions libérales, commerçants, chefs d’entreprise…) : pourquoi demanderait-on les efforts de solidarité toujours aux mêmes personnes – souvent les plus défavorisées - ? Dans le cadre de la refondation du capitalisme il y aurait certainement d’autres pistes à creuser, par exemple :

Favoriser un meilleur discernement dans les investissements

Est-il urgent et vital de remplacer les hôtesses d’accueil des cinémas par des bornes pour distribuer les billets ? Est-il urgent et vital d’ inciter dans les gares les voyageurs à prendre leurs billets à des distributeurs automatiques ? Est-il urgent et vital de supprimer les hôtesses de caisse des supermarchés au profit de caisses automatiques ? Tous ces investissements dont le gain est infime en regard des dégâts causés ne devraient-il pas être soumis à une imposition dissuasive ?

Favoriser la création d’entreprises citoyennes

telles que « Mosquito Washer » créée par Christophe-Hugues LORIOT, ancien érémiste qui a vécu la galère d’une recherche d’emploi et qui, compte tenu de son expérience, veut donner la chance à des personnes marginales en recherche d’emploi de retrouver leur dignité et des ressources décentes. Il propose donc à des chômeurs longue durée un emploi de pompiste en CDI à temps partiel (24h à 27h par semaine) et leur garantit le Smic horaire. L’objectif n’est pas qu’ils restent pompistes à vie mais de favoriser des contacts à travers leur travail de pompiste avec de futurs employeurs et de retrouver un véritable emploi. Chaque pompiste remet une carte de fidélité avec son nom et au dos le métier qu’il recherche ; s’il trouve un emploi « Mosquito Washer » le libère rapidement et si çà ne marche pas, s’engage à le réembaucher. Cette démarche inscrit les super et hypermarchés clients de « Mosquito Washer » dans une solidarité qui ne peut qu’être profitable à l’image de l’enseigne et leur donne l’avantage d’offrir un service plus complet à leur clientèle.

Inviter les dirigeants à recruter des personnes au chômage longue durée

par la création d’un statut de chômeur longue durée (1 ou 2 ans) avec des avantages à la clé pour l’entreprise qui les embaucherait. Une entreprise bien gérée et qui gagne honnêtement sa vie a toujours une marge de manœuvre pour recruter au-delà de ses besoins un chômeur longue durée - qu’il s’agisse d’un simple ouvrier ou d’un ingénieur - dans une limite raisonnable, bien entendu. Ce qui peut apparaître comme une charge supplémentaire deviendra vite une chance ne serait-ce que par le message très fort de solidarité que l’entreprise fera passer en interne et en externe. Bien sûr, cela va à l’encontre de la sacro-sainte loi de la rentabilité, mais le profit maximum à tout prix a-t-il toujours sa place dans la refondation du capitalisme ?

samedi 5 décembre 2009

Les syndicats : le meilleur et le pire

Invités par l’association des journalistes de l’information sociale, les dirigeants des huit syndicats français ont planché ensemble ce lundi 16 novembre sur l’avenir du syndicalisme.
Au regard des 7,6% de salariés syndiqués – taux le plus bas de l’OCDE et régulièrement en baisse en France notamment - on est en droit de se demander si le syndicalisme tel qu'il existe aujourd'hui peut encore être crédible et efficace longtemps.
Bien sûr, il ne s'agit pas de remettre en question le syndicalisme et la présence syndicale dans les entreprises – ils ont été à l'origine de toutes les grandes avancées sociales : congés payés, semaine de 4Oh... - et dont la nature profonde est de préserver les intérêts des salariés – qu'ils soient ouvriers ou cadres - et de veiller à la bonne application du droit du travail ; mais le syndicalisme ne doit-il pas prendre une autre forme ?
Dans le cadre de la refondation du capitalisme, il est nécessaire de penser comment donner aux syndicats la place qu'ils méritent. Aujourd'hui ils ne représentent que 5% des salariés dans le privé et 1O% dans le secteur public.
Serait-il utopique que l'adhésion syndicale devienne automatique lorsqu'on a un bulletin de salaire ? Libre à chacun évidemment, d'adhérer au syndicat de son choix. On passerait à 1OO % d'adhérents avec tous les avantages conséquents aussi bien pour les syndicats que pour les dirigeants : plus de crédibilité, plus d'efficacité … et - autre avantage non négligeable – pas de discrimination syndicale : le patron aurait du mal à faire la différence entre celui qui adhère à un syndicat pour s'opposer au patron et celui qui adhère à un syndicat parce que c'est obligatoire ; et de plus, cela serait un frein à la politisation du syndicalisme.
Serait-il utopique que le coût d'adhésion au syndicat soit assumé par le CE ou l’entreprise (à négocier) ? Mesure-t-on l'effort financier que cela représente pour un modeste salarié le fait de payer une cotisation syndicale si minime soit-elle ? N'est-ce pas un frein à prendre sa carte syndicale ?
Serait-il utopique que la désignation des représentants syndicaux soit validée par les salariés ? Est-il normal qu’un chef d’entreprise ne puisse pas appliquer un accord d’entreprise validé par l’ensemble des salariés si celui-ci n’est pas signé par le représentant syndical dont la légitimité repose sur une désignation extérieure ?
La refondation du capitalisme passe aussi par la refondation du syndicalisme : mais est-on prêt à l'entendre ?
Il n'y a rien d'utopique dans ces propositions ; c'est une question de bon sens ; mais la nature humaine fait que l'on voudrait que les autres changent et qu'on a du mal à se remettre soi-même en question ; c'est la paille et la poutre...
Anecdote significative : comme vous le savez, suite à mon dépôt de bilan, j'ai dû faire un plan social et dans le souci de transparence et de concertation, j'ai eu avec mon délégué syndical une réunion d'approche à ce sujet ; tout naturellement, je lui ai demandé de collaborer à ce plan social ; sa réponse fut nette : «vous faites ce que vous voulez, mais ne touchez pas à mes adhérents». Sans commentaires !

mardi 1 décembre 2009

Michaël Moore : un prophète moderne

Au-delà de son extraordinaire talent de cinéaste, Michaël Moore est un véritable prophète ; il a l’intuition que ce monde qui marche sur la tête ne pourra pas durer longtemps et qu’il y a urgence à rectifier le tir sous peine d’aller « droit dans le mur ». Au début de son film « Capitalism : a love story » que je vous invite vivement à voir, il fait le parallèle entre la décadence de l’empire romain et celle de « l’empire » américain et j’ajouterai la décadence du monde occidental. Il dénonce « la mafia » de wall-street mais on comprend bien que cette dénonciation s’adresse au monde financier en général. Dans ce film - qui est plus un documentaire qu’un film – on voit des gens ordinaires dont les vies ont été ravagées par le capitalisme ordinaire comme ces fermiers piégés par les subprimes, expulsés du jour au lendemain sans ménagement et prêts à se venger. L’administration Bush n’est pas ménagée et on découvre sa connivence douteuse avec le monde des affaires…

Michaël Moore traite ce film avec humour. Certaines scènes sont irrésistibles de drôlerie. Par exemple, lorsqu’il demande à un courtier ce que sont les produits financiers dérivés, et que devant la complication des explications, dépité, il renonce à comprendre et pose une ultime question « les journalistes sont-ils à même de comprendre ? », « ils en sont incapables » répond le courtier « et si l’un d’eux comprend, on l’embauche à wall-street » ! De même lorsqu’à la fin du film il boucle le périmètre de wall-street avec un long ruban jaune comme en utilise la police américaine et prend son mégaphone pour inviter les responsables à sortir les mains en l’air ! Son côté Don Quichotte nous rend Michaël Moore encore plus sympathique et plus attachant. On a envie de répondre présent à l’appel qu’il nous lance à tous de le rejoindre ; il se sent souvent seul dans ce beau combat.

Un seul regret dans ce film ; Michaël Moore ne propose pas vraiment d’alternatives. Dans son reportage on voit le fonctionnement d’une société dans laquelle tous les salariés sont actionnaires ; mais il ne nous dit pas si c’est vraiment la solution et en plus il n’y a rien de très novateur dans cette démarche.
Très impressionnant aussi le discours de Roosevelt sur les droits de l’homme qui n’a malheureusement pas été suivi d’effets puisqu’il est mort un an après.
Michaël Moore nous fait comprendre que la démocratie est une réponse à cette dictature financière mais il ne l’associe pas à l’entreprise. Et si une des solutions était justement la démocratie dans l’entreprise ? Cf. Billet n°1 du 23.04.09 Merci Michaël Moore pour votre courage, votre talent, votre lucidité.
Comme le dit le « Canard enchaîné », « au bout de ces deux heures on se demande pourquoi il n’y a pas de Michaël Moore français ! ».

Bienvenue !

Le 4 avril 2009 à Londres se sont réunis les chefs d'état des pays les plus riches de la planète : le G20. L'ambition affichée était de refonder le capitalisme (cf. N. Sarkozy). En fait de refondation, nous avons eu droit à un ravalement. On connaissait le bluewashing, le greenwashing, maintenant nous connaissons le whitewashing.
Le G20 a montré du doigt les paradis fiscaux et a remis en question les bonus des patrons. Mais nous l'avons bien compris : rien de fondamental pour le capitalisme dont la pierre angulaire est la loi du plus fort.
Il y a donc urgence à faire émerger des idées concrètes pour refonder le capitalisme et donner de l'espoir à ceux qui se refusent politiquement parlant d'avoir à choisir entre une droite qui fait allégeance complète au capitalisme, une gauche en panne d'imagination et une ultragauche en pleine utopie.
Voilà tout l'objet de ce blog : exprimer des idées, réagir, commenter ...