mardi 27 juillet 2010

La charité peut-elle changer le monde ?


Une information présentée à la limite comme un « gag » est passée inaperçue du grand public. C’est le pari fou de deux milliardaires américains pour changer le monde. Bill Gates fondateur de Microsoft et le célèbre financier Warren Buffett, non contents d’avoir légué 95% de leur richesse aux pauvres et aux petits ont lancé un appel auprès de 400 milliardaires du classement Forbes à léguer au moins 50% de leur avoir à des causes caritatives. Leur objectif : rassembler une somme de 600 milliards de dollars au service de la lutte contre la faim, les maladies et l’analphabétisme. C’est lors d’un dîner à New-York il y a un an en compagnie du maire Michaël Bloomberg que l’idée a germé. Depuis, Bill Gates et Warren Buffet ont fait campagne appelant leurs pairs à s’engager à leur tour. Ils ont déjà des disciples : Eli Broad co-fondateur de la société immobilière Kaufman et Broad, John Morgride ancien patron de Cisco Systems et bien d’autres… Cependant seulement 17 ont répondu … Le pari est loin d’être tenu (cf. Le Figaro du 20 juin 2010).

On ne peut que saluer cette belle initiative remplie de générosité et de détachement ; mais que prouve-t-elle sinon qu’il y a des gens généreux ? Car elle n’apporte aucune solution sur le fond du problème : l’éradication de la faim, de la maladie et de l’analphabétisme ne pourra se faire qu’en changeant les règles du capitalisme.

Quand les milliardaires proposeront-ils de payer à leur juste prix les matières premières ? Quand les milliardaires mettront-ils à la disposition des pays pauvres la technologie et les brevets que détient le privé ? Quand les milliardaires comprendront-ils que les gens ont besoin de dignité et que la charité ne peut être qu’une solution d’urgence et temporaire ? Quand les milliardaires nous diront-ils que le système dont ils ont su si bien profiter est biaisé et qu’il faut en changer les règles ?

Mais cela n’enlève rien au mérite de ces deux héros des temps modernes : Bill Gates (génie de l’informatique qui a déjà consacré 35 milliards de dollars à la Fondation Bill et Mélinda Gates) et Warren Buffet ( génie du business qui vient de faire un don de 2 milliards de dollars à 5 organisations caritatives).

Hommage donc à ces deux hommes qui mettent leur talent et leur fortune au service de l’humanité.






samedi 17 juillet 2010

Nicolas Hayek, un « vrai » patron


« Je me reposerai quand je serai mort ».
Depuis le 28 juin 2010, à 82 ans, Nicolas Hayek se repose enfin ! Repos bien mérité, vie bien remplie dont il peut être fier. Il est l’inventeur de la première montre en plastique à quartz fabriquée en Suisse : la Swatch. Il en aura écoulé 400 millions dans le monde entier. Fort de 19 marques, en 2009 son empire pesait 4 milliards d’euros de chiffre d’affaire et employait 24 000 personnes dans ses quelque 160 usines. Ce patron extrêmement humain a toujours refusé de prendre la main d’œuvre comme une variable d’ajustement ; dans la crise qui a frappé le secteur en 2008-2009 il s’est efforcé de ne pas licencier à l’inverse de la plupart de ses concurrents (cf. Le Figaro du 29.06.10 Florentin Collomp et Fabienne Reybaud ).
Son dernier projet, comme il l’avait fait pour les montres était de permettre à tout un chacun de posséder une petite voiture ; et pour ceci il crée la smart. Malheureusement, son associé Mercedes a dénaturé ce projet ; elle est en fait devenue une voiture plutôt snob et réservée à une élite.

Nicolas Hayek était à la fois visionnaire et humaniste.
Voici des extraits de son discours du 05 septembre 2008 à l’assemblée générale du lobby des patrons de l’économie suisse dans lequel il évoquait le rôle et la responsabilité des entrepreneurs.
« … Pour moi, un entrepreneur n’est pas, comme beaucoup le pensent, le propriétaire d’une entreprise. La bonne définition de l’entrepreneur c’est plutôt son esprit. Esprit d’entreprise qui peut exister en chacun de nous. Avant tout, l’entrepreneur est un artiste ! Plein de fantaisie avec un esprit d’innovation, c’est un communicateur, quelqu’un d’ouvert aux idées nouvelles, capable de remettre en question aussi bien notre société que lui-même, amoureux de la beauté et sensible au destin de notre planète Terre et de l’univers »
« L’entrepreneur doit aussi être capable de prendre des risques, être un réalisateur courageux, rapide et conséquent. La réalisation est la partie la plus difficile de la créativité. »
« Il doit également être prêt à servir les autres, l’humanité et l’ensemble de la société. Son rôle est de créer de nouveaux emplois, de nouvelles richesses, de vraies valeurs, ou à y contribuer, et cela aussi bien au plan matériel que moral. »
« Notre entrepreneur doit aider à améliorer les ressources de notre planète, dans le cadre de ses possibilités. « Sa stratégie ne doit pas être de dégager un profit financier maximum à court terme, voire immédiat. Sa stratégie doit au contraire viser un développement durable et axé sur le long terme. »
« Pour ses collaborateurs et ses collègues, il doit être un « motivateur » et un exemple. Dans ce cadre, le sens de l’honneur est l’un des critères les plus importants . »
« Enfin, l’entrepreneur doit être passionné et enthousiaste ; l’enthousiasme et l’amour de son travail et tout ce qui lui est lié sont les qualités émotionnelles les plus importantes d’un entrepreneur. Il ne considère pas ses actions comme du travail…il s’amuse. S’il n’a pas ce plaisir, il aura peu de chances de connaître le succès. »

Quel beau message de jeunesse, de dynamisme et d’humanisme nous laisse Nicolas Hayek ! Je ne sais pas combien il gagnait : certainement beaucoup. Mais peut-on le lui reprocher ? Il donnait beaucoup aussi.
Le fait que puissent émerger de tels génies est à mettre au crédit du système capitaliste. Ne coupons donc pas la branche sur laquelle nous sommes assis. Refonder le capitalisme ce n’est pas l’ éradiquer.







mercredi 14 juillet 2010

Toronto : sommet des illusions perdues…


1,2 milliards de dollars canadiens ou 900 millions d’€ : voilà ce qu’a coûté le sommet de Toronto ! A l’occasion de ce 4ème sommet du G20 – après Washington, Londres et Pittsburgh - on aurait pu s’attendre à ce que des choses sérieuses se décident contre les dérives financières du capitalisme. Illusions perdues : non seulement on n’a rien décidé - si ce n’est un échange sur les politiques de rigueur et de relance et leurs conséquences – mais plus encore on n’a abordé aucun problème de fond. Oubliée la lutte contre les paradis fiscaux, oubliée la lutte contre les bonus faramineux, oubliée la lutte contre la spéculation sauvage… On en est revenu à du chacun pour soi. Nicolas Sarkozy a bien timidement essayé de faire adopter une taxe bancaire mais a vite renoncé compte tenu de l’hostilité de la majorité des pays du G20. Où est-il le discours enflammé que Nicolas Sarkozy avait prononcé à l’occasion du forum de Davos en janvier 2010 ?

« …la mondialisation dont nous avions rêvé était celle où au lieu de prendre aux autres à coups de dumpings monétaires, sociaux, fiscaux ou écologiques, chacun appuyait son développement sur le progrès social, l’augmentation du pouvoir d‘achat, l’abaissement des inégalités, l’amélioration de la qualité de la vie, de la santé, de l’éducation (..) Nous ne sauverons le capitalisme qu’en le refondant, en le moralisant ; je sais que ce terme peut susciter beaucoup d’interrogations. De quoi avons-nous besoin, au fond, sinon de règles, de principes, d’une gouvernance qui reflète des valeurs partagées, d’une morale commune ? (…) Le G20 préfigure la gouvernance planétaire du XXIème siècle. Il symbolise le retour de la politique qu’une mondialisation non maîtrisée avait délégitimée. En un an, c’est une véritable révolution des mentalités qui s’est opérée ; pour la première fois dans l’histoire les chefs d’Etat et de gouvernement des vingt plus grandes puissances économiques du monde ont décidé ensemble des mesures à prendre pour faire face à une crise mondiale. Ils se sont engagés ensemble sur des règles communes qui vont profondément changer le fonctionnement de l’économie mondiale.

Sans le G20, la confiance n’aurait pu être rétablie. Sans le G20, le chacun pour soi l’aurait emporté ; sans le G20 il n’aurait pas été possible d’envisager de réglementer les bonus, de venir à bout des paradis fiscaux, de changer les règles comptables, les normes prudentielles. Ces décisions, elles ne résolvent pas tout, mais qui, il y a à peine un an, aurait pensé qu’elles étaient possibles ? Encore faut-il qu’elles soient mises en œuvre !… »

En fait, rien n’a encore été mis en oeuvre.
Que reste-t-il de toutes ces belles paroles ? Rien ! Cependant, n’accablons pas Nicolas Sarkozy : je pense qu’il était sincère quand il les a prononcées. Mais il a devant lui un mur de résistance impossible à franchir. On aurait cependant pu s’attendre à ce que le Président nous dise en substance « nous sommes loin d’avoir atteint nos objectifs ; ce sommet du G20 a été détourné de sa fonction première - celle de refonder le capitalisme - il est devenu – comme beaucoup d’autres instances internationales – un lieu où l’on palabre et décide peu de choses ». En nous tenant ce discours, Nicolas Sarkozy aurait fait preuve d’une grande humilité et nous aurait rassurés sur sa volonté de changer les choses.

Alors, que pouvons-nous conclure de ce sommet ?
Que la route est encore très, très longue pour refonder le capitalisme, qu’il ne faut pas désespérer pour autant et que plus nous serons nombreux à vivre ce beau dessein, plus nous aurons la chance de le voir aboutir.





mardi 6 juillet 2010

De l’art de faire diversion


A l’occasion de la coupe du monde de football en Afrique du Sud nous avons assisté à une véritable « chasse aux sorcières » en l’occurrence Raymond Domenech devenu l’homme le plus détesté de France et, à un degré moindre, le Président Escalette, auxquels on reproche d’avoir déshonoré la France - rien que çà ! - et dans la foulée, pêle-mêle, l’ego des joueurs, leurs salaires faramineux, un management du n’importe quoi... La presse a largement contribué à ce « lynchage ». Un grand quotidien sportif a pris une large part dans ce scandale en croyant bien de mettre à sa « Une » pour des raisons bassement mercantiles – ou pire encore tout simplement pour nuire - les insultes proférées par Anelka à l’encontre de Domenech ; information qui ne pouvait qu’envenimer le problème privant les protagonistes de toute possibilité de réconciliation sans perdre la face et qui a indirectement été la cause de la grève de l’entraînement des joueurs. Roselyne Bachelot y est allée avec « ses gros sabots », elle a « regardé les joueurs les yeux dans les yeux jusqu’à faire pleurer certains» et a poussé Escalette à démissionner. Le Président Sarkozy ne pouvait pas être en reste et il a tout de suite décrété la tenue des états généraux du football en octobre, il a reçu Thierry Henry (on se demande à quel titre puisqu’il n‘est ni capitaine ni entraîneur…), les députés en ont rajouté une couche en convoquant à l’Assemblée Domenech et Escalette qui se sont retrouvés devant un « tribunal ».

Sans aucun doute, Domenech a certainement une lourde responsabilité dans la défaite des Bleus ; Escalette aussi pour l’avoir soutenu. Mais on a vite oublié qu’en 2006 Domenech avait amené la France en finale du mondial qu’elle avait de fortes chances de gagner sans le coup de boule malheureux de Zidane ; quand à Escalette, il a toujours été considéré comme un Président intègre ayant consacré une grande partie de sa vie au football.

Et si tout ce « barouf » n’était qu’un inconscient exutoire à tous nos maux (chômage, retraites…) ? Et si tout cela n’était qu’une habile diversion pour oublier l‘essentiel (problèmes économiques…) ? Et si tout cela nous confortait dans notre bonne conscience, nous les français irréprochables, patriotes exemplaires ?

Mais le spectacle est terminé, il est tant de revenir à nos vrais problèmes dont la solution passera par la refondation du capitalisme.

mardi 29 juin 2010

Le courage politique

A l’occasion de la Coupe du monde de football 2010 et plus encore après la piteuse performance des Bleus, des critiques se sont élevées de toutes parts contre les rémunérations faramineuses des joueurs. Frank Ribéry 800 000 € par mois, Thierry Henry 1 000 000 € par mois, etc. etc. A remarquer que ces salaires indécents ne sont pas plus ni moins justifiés que les salaires de certains artistes ou grands patrons… Ils sont le fruit de l’offre et de la demande. Mais, dans nos critiques, ne faisons pas la confusion entre les causes et les conséquences ; les causes relèvent en partie de la responsabilité du monde politique qui, par manque de courage, ne prévoit pas des tranches d’imposition à 80% voire 90% des salaires faramineux. Voilà un sujet de discussion qui pourrait faire l’objet d’un débat au G20 de Toronto car de telles décisions ne peuvent être réalistes que si elles sont appliquées dans tous les pays !

Nous retrouvons ce même manque de courage des hommes politiques dans le débat sur l’âge et les conditions de la retraite. Avant de prendre toute mesure il aurait été bon d’aligner sur un même plan – qu’il s’agisse des militaires, des professions libérales, des commerçants, des artisans, des artistes, du public, du privé… - les cotisations et l’âge de la retraite, quitte à faire ensuite des ajustements sous forme de hausses de salaire ou d’imposition pour que personne ne se sente lésé dans cet alignement (est-il par exemple normal que certains militaires puissent prendre leur retraite à 35 ans et que les médecins libéraux doivent attendre 65 pour le faire ?) ; alors, les données seraient plus claires et les conditions requises pour parler de l’effort que chacun devrait faire pour que tous aient droit à une retraite décente. Bien sûr, en tenant compte de la pénibilité du travail, (cf. billet du 09.03.10 «L’âge de la retraite nouvelle donne» ). Mais la persistance de pareilles disproportions dans l’âge et les conditions de la retraite ne peut que générer frustrations et conflits quelles que soient les solutions trouvées.

On pourra objecter à cette proposition qu’un pouvoir – qu’il soit de droite ou de gauche – qui proposerait ces mesures serait rapidement renversé ! Mais, l’essentiel, pour un homme politique, est-il de durer ou d’être fidèle à ses convictions ? A ma connaissance, un seul homme politique a fait passer ses convictions avant le pouvoir : c’est le général De Gaulle qui, en 1969, a démissionné après le « non » du référendum. Imagine-t-on un père ou une mère de famille qui autoriserait ses enfants à prendre de la drogue sous prétexte de préserver un bon climat familial et de ne pas créer la rupture avec eux ? C’est malheureusement ce que nous vivons aujourd’hui en politique. Nous avons le « personnel » politique que nous méritons et son manque de courage, son égoïsme , son goût du pouvoir, n’est que le reflet de ce que nous sommes.

Pour refonder le capitalisme nous avons avant tout besoin de politiques animés par des valeurs d’altruisme, de don de soi, d’Amour et pour qui le pouvoir n’est pas un but mais un moyen.





mercredi 23 juin 2010

Dans la logique du Medef


Dans le Figaro du mercredi 02 juin 2010 Laurence Parisot - présidente du Médef en instance d’être réélue puisque la seule candidate – nous parle des principaux axes de son programme pour les trois ans à venir.
Voici un extrait des propos recueillis par Gaëtan de Capèle, Cyrille Lachèvre, Marc Landré et Yann Le Galès :

« Quels seront les principaux axes de vote programme pour les trois ans à venir ?

Premièrement, renforcer la présence du Medef à l’international et en Europe (…) Pour gagner en efficacité nous devons renforcer nos effectifs à Bruxelles et être beaucoup plus présents dans les instances internationales. Nous allons ainsi ouvrir un bureau en Chine dans les douze mois.

L’une des raisons de la crise de l’Europe tient aux différences de convergence économique entre les pays : comment la résoudre ?

Compétitivité, voilà le maître mot des prochaines années, à l’échelle de l’Europe comme à l’intérieur de chaque pays européen. La nôtre en France ne s’améliorera qu’après avoir mené les grandes réformes structurelles, en premier lieu celle des retraites. La lutte pour la compétitivité occupe tout le deuxième volet du programme de mon second mandat car la France est handicapée par une moindre compétitivité que ses voisins, des freins réglementaires, des charges plus élevées, et du coup des investissements en R et D encore insuffisants.

Quels sont les autres axes de votre programme ?

Prôner l’esprit d’entreprise, stimuler la croissance en encourageant la multiplication des créations d’entreprise, en particulier grâce à une commission Entrepreneuriat qui interviendra notamment dans les écoles ou les universités en initiant de nouveaux modules Entrepreneuriat. Le faire en n’oubliant jamais que l’homme et le respect de l’homme sont au cœur de l’entreprise. »

Au vu de ses réponses on ne peut qu’adhérer au programme de Laurence Parisot. Elle est dans sa logique de présidente du Medef, elle est là pour promouvoir les entreprises et augmenter leur compétitivité. Mais j’aurais aimé que Laurence Parisot inscrive à son programme d’autres objectifs, par exemple faire baisser le chômage de 10%, resserrer les écarts de salaires, favoriser l’embauche de jeunes et de handicapés, favoriser la protection de l’environnement…Ce à quoi on peut rétorquer que ce n’est pas la responsabilité de Laurence Parisot d’assumer de tels objectifs mais celle de l’Etat ou des syndicats. Et c’est bien là que le bas blesse ! L’entreprise ne se sent pas responsable vis à vis de la société civile mais uniquement vis à vis des actionnaires ; ne cherchons donc pas plus loin pourquoi dans l’entreprise nous avons deux adversaires alors que nous devrions avoir deux partenaires soucieux l’un et l’autre d’une entreprise performante sur le plan économique, social, sociétal et environnemental. Même si le chemin est encore long pour l’atteindre c’est un des objectifs de la refondation du capitalisme.


dimanche 13 juin 2010

L’œuf de Christophe Colomb


Dans leur article du JDD du 30.05.10 intitulé « En 2012, ce sera le choc des idées », Camille Neveux et Soizig Quéméner nous disent que le monde politique est en pleine effervescence, à la recherche d’idées nouvelles : pour la gauche pour répondre à la problématique de la mondialisation et pour la droite pour répondre à la crise financière que nous connaissons et qui met sérieusement à mal le néolibéralisme. Les auteurs de cet article sont plutôt optimistes en disant que 2012 sera le choc des idées. Pour qu’il y ait choc des idées encore faut-il qu’il y ait des idées ! Mais il n’y en a pas !
La gauche et la droite ont mis en place des laboratoires d’idées et sont à la recherche de leur gourou. Fabienne Brugère, philosophe du laboratoire des idées du PS, a proposé a Martine Aubry le concept de « care » cette société du bien-être et du respect. A droite, on recherche une remplaçante à Emmanuelle Mignon, boîte à idées incarnée du sarkozysme conquérant de 2007.
Cette prise de conscience par la gauche comme par la droite de la nécessité de trouver des formes nouvelles au capitalisme est tout à fait salutaire et laisse augurer d’un avenir prometteur. Mais toutes ces recherches me font penser à l’œuf de Christophe Colomb.
Au cours d’un repas, certains convives auraient demandé à Colomb comment lui seul aurait fait la découverte de certains nouveaux territoires là où personnes ne pensait qu’il y en avait Pour leur répondre il aurait alors demandé aux convives comment on peut faire tenir un œuf en équilibre sur une table. Devant l’impossibilité de tous à faire tenir l’œuf debout Colomb aurait aplati l’une des extrémités de l’œuf sur la table puis l’aurait posé en équilibre en disant ironiquement « c’est facile, il suffisait d’y penser ».
Et si, pour refonder le capitalisme, la solution était aussi simple mais que personne ne la voie ou ne veuille la voir ? Enlever une partie du pouvoir à la finance et le donner aux hommes. C’est la démocratie dans l’entreprise. Cette panne d’idées de nos élus politiques confirme le bien fondé de ce Blog. Nous ne serons jamais assez nombreux à apporter notre contribution à l’émergence de solutions nouvelles pour un capitalisme plus humain, respectueux de l’homme.




mardi 8 juin 2010

Un oubli fâcheux


Tous mes compliment à Yann Arthus Bertrand pour ce qu’il est, ensuite pour ses remarquables émissions « Vu du ciel » et pour le film « Home » qui a été un succès planétaire, enfin pour sa dernière initiative « 10/10 » dont l’objectif est que chacun réduise de 10% ses émissions de gaz à effet de serre en un an. A travers cette initiative, il veut réveiller ceux qui savent qu’il y a urgence pour sauver notre planète mais continuent à se comporter comme s’ils n’y croyaient pas vraiment. Il nous donne pour ceci 20 conseils voir JDD du 30.05.10 dont voici un extrait :

Dans votre assiette
Privilégiez les fruits et légumes de saison : ils viennent de moins loin
Offrez-vous du bio
Evitez la viande un jour par semaine (…)
En pique-nique
Concoctez vous-mêmes tartes et salades
Si vous tenez aux chips, proscrivez l’huile végétale et l’huile de palme
Renoncez à la vaisselle jetable( …)
Pour vous déplacer
Enfourchez votre vélo une fois par semaine
Préférez le train aussi souvent que possible
Essayez le co-voiturage pour vos trajets réguliers (…)
Chez vous
Baissez le thermostat de votre chauffage d’un degré
Ne lancez vos machines à laver que quand elles sont pleines
Eteignez les appareils en veille (…)

Tous ces conseils sont judicieux et on ne peut être qu’encouragés à les suivre. YAB est un fervent partisan du développement durable ; dans toutes ses émissions et films il nous parle de la condition de l’homme, de la faim dans le monde, de la misère, etc. etc. Mais il ne faut pas oublier que le développement durable a trois piliers : la planète, le progrès et les personnes ; et que l’économie englobe le tout. Et là, dans ces recommandations, il semble oublier le troisième pilier que sont les personnes. Voilà les conseils que j’aurais aimé recevoir de YAB :

Achetez des produits du commerce équitable
Donnez une fois par semaine une pièce à un mendiant
Donnez votre sang
Inscrivez-vous dans la démarche d’une association caritative ou humanitaire : restos du cœur, Unicef, Sida, Télé thon ou toute cause, etc.
Regardez des émissions qui traitent de la faim dans le monde
Militez pour la cause des sans papiers
Favorisez l’embauche de handicapés (même si l’on n’est pas recruteur on peut être une force de proposition dans ce sens-là)
Participez à une ambiance agréable au travail
Votez (nous avons les hommes politiques que nous méritons), etc. etc.

J’ai la conviction que ces points sont aussi importants que ceux que YAB donnent pour l’environnement mais on n’en parle pas ou peu, tant à titre personnel ou ans l’entreprise. On est focalisé sur l’écologie ; on a du mal à prendre conscience qu’il y a des problèmes humains prioritaires, urgents à résoudre, qui sont parties intégrantes du Développement Durable.




















lundi 31 mai 2010

La délinquance et le capitalisme

Je ne peux m’empêcher de réagir à l’article de Xavier Raufer intitulé « la crise, le crime et les fausses excuses » dans Le Figaro du 25 mai 2010.
Voilà ce qu’il nous dit en substance.

« La cause est entendue. Depuis un demi-siècle de Foucault en Bourdieu, tous les mandarins de la gauche académique le rabâchent sur tous les tons : la violence, le crime n’ont qu’une indiscutable origine et une seule, la misère sociale. Dans la maléfique société actuelle, disent ces philosophes révoltés et ‘sociologues critiques’, les misérables, les déshérités, les marginaux sont implacablement poussés vers la déviance, le crime. Ont-ils le choix ? Non ! assènent ces gourous, c’est la logique même du système capitaliste et de ce fait un lien direct, de cause à effet existe entre misère sociale et crime (…) Ce vieux poncif hugolien travesti en vérité scientifique porte un nom : la ‘culture de l’excuse’. Une ‘culture’ dont hélas ! les médias se font souvent l’écho, par réflexe grégaire ou sympathie naÏve …..

Et Xavier Raufer de nous donner des chiffres…

« En Grande Bretagne, pays d’Europe violemment atteint par la crise (…) le total de toutes les infractions constatées ou relatées par sondage : - 7% en 2009 (…) Aux Etats-Unis, l’effondrement du crime est plus énorme encore – un pays qui compte 7 millions de chômeurs de plus, sans indemnités sérieuses ni vraie couverture sociale, où des dizaines de milliers de familles ont été chassées de leur maison. Or, à New York, les homicides (-19% en 2009) sont au plus bas depuis…1964 ».

Et de conclure :

« De tels chiffres révèlent combien la misérabiliste ‘culture de l’excuse’ est matériellement contredite par les faits. Non, les crises (financières ou économiques puis sociales) ne déclenchent pas d’explosion criminelle. Non, la misère sociale en tant que telle ne suscite pas le crime. »

Nous pouvons déjà remarquer qu’aucun chiffre français n’est cité, ensuite que Xavier Raufer fait l’amalgame entre crime et délinquance alors qu’il peut y avoir délinquance sans crime. Cette analyse est doublement fallacieuse : d’abord parce qu’elle ne fait pas état de la forte augmentation des moyens employés en hommes et en technique pour combattre la délinquance – ce dont ne peut que se réjouir – mais plus grave encore, parce qu’elle laisse penser que la délinquance n’a rien à voir avec le chômage et la misère dans les banlieues. A qui peut-on faire croire çà ? Il est vrai que le phénomène de la délinquance est lié à la nature et au vécu de chacun quelles que soient son origine, ses croyances, son éducation, sa fonction, le lieu où il habite – la délinquance en col blanc est bien connue… - mais une personne tombera d’autant plus dans la délinquance si la frustration – de quelque ordre qu’elle soit – est plus grande et mal vécue ; et la pauvreté fait grandir cette frustration ; si l’on y rajoute une couche de méprisvoire de racisme, la frustration de ne pas être reconnu est d’autant plus grande, peut devenir humiliation et laisse la porte ouverte à toutes les déviances : alors, les valeurs et l’éducation sont de maigres remparts. Le capitalisme, dont l’arme principale est de créer des frustrations et souvent de faux besoins pour mieux vendre, est d’autant plus responsable de cette situation.
L’enseignement que nous pouvons en retirer est que toutes ces informations de mauvaise foi qui tendent à crédibiliser le capitalisme tel qu’il est vécu aujourd’hui ne doit pas nous détourner de notre but, celui de le refonder pour éradiquer la pauvreté et par là-même la délinquance voire le terrorisme dans le monde.





mardi 25 mai 2010

Les jeux d'argent ou «l'école» du capitalisme


Autant nos gouvernants oeuvrent pour lutter contre l'addiction à l'alcool, au tabac, à la drogue qui fait des dégâts énormes sur le plan personnel, familial et sociétal, autant ces mêmes gouvernants sont très laxistes sur l'addiction aux jeux d'argent, pire, les encouragent (Loto, PMU, Euromillions, Keno, cartes à gratter en tous genres... et régulièrement la Française des Jeux nous en invente de nouveaux). Pourtant, l'addiction aux jeux d'argent est un fléau aux conséquences souvent très graves qui touche principalement les plus pauvres chez qui la tentation est grande de «se refaire» par le jeu.
On serait donc en droit de penser que l'Etat limite ces jeux d'argent ou tout au moins n’en fasse pas la promotion ! Au contraire, dernièrement, le Conseil Constitutionnel a donné son feu vert à la concurrence des jeux de paris en ligne et le gouvernement entend ouvrir cette concurrence avant le début de la coupe du monde de football en juin 2010. On n’ a jamais tant vu de publicité et par là-même d'intérêt de la part du public pour les jeux d'argent. Toutes les chaînes de télévision ont un programme de jeux où l'on peut gagner de l'argent, sans parler des propositions et facilités dans le genre qu’on trouve sur Internet... Les chiffres parlent d'eux-mêmes : les statistiques nous disent que trois français sur cinq jouent et qu'en 2009 ils ont laissé chaque jour la somme record de 60 millions d’euros dans les caisses de la Française des jeux, du PMU et des casinos, soit l’équivalent d’un Airbus A320 ou de deux lycées en Ile de France ; selon l’AFP (Agence France-Presse), en sept ans les dépenses quotidiennes des français dans les jeux d’argent sont passées de 47,5 à 60 millions d'euros malgré la crise économique. Ce qui fait un total de 22 milliards d’euros par an - de quoi réduire pour un an la moitié de la pauvreté et de la malnutrition dans le monde ! Comme on le voit, d’année en année, ce chiffre est en forte progression. Il a même été question que des hypermarchés puissent vendre des jeux à gratter et ce n'est que sur la pression des buralistes – qui craignaient de voir ainsi disparaître une partie de leur recette – que la chose ne s'est pas faite.
On peut donc se demander la raison de la différence de traitement entre l'addiction à l'alcool, au tabac ou à la drogue et l'addiction aux jeux d'argent ; la tentation est de répondre que c'est une question de fiscalité qui rapporte à l'Etat mais je ne le pense pas.
Et si l'explication était ailleurs ?
Si, au-delà du souci de remplir les caisses de l’Etat, le but conscient ou inconscient était de nous convertir à la logique financière du capitalisme ? Il y a une grande similitude entre celui qui joue au jeu et celui qui joue en bourse ; l’objectif est le même : l’appât du gain. Qui cautionne l’un, cautionne l’autre. Qui plus est, ces jeux d'argent « valident » les gains indécents de la plupart des hommes d'affaires, des sportifs, des artistes... puisque ces mêmes gains sont à la portée de tous ; ce n'est pas par hasard si dernièrement en Italie une personne a gagné cent quarante six millions d'euros au Loto ; c'est la démonstration que tout le monde peut devenir riche ; il suffit de le vouloir, d'y croire, d’y mettre les moyens et d'un peu de réussite.
Dans le cadre de la refondation du capitalisme, il serait urgent d'interdire la publicité sur les jeux d'argent comme on le fait pour l'alcool ou le tabac et de limiter le montant des gros lots. C'est aussi une question d'éthique.
Je termine par ce témoignage de Philipe Bouvard, passionné de jeu, dans Paris Match du 20.05.10 « il y a une certaine débilité dans le jeu. Ce n’est pas qu’une passion, c’est aussi un vice ».









Bienvenue !

Le 4 avril 2009 à Londres se sont réunis les chefs d'état des pays les plus riches de la planète : le G20. L'ambition affichée était de refonder le capitalisme (cf. N. Sarkozy). En fait de refondation, nous avons eu droit à un ravalement. On connaissait le bluewashing, le greenwashing, maintenant nous connaissons le whitewashing.
Le G20 a montré du doigt les paradis fiscaux et a remis en question les bonus des patrons. Mais nous l'avons bien compris : rien de fondamental pour le capitalisme dont la pierre angulaire est la loi du plus fort.
Il y a donc urgence à faire émerger des idées concrètes pour refonder le capitalisme et donner de l'espoir à ceux qui se refusent politiquement parlant d'avoir à choisir entre une droite qui fait allégeance complète au capitalisme, une gauche en panne d'imagination et une ultragauche en pleine utopie.
Voilà tout l'objet de ce blog : exprimer des idées, réagir, commenter ...