lundi 23 mai 2011

La Valeur d’Exemplarité

Sans présumer de la décision du tribunal américain concernant cette lamentable affaire de DSK et encore moins sans porter un jugement sur sa part de responsabilité, cet événement nous questionne sur la valeur d’exemplarité. Que ce soit pour une mère ou un père de famille, un responsable associatif, un élu ou un chef d’entreprise… l’exemplarité est hyper importante et pour deux raisons.

Le mimétisme : qu’on soit enfant, adolescent ou adulte on a tendance à prendre pour modèle ce qui est dessus de nous. On ne pourra jamais imaginer les dégâts psychologiques chez les jeunes et les moins jeunes faits par le coup de boule de Zidane sur Materazzi en juillet 2006 lors de la finale de la coupe du monde de football. Ce que l’on se permet au plus haut niveau banalise le comportement des niveaux inférieurs. Beaucoup de chefs d’entreprise sont loin de comprendre qu’il est difficile de demander à un salarié un effort - financier ou de travail – si eux-mêmes ne font pas le même effort.

La deuxième raison pour laquelle la valeur d’exemplarité est importante c’est qu’elle permet une meilleure adhésion à sa personne de ceux dont on est responsable. Un père de famille honnête qui a le souci de ses enfants, de sa famille, a plus de chance d’avoir leur adhésion que celui qui ne pense qu’ à lui. Pour un chef d’entreprise un comportement honnête et loyal, suscitera respect et adhésion. La valeur d’exemplarité va aussi de pair avec la simplicité et l’humilité. Un homme politique qui est en permanence dans le « bling-bling » va créer une distance supplémentaire entre ses électeurs et lui. Si tous nos responsables : hommes politiques , chefs d’entreprise … avaient conscience de cette valeur d’exemplarité, ils seraient certainement moins décriés et plus respectés.





mercredi 18 mai 2011

Yoplait ou la banalisation de la dictature financière

Yoplait était à vendre. Le fonds d’investissement PAI partners (Parisbas Affaires Industrielles) avait mis en vente sa participation de 50% . Neuf prétendants se sont mis sur les rangs ; trois fonds d’investissement (Bains Capital, Lyon Capital et Axa Private Equity), le mexicain Lala, le chinois Bright Food, l’américain General Mills, le suisse Nestlé, les français Bel et Lactalis. Finalement, c’est l’américain General Mills (6ème groupe alimentaire mondial) qui a racheté pour 800 millions d’euros 51% du numéro 2 mondial du yaourt. Sodiaal (ou le Groupe Yoplait) cédant 1% supplémentaire pour que General Mills devienne majoritaire.

Mais qu’en pensent les 1300 salariés du groupe Yoplait ? Ont-ils des garanties sur les salaires, sur les conditions de travail, sur la pérennité des trois sites (Monéteau dans l’Yonne, Vienne dans l’Isère, Le Mans dans la Sarthe) ? Pourquoi n’ont-ils pas eu leur mot à dire ? Ne risque-ton pas de voir ce qui s’est passé à Marseille pour Lipton où malgré des bénéfices Unilever a fermé le site et mis 300 personnes au chômage ?

A travers cet exemple on mesure encore une fois les bienfaits que la démocratie dans l’entreprise aurait pu apporter dans cette transaction ; les hommes ne sont pas des marchandises : on ne doit pas pouvoir les vendre comme des « esclaves ». Seuls les actionnaires ont décidé. N’y a-t-il pas quelque chose d’indécent ?
Plus grave : personne ne s’offusque ; les syndicats ont eu des réactions plutôt molles ; Monsieur Thierry Renaudin, délégué CGT de Yoplait premier syndicat du Groupe, a déclaré « Nous sommes choqués par la décision de Sodiaal de diminuer sa part. Yoplait est une marque française et doit le rester. On attend des précisions ». Pas un mot sur le fait que les salariés n’aient pas été consultés .

On a banalisé cette dictature financière comme si elle était incontournable. Il est temps de nous réveiller, de prendre conscience que le capitalisme doit évoluer …





mardi 3 mai 2011

Droit d’ingérence ou Devoir d’assistance ?


On ne peut que se féliciter que la communauté internationale sous mandat de l’ONU et à l’initiative de la France intervienne pour empêcher que Kadhafi, sous prétexte de maîtriser la révolution, massacre son peuple.
C’est ce qu’on appelle le « Droit d’ingérence » ou que l’ONU appelle pudiquement la « Responsabilité de protéger ».
Dans le « Droit d’ingérence », on se donne le droit d’intervenir dans un conflit pour des raisons humanitaires, politiques ou économiques. Cela a été le cas en Irak, au Kosovo, en Afghanistan ou au Darfour.
Si l’on remplaçait le concept du « Droit d’ingérence » par le concept du « Devoir d’assistance », ce ne serait plus un droit mais une obligation pour la communauté internationale de porter assistance à ceux qui souffrent.

Au nom de la démocratie et des droits de l’homme les pays dits riches sont prompts à intervenir dans les conflits mais ont-ils le même zèle d’intervention dans les pays où la population souffre de la faim par manque de nourriture et de maladie par manque de médicaments ? Je pense que s’ils le faisaient les interventions aussi bien en Afghanistan qu’en Irak seraient beaucoup plus crédibles ; n’est-ce pas paradoxal qu’au nom des droits de l’homme on puisse intervenir en Libye et en même temps remettre en question l’accord de Schengen pour ne pas recevoir les réfugiés tunisiens entre autres ?

Mais là, nous nous heurtons à la logique du chacun pour soi et de l’égoïsme. Sommes-nous prêts à recevoir des étrangers ? Sommes-nous prêts à payer les matières premières à leur juste prix ? Un sondage nous dit que 80,5% des français trouvent le chocolat trop cher et seulement 19,5% trouve son prix normal (cf. question d’internautes dans Le Figaro du 25.04.2011). Même si la spéculation n’est pas étrangère à cette hausse, quand on sait que les principaux pays producteurs de chocolat sont des pays pauvres - Côte d’Ivoire, Ghana, Nigeria, Indonésie…- on devrait plutôt se réjouir ! Sommes-nous prêts à taxer les opérations financières - Taxe Tobin - pour dégager des ressources afin d’aider les populations en danger ? Sommes-nous prêts à revoir notre niveau de vie … ?

Le Devoir d’assistance devra être inscrit dans la refondation du capitalisme.





mardi 26 avril 2011

Révélation tardive


Après plus de trente ans de pratique politique dont quatre de présidence de la République, Nicolas Sarkozy a eu une « révélation » !

Lors de sa visite de l’usine « La Fonte ardennaise » à Vivier-Au-Court, le chef de l’Etat a déclaré que
« quand il y a la reprise, j’affirme qu’il est normal que les salariés et les ouvriers à qui l’on a demandé des efforts pendant la crise bénéficient de cette reprise, c’est un principe sur lequel je ne cèderai pas (…) Dans les grandes entreprises, s’il y a une forte augmentation des dividendes, il faudra que les salariés en aient une partie et il faut obliger ces entreprises à négocier » (cf. Le Figaro du 20 avril 2011).
On retrouve ces mêmes propos à l’occasion de la visite d’une usine du Groupe Alcan à Issoire « S’il y a une prime pour les actionnaires, il faut avoir une prime pour les salariés (…) Je ne peux pas accepter que pour les entreprises du CAC 40 on ait pu distribuer plus de 40 milliards d’€ de dividendes pour les actionnaires et que, en même temps, on explique qu’il n’y ait pas d’argent pour les salariés » (cf. Les Echos du 09 avril 2011).

Comme si c’était nouveau, Nicolas Sarkozy prend subitement conscience qu’il est anormal que dans l’Entreprise les richesses soient si mal partagées et découvre les bien fondés d’une meilleure répartition des bénéfices. On peut regretter que cette « lumière » vienne un peu tard et juste à un an de l’élection présidentielle…. Mais soyons positifs ; dans la logique d’évolution de sa réflexion, on est en droit de penser que le chef de l’Etat trouvera aussi anormal que dans l’Entreprise le pouvoir soit détenu uniquement par les actionnaires alors que ce sont les salariés qui non seulement font la richesse de l’Entreprise mais risquent le plus : leur emploi. Comprendre que finalement la démocratie dans l’Entreprise peut être un bon moyen pour éradiquer ces disparités indécentes tant sur le plan psychologique que matériel.

Combien faudra-t-il d’élections présidentielles pour que la « lumière » vienne sur nos hommes politiques ?

On était en droit de s’attendre à ce que nos responsables syndicaux s’engouffrent dans cette brèche ouverte par Nicolas Sarkozy ! Mais ils font la « fine bouche ». François Chérèque de la CFDT regrette que cette mesure ne soit pas appliquée à tous les salariés et juge que la prime va les diviser (cf.« Les Echos » du 22 avril 2011). Quant à la CGT elle a souligné l’improvisation de la démarche et la tentative électoraliste qui va limiter la hausse des salaires. Même si elles sont justes, ces réactions syndicales sont bien négatives. Il aurait été plus judicieux pour les syndicats de profiter de cette nouvelle approche du chef de l’Etat et de réclamer une véritable citoyenneté économique faisant ainsi valoir que les salariés ne sont pas des mercenaires : ils ont droit à la responsabilité et à la dignité tout autant que les actionnaires.











jeudi 21 avril 2011

Le prix de l’émancipation


S’émanciper a un coût,
que ce soit pour un jeune qui quitte sa famille et va « manger de la vache enragée »,
que ce soit pour le salarié qui préfère quitter l’entreprise au risque de ne pas retrouver un emploi mais ne peut plus supporter un supérieur qui lui manque de respect,
que ce soit pour les Etats qui ont voulu s’affranchir du colonialisme et conquis leur indépendance,
que ce soit pour les esclaves qui, une fois affranchis, se sont retrouvés sans employeur,
l’émancipation a un prix.

Le prix à payer pour ceux qui veulent aujourd’hui s’affranchir de la dictature financière, est important et non sans conséquences douloureuses.
C’est la fuite des capitaux, la fuite des patrons les plus performants, une croissance moindre, un chômage en augmentation, la baisse du niveau de vie… (je pense que le journal « Le Figaro » a parfaitement raison en affirmant que le projet du PS augmenterait la pression fiscale de 50 milliards d’€ en cinq ans).

La refondation du capitalisme passera inévitablement par une période de vaches maigres.

Mais ce prix est avant tout un investissement pour demain où nous connaîtrons une croissance en augmentation, moins de chômage, moins de pauvres, plus de respect pour les salariés, en un mot une société qui apportera à tous une meilleure qualité de vie.
Faire croire qu’on peut changer notre société sans cet investissement, c’est tromper les français. Mais les français sont-ils prêts à payer ce prix ?
Seule la foi peut nous aider à passer ce cap difficile : foi en l’Homme, foi en un monde meilleur, foi dans les Valeurs ; et c’est peut-être en ce sens que Malraux a dit « la vingt-et-unième siècle sera spirituel ou ne sera pas ».










mardi 12 avril 2011

La cogestion : un plat réchauffé


Les socialistes viennent de présenter leur projet pour l’élection présidentielle de 2012 ; ce programme comporte vingt mesures phares dont, entres autres, la présence des salariés dans les conseils d’administration.

Cette mesure fait appel au concept déjà ancien de la cogestion (cf. billet n°35 du 12.01.10). Non seulement cette idée n’est pas nouvelle – il y a déjà depuis longtemps obligation pour les entreprises de plus de 50 personnes que des élus du Comité d’Entreprise (CE) participent au Conseil d’Administration mais, il faut le reconnaître, seulement avec un avis consultatif – mais en plus cette mesure est un bien mauvais service que le PS rend au concept de la Participation, idée chère au Général de Gaulle(cf. billet n° 77 du 16.11.10). Cela nous renvoie à la cogestion qui est rejetée par tous : par les patrons qui ne veulent pas céder un poil de leurs prérogatives ; par les salariés qui ne sentent pas l’intérêt de leur présence à un conseil d’administration qui ne leur apporte aucun pouvoir et dans lequel ils seraient impuissants à s’opposer à des décisions prises au préalable dans des conseils d’administration « souterrains » … En termes de rapports de force entre salariés et actionnaires il n’y a donc aucune avancée. Cette cogestion n’est ni chien ni loup.

Ne parlons plus de cogestion et encore moins de participation financière qui, souvent, ne sont que des miettes données aux salariés et ne concernent que peu d’entre eux.
Ayons plutôt le courage de leur donner un réel pouvoir dans l’entreprise à égalité avec celui des actionnaires, celui, entre autres, de participer au choix de leur patron, de s’opposer à des décisions dont les uniques bénéficiaires seraient les actionnaires…
Il est temps d’avoir le courage de parler d’une entreprise démocratique et d’une citoyenneté économique. (cf. billet n°1 de ce blog)
Le message que je voudrais faire passer aux futurs candidats à la présidentielle : surtout ne parlez pas de cogestion ! Soit vous avez le courage de parler de démocratie dans l’entreprise ou de citoyenneté économique, soit vous en restez au basique : meilleure protection contre le chômage, emploi, salaires, etc.













mardi 5 avril 2011

Le fond et la forme


Dans la relation avec les autres, dans le cadre de la famille, du voisinage, des amis mais plus encore dans celui de l’entreprise, on n’a pas toujours conscience que la forme est aussi importante que le fond.
Certes, nous pouvons rendre service à quelqu’un, prêter de l’argent … mais si nous n’y mettons pas la forme, la politesse, l’écoute, la bienveillance… tout ce que nous donnons non seulement ne sera pas apprécié à sa juste valeur mais nous sera peut-être reproché ; qui n’a pas entendu cette réflexion « après tout ce que j’ai fait pour lui (ou pour elle) ! Quelle ingratitude ! ». Mais, y a –ton mis la forme ? Dans le film « Ma part du gâteau » le trader comble sa maîtresse de cadeaux luxueux mais cela n’empêche pas cette dernière de lui dire dans leur scène de rupture : certes, tu es généreux mais tu ne sauras jamais aimer parce que tu ne sais pas donner.
La forme c’est aussi le ton de la voix ; on peut « aboyer » un ordre ou au contraire l’accompagner d’un « s’il vous plaît ». La forme, que l’on pourrait appeler la bonne manière, est indispensable ; elle répond à ce besoin fondamental d’être reconnu, d’être respecté ; elle participe tout simplement à la valeur de Dignité.
Dans l’entreprise plus que partout ailleurs elle est nécessaire. Combien de salariés sont mis devant le fait accompli sans qu’on leur demande leur avis ? Dernièrement, nous avons eu au plus haut niveau un exemple de cette goujaterie. Après sa rencontre avec BHL, le Président de la République a fait savoir que la France allait intervenir militairement en Lybie ; sur le fond, cette décision peut paraître tout à fait logique ; mais y a-t-il eu la forme ? Nicolas Sarkozy n’aurait-il pas du s’entretenir avec Alain Juppé avant de prendre cette décision ? Le ministre des affaires étrangères l’a appris par les journalistes ! Nos partenaires européens – à commencer par les Allemands – ont eux aussi été mis devant le fait accompli. Ne cherchons pas plus loin les raisons de la colère de la chancelière allemande…
Ce tact, ce savoir-faire, ne s’apprend pas dans les Ecoles de Management et c’est bien dommage parce qu’il en est une des clés.
La forme bien sûr, comme nous l’avons vu, est importante pour répondre à ce besoin de reconnaissance ; mais c’est quand-même le fond qui prime.
Le fond, c’est aujourd’hui la demande des pays arabes qui réclament la démocratie et sont prêts à donner leur vie pour l’obtenir.
Le fond, dans l’entreprise, c’est la citoyenneté économique qui est l’ultime réponse à ce besoin de reconnaissance ; un pas important à franchir devant lequel beaucoup hésitent. Il a fallu attendre des siècles pour que les hommes s‘affranchissent de l’esclavage ; espérons qu’il faudra moins de temps pour s’affranchir de l’esclavage économique !




mardi 29 mars 2011

Et si on changeait les paroles de la Marseillaise ?


Pour intervenir régulièrement sur le thème de l’Ethique devant des étudiants je mesure le poids des mots et leur puissance : avec des mots, on peut tuer. Des mots tels que générosité, bonté, reconnaissance, Amour… font écho au meilleur de l’homme. Des mots tels que haine, vengeance, domination… font appel à son égoïsme.
Or notre hymne national nous parle de « sang impur », « égorger », « étendard sanglant », « aux armes »… qui réveillent en chacun de nous les instincts les plus agressifs. N’y a-t-il pas une contradiction entre une société qui a le souci de revenir à la morale et où l’on dénonce la violence dans l’économie et l’entreprise d’une part et cet hymne qui entretient la violence et nos instincts les plus belliqueux d’autre part ? C’est en partie cette réflexion qui a conduit Graeme ALLWRIGHT en collaboration avec Sylvie DIEN à proposer un changement des paroles de la Marseillaise 

« Pour tous les enfants de la terre
"Chantons amour et liberté.
« Contre toutes les haines et les guerres
« L’étendard d’espoir est levé,
« l’étendard de justice et de paix.
« Rassemblons nos forces, notre courage,
« Pour vaincre la misère et la peur.
« Que règne au fond de nos cœurs,
« L’amitié, la joie et le partage.

« La flamme qui nous éclaire
« Traverse les frontières.
« Partons, partons, amis, solidaires,
« Marchons vers la lumière.

Ces paroles sont belles ; elles ressemblent à la France, le pays des Droits de l’homme. On aurait plaisir et fierté à les chanter, sur la même musique que la Marseillaise actuelle, sans pour autant renier notre histoire, au contraire.
Le 27 février 2008, Sylvie DIEN, secrétaire de l’association « La Marseillaise de Greame ALLWRIGHT (MGA), a adressé au Président de la République Française une lettre dont voici le texte :

"Suite au projet de réforme de l’école primaire annoncée par Monsieur Xavier DARCOS, ministre de l’Education Nationale, pour la prochaine rentrée scolaire de septembre 2008, concernant en particulier l’apprentissage de l’hymne national français pour les enfants à partir du CP, nous venons solliciter par ce courrier votre attention et votre compréhension.
L’apprentissage de la Marseillaise et de son histoire sont devenus obligatoire à la rentrée 2005, comme le prévoyait la loi Fillon. Cependant, cette décision n’a pas - ou peu – été appliquée pour cette raison essentielle et peut-être décisive : le contenu de son texte.
Gilles MOINDROT secrétaire général du principal syndicat des professeurs des écoles et enseignants du Primaire (SNUIPP – FSU) avait noté qu’une « présentation sans aucune aide historique serait dangereuse » face à des paroles comme « sang impur », « bras vengeurs » ou « égorger ».
Et la réalité est bien qu’une grande majorité des enseignants du Primaire refusent l’idée de mettre dans la bouche, dans la tête et dans le cœur de leurs jeunes élèves ces paroles, aussi belliqueuses que sanguinaires.
Comme vous le savez, le titre original de ce texte est : « Chant de Guerre pour l’Armée du Rhin » ainsi nommé par son auteur ROUGET DE LISLE dans la nuit du 25 au 26 avril 1792 à la veille de cette terrible et épouvantable période de l’histoire de France : « La Terreur ».
En septembre 2005, le chanteur Greame ALLWRIGHT, bien connu depuis plus de 40 ans pour son authenticité, sa force de conviction, sa volonté d’utiliser les dons qu’il a reçus pour donner à son tour aux autres, sa ferveur et sa façon atypiques d’interpeller la conscience de chacun, s’émeut devant ces jeunes enfants qui chantent « qu’un sang impur abreuvent nos sillons » et décide de composer un autre texte qui symboliserait un appel à la Paix plutôt qu’une incitation à la guerre.
Et en effet, Monsieur le Président, ne serait-il pas enfin temps de remplacer ce chant de guerre qu’est la Marseillaise par un chant de paix ?
Sans chercher en aucune façon à dénigrer le travail de Monsieur ROUGET DE LISLE et avec tout le respect que nous lui devons, ne serait-il pas enfin temps de placer son texte dans les livres d’histoire des collèges, où des professeurs ayant fait des études appropriées pourraient expliquer cette période de l’histoire de France à leurs élèves ?
Ne serait-il pas temps de prôner l’Amour, la solidarité, la justice, l’espoir et la paix enfin, auprès de nos jeunes enfants qui seront les adultes de demain ?
Cela n’irait-il pas dans le sens de la réforme de Monsieur Xavier DARCOS qui demande le retour de la « morale » dans nos écoles primaires, cette théorie de l’action humaine qui a pour but le Bien, cet ensemble de règles de conduite considérées comme valable de façon absolue et que j’ai moi-même essayé de vivre pendant 25 ans avec mes jeunes élèves de 6 à 8 ans ?
Nous espérons que vous voudrez bien lire avec bienveillance le texte que nous joignons à ce courrier, chant pacifiste et humanitaire, écrit de la main de Greame.
D’autre part, nous sommes en pleine préparation d’un documentaire sur « La Marseillaise de ses origines à nos jours », documentaire qui sera diffusé sur France 2, avec l’aide de Gérard HOLTZ qui fait partie du comité de soutien de l’Association que nous avons créée à ce sujet en octobre 2005 et dont le site est : mga.asso.fr
Nous savons – vous vous êtes plusieurs fois exprimé très clairement sur ce sujet – que vous n’accepterez jamais la banalisation de la violence et de la peur.
Serez-vous, Monsieur le Président, celui qui osera et qui saura mettre un terme à toutes les tergiversations et tous les faux-fuyants dont la Marseillaise fait l’objet depuis tant d’années ?
D’autres pays ont changé les paroles de leur hymne national ou en ont adopté un récemment : Canada (1980), Chine (1982), Australie (1984), Allemagne (1990), Ethiopie (1992), Afrique du Sud (1994), Cap-Vert (1996), Japon (1999), Russie (2001), Biélorussie (2002), par décision prise par le gouvernement ou par référendum…
Avec l’espoir d’une réponse de votre part et peut-être d’une rencontre si vous le souhaitez, nous vous prions de croire, Monsieur le Président, en l’expression de notre respectueux dévouement.
Fait à CHINON, le 27 février 2008, Sylvie DIEN
« Le jour où les politiques décideront de changer les paroles de la Marseillaise, ce sera un grand jour pour la France. » Greame ALLWRIGHT, octobre 2005.

Le Chef de Cabinet de Nicolas SARKOZY a répondu à cette lettre que ce changement n’était pas à l’ordre du jour ! Pourtant la modification des paroles de la Marseillaise participerait à la refondation du capitalisme qui passe par un changement des mentalités. Et cela commence par l’éducation ! Il est en effet navrant que notre hymne national appelle à la haine et à la vengeance au lieu de véhiculer des messages de solidarité et d’humanité. Je vous invite à signer cet appel.


















mardi 22 mars 2011

Pour ou contre le nucléaire ?


La catastrophe au Japon a réouvert le débat sur le bien-fondé de l’énergie nucléaire : faut-il fermer les centrales nucléaires et les remplacer par des énergies moins polluantes telles que le vent, le soleil, la biomasse… ? A priori, on est tenté de réponde « oui » sans hésitation.
Cependant, quand on sait qu’en France 75% de l’électricité est produite par les 58 réacteurs d’EDF et que pour compenser cette suppression il faudrait :


· plus de 11 000 éoliennes sur notre littoral pour remplacer le parc nucléaire ( et encore on serait loin du compte selon le chiffre fourni par un promoteur de l'éolien des turbines en mer qui tournent à pleine puissance seulement à 35% du temps : il faudrait donc fournir du courant autrement pour les 65% du temps restant. Cf. Fabrice Nodé-Langlois dans Le Figaro du 15mars 2011 "sortir du nucléaire, une idée irréaliste")

· une surface équivalente à 376 000 ha de panneaux photovoltaïques soit l'équivalent d'un département comme le Tarn et Garonne (cf. Dvid Pujadas dans son JT du 23 mars 2011) et que ces panneaux ont un rendement moindre en hiver et nul la nuit et dont on peut difficilement stocker l'électricité

· et que les énergies fossiles (gaz, charbon, pétrole…) sont génératrices d’émissions de gaz à effet de serre (GES) qui, comme tout le monde le sait, participent au réchauffement de la Terre…

on se rend compte que la réponse n’est pas évidente !

De tous temps, l’homme a essayé de maîtriser la nature et les éléments, c’est dans l’ordre naturel des choses ; pourquoi aujourd’hui faudrait-il faire marche arrière et renoncer à ces progrès scientifiques dans tous les domaines (médecine, agriculture , transports, énergie…) ? Par manque de courage ? Je ne le pense pas. Serions-nous devenus frileux ? Je ne le pense pas non plus.
Il ne s’agit pas ici de sous-estimer le danger du nucléaire qui est une énergie hyper dangereuse mais de se donner les moyens d’arriver au risque zéro.
A-t-on remis en question l’aviation sous prétexte qu’elle est un transport dangereux ? Remet-on en question la voiture sous prétexte qu’en France elle faite 4 000 morts par an ? Les Américains ont-ils renoncé à conquérir la Lune alors qu’à l’évidence ce n’était pas un voyage tranquille ? Non !
Et, quoique j’ai beaucoup de sympathie pour tous les défenseurs de l’écologie, je pense sincèrement qu’ils perdent de leur crédit en proposant de faire l’impasse sur l’énergie nucléaire ; ils devraient garder leurs énergies pour d’autres combats plus importants et prioritaires à mener pour éradiquer la faim et la pauvreté dans le monde qui, elles, font 30 millions de mort par an.
Seulement, nous sommes beaucoup plus sensibles à une catastrophe nucléaire qui pourrait arriver chez nous qu’au fait qu’un enfant meurt de faim toutes les 6 secondes à cinq mille kilomètres de chez nous.




mardi 15 mars 2011

Quand l’argent fait perdre les pédales


Il n’y a pas que les patrons à qui l’argent peut faire perdre les pédales !
Dans Le Figaro des 10.12.10 et 12.02.11 Fabrice Amedeo dénonce les dysfonctionnements des Comités d’Entreprise de certaines grandes sociétés. Après le scandale du Comité Central d’Entreprise (CCE) d’EDF quatre autres Comités d’Entreprise sont sur la sellette : ceux de France Télécoms, d’Air France, de la SNCF et de la RATP. Ces deux derniers font l’objet d’une enquête de la Cour des Comptes et celui d’Air France est dans le collimateur de la Brigade Financière. Les chiffres parlent d’eux-mêmes :

France Télécoms : budget de 160 millions d’€ soit 3,7% de la masse salariale, 200 salariés au CE, résultat net en 2009 : perte de 5 millions d’€. Ce qui fait dire à Sébastien Crozier délégué CFE-CGC France Télécoms « les organisations syndicales ne savent pas gérer un budget prévisionnel. En 2009 on a frôlé la catastrophe et en 2010 on va avoir un tel excédent qu’on distribue des chèques vacances gratuitement aux salariés pour vider les comptes. L’excédent comme le déficit sont mauvais et soulignent une grande immaturité dans la gestion ».

La SNCF : budget de 92 millions d’€ soit 1,72% de la masse salariale, 980 salariés au CE, résultat équilibré en 2010. Un responsable syndical de la SNCF visé par l’enquête reconnaît qu’« il y a eu détournement, nous n’avons pas utilisé les fonds pour la formation de nos délégués syndicaux…mais nous nous en sommes servi pour le fonctionnement des syndicats». Récemment, à l’occasion des élections syndicales, le Comité Central d’Entreprise (CCE) a financé l’achat pour le compte de la CGT de 1939 panneaux publicitaires pour un montant de 300 000 €.

La RATP : budget de 83 millions d’€ soit 2,81 % de la masse salariale, 300 salariés au CE, résultat 2009 bénéficiaire de 1,54 million d’€. L’institution a fait l’objet d’un audit interne à la demande du Président Pierre Mongin. Il révèle que l’entreprise est très généreuse avec ses syndicats, très au-dessus du minimum légal défini par le droit du travail et met à jour des dérives : des heures réservées aux représentants du personnel passent allègrement de mains en mains et finissent parfois par profiter à certains salariés qui n’ont aucun mandat syndical. Olivier Cots, trésorier de Sud Rail à la RATP déclare que « les œuvres sociales et culturelles servent à ‘relever’ des militants CGT qui vont militer ».

Air France : budget de 93 millions d’€ soit 3,1% de la masse salariale, 1080 salariés au CE, perte de 14,5 millions en 2010. Selon la CFDT, sur les 42 millions d’€ de subventions versés par la Compagnie à son CCE, dix seulement sont redistribués au personnel d’Air France. Le reste est englouti en frais de fonctionnement, notamment pour l’emploi de 300 salariés ainsi que dans le versement de salaires confortables : plus de 20 000 € par mois pour chacun des deux Directeurs Généraux.

Quelle conclusion pouvons-nous tirer de ces quelques données ?
D’abord, n’y aurait-il pas comme un air de corruption de la part de ces entreprises qui dépassent allègrement l’obligation légale de versement au Comité d’Entreprise de 0,6 % des salaires ? N’est-ce pas une façon d’acheter les syndicats ?
Ensuite qu’il y a urgence à remettre de l’ordre dans le fonctionnement des Comité d’Entreprise.
Et enfin que la vertu n’est pas plus à droite qu’à gauche et que quelque part, nous sommes tous des « patrons » quand il s’agit d’enjeux financiers.
Enfin, cela devrait nous amener à davantage d’humilité dans nos jugements, à comprendre que nous avons tous à « balayer devant notre porte » et que le combat pour la refondation du capitalisme n’est pas un combat contre des personnes mais contre un système qui a dérivé.



 

Bienvenue !

Le 4 avril 2009 à Londres se sont réunis les chefs d'état des pays les plus riches de la planète : le G20. L'ambition affichée était de refonder le capitalisme (cf. N. Sarkozy). En fait de refondation, nous avons eu droit à un ravalement. On connaissait le bluewashing, le greenwashing, maintenant nous connaissons le whitewashing.
Le G20 a montré du doigt les paradis fiscaux et a remis en question les bonus des patrons. Mais nous l'avons bien compris : rien de fondamental pour le capitalisme dont la pierre angulaire est la loi du plus fort.
Il y a donc urgence à faire émerger des idées concrètes pour refonder le capitalisme et donner de l'espoir à ceux qui se refusent politiquement parlant d'avoir à choisir entre une droite qui fait allégeance complète au capitalisme, une gauche en panne d'imagination et une ultragauche en pleine utopie.
Voilà tout l'objet de ce blog : exprimer des idées, réagir, commenter ...